VASO-CONSTRICTEURS
Are CDANS L’'ÉRYTHROMELALGIE
L'érythromélalgie réalisant un syndrome de vasodilatation, il était logique d’essayer les médicaments vaso-constricteurs.
Dans ce but, l’adrénaline a été tout d’abord préconisée; soit par voie digestive ou per-linguale et ce sans effet appréciable, soit par voie parentérale. L'action est, dans tous les cas, minime; les crises ne cèdent pas de facon constante et leur rythme n’est guère influencé par la médication. Les doses sont habituellement 1/4 à 1/2 milligramme en injection ou XX gouttes de la solution au millième, trois à quatre fois par jour, par la bouche. |
L’éphédrine, à la dose de 5 à 15 cgr. par jour, ne se montre pas plus active. Il en est de même du calcium : 4 gr. par jour.
— Le lobe postérieur d’hypophyse, en injection sous-cutanée de 1/2 lobe postérieur, répétée deux fois par jour, a donné de bons résultats à LANGERON.
Reste enfin l’ergot de seigle et ses dérivés.
L’ergot de seigle et ses dérivés pure le Per de b: Los Pérythromélalgie. an | | AE PO
L'on sait que l’ergot de seigle est le sclérote du Cla-
viceps purpurea qui se développe sur diverses céréales,
surtout pendant les années pluvieuses. Il se présente É
|: comme un corps arqué ressemblant à l’ergot du coq
et long de 1 à 5 centimètres. La poudre d’ergot renferme deux groupes de constituants actifs et chimique-
- ment définis : celui des bases aminées, qui comprend entre autres l’histamine, et celui des alcaloïdes.
Dès 1875, TANRET découvre la première série de ces 1e alcaloïdes : l’ergotinine et l’ergotoxine.
on En 1920, le chimiste suisse STOLL découvre la | seconde série représentée également par deux alca- : loïdes : l’ergotaminine, dont l’action assez faible est ; sensiblement la même que celle de l’ergotinine, et l’er- , gotamine, trois cents fois plus active. De nombreuses bee # expériences confirment que l’ergotamine représente le
principe le plus actif de l’ergot. On utilise en pratique \ Fi le tartrate d’ergotamine cristallisé ou gynergène.
Au point de vue pharmacodynamique, l’action sur
la musculature de l’utérus, la vaso-constriction et la
s: paralysie du sympathique représentent les trois propriétés essentielles de l’ergot.
L’action utérine est la plus anciennement connue. ES Elle est largement utilisée en thérapeutique, mais ne 24 nous intéresse pas ici. Si
L'action vaso-constrictive est beaucoup plus impor- 74 tante pour le sujet qui nous occupe. Expérimentale- Y ment chez le Chat et le Chien, par exemple, il suffit de doses extrêmement faibles d’ergotamine pour provoquer une vaso-constriction rénale en même temps qu’une forte hypertension. Celle-ci est persistante et peut aller jusqu’à la gangrène.
La discussion. sur le mécanisme de la vaso-cons-
ganglions étaient paralysés par la nicotine. Le problème est de savoir si l’action est directe sur les fibres musculaires ou indirecte par l'intermédiaire du sympathique. Avec Raymond HAMET, il faut admettre que cette action se fait directement sur la fibre musculaire puisque l’yohimbine, qui transforme en hypotension l’hypertension adrénalinique est sans action sur celle que produit l’ergot ou les substances excitant directement le muscle, tels que le lobe postérieur d’hypophyse. Cette action vaso-constrictive s'oppose de façon
frappante à l’action sympatholytique des dérivés de
l’ergot. DALE, puis R. HAMET, TIFFENEAU, ont montré
que l’ergot se révélait comme l’antagoniste de l’adrénaline; d’ailleurs, toutes les terminaisons nerveuses sympathiques des divers organes ne sont pas également sensibles à l’action paralysante des alcaloïdes de l’ergot (R. HAMET). Les vaso-constricteurs rénaux et périphériques s’y montrent dociles, tandis que les accélérateurs cardiaques ne sont guère influencés.
En thérapeutique, on emploie l’ergotine du Codex à la dose de 1 à 3 gr., l’ergotine Tanret, plus active, à la dose d’un quart à un milligramme en granulé ou en ampoules pour injection. Mais l’on use surtout d’ergotamine, sous forme de tartrate cristallisé, soit en ampoules pour injections sous-cutanées ou intra-musculaires : on injecte 1/4 de cc. d’une solution à 0,5 %, soit en comprimés d’un milligramme, à la dose de deux à quatre par jour.
Aux doses thérapeutiques employées, on ne rencontre pas d'accidents d’ergotisme chronique, convulsif ou gangréneux. Pourtant, les dérivés de l’ergot sont des corps toxiques, dont il faut surveiller avec attention la tolérance et la posologie.
triction ergotée ne porte pas sur le point de savoir si les centres interviennent : DALE a démontré que le phé- .nomène persistait chez l’animal décérébré et dont les
Ha LES
Ces préparations sont employées dans des hémorragies utérines, puerpérales ou non, certaines hémoptysies; son action sympatholytique a été utilisée égale-
ment dans le traitement de la maladie de Basedow,
la migraine, l’urticaire.
Dans l'érythromélalgie, l’ergotamine avait été
essayée et n’avait pas semblé donner de bons résultats
(LANGERON). Puis la médication fut reprise par HEps-
TRÔM qui publie en 1936 les résultats de cinq cas d’éry-
thromélalgie traitée par le Gynergène (tartrate d’ergotamine). Il donnait des doses variant de 1 à 4 milligrammes per os par jour. Dans deux cas, l’échec fut à peu près complet. Dans trois autres cas, les résultats furent bons : les paroxysmes s’atténuent, s’espacent. Mais l’action favorable n’est que passagère et cet auteur préconise la prise de Gynergène deux à trois jours par semaine pour empêcher le retour des crises douloureuses.
Il ne nous a pas été possible de retrouver dans la littérature d’autres résultats publiés. Aussi nos remarques, n'étant appuyées que sur deux observations, n’ont pas une valeur parfaite. Pourtant, dans l’ensemble, les résultats que nous avons enregistrés sont fort proches de ceux rapportés par l’auteur suédois. Il semble d’abord que l'effet se fasse rapidement sentir : dans notre première observation, les. paroxysmes étaient nombreux dans une même journée. Dès les premières prises, les crises s’atténuent, s’espacent. Elles disparaissent complètement après une cure d’un mois. Mais ce résultat ne persiste que durant deux semaines. Aussi doit-on reprendre la thérapeutique. Il en est de même dans notre observation n° II. Il ne s’agit, en somme, que d’une indication symptomatique, dont l’action n’est que sédative, passagère. Elle nécessite la prise régulière d’ergotamine, soit, par exemple, pendant les dix premiers jours du mois, soit encore deux ou trois jours par semaine.
LA. Tu D),
de début, l'on puisse donner 3 milligrammes de Gynergène par jour. Peu à peu, il sera possible de diminuer les doses. Ainsi, le malade de notre observation I se