OBSERVATION N° I | MR
ra à Monsieur B.., soixante-sept ans, vient consulter le 7 novembre re 1940. \.
Au début de l'année 1940, à la suite d'une plaie du premier
orteil gauche, le malade fit une crise d'érythromélalgie typique
2 GR du pied gauche; la rougeur, le gonflement et la douleur apparais-
sent brusquement, Ils siègent sur la face dorsale du pied, s'arré-
tent en une limite nette au niveau de l'articulation tibio-tarsienne ;
chaque paroxysme dure environ un quart d'heure. C'est très nette-
ment la chaleur qui réveille la douleur et celle-ci survient surtout
lors du repos au lit, la nuit.
Peu à peu, les crises deviennent plus fréquentes, laissant dans
Ê leur intervalle une sensation d'engourdissement au niveau du
pied, Enfin, après deux mois d'évolution, le pied droit est atteint
AL à son tour. Mais toujours les phénomènes prédominent à gauche.
Un premier médecin consulté prescrit de l’acécholine. Un deu-
tas ‘ xième médecin, la chaleur, le Juthol localement et des injections
intra-veineuses de cyanure de mercure, Un troisième médecin
prescrit + centigrammes d'ergotamine qui amène une guérison tran-
sitoire. À
Lorsque nous voyons le mulade en novembre 1940, les accès sont redevenus quotidiens; certaines journées même, dls se suc- 6
cèdent jusqu'à rendre toute activité impossible, Pourtant, en règle
générale, il existe après chacun d'eux un certain temps de répit.
Localement, entre les accès, on ne constate aucun trouble tro-
phique, L'index oscillométrique est normal aux deux membres
peu L'ARNE ra te cœur et les poumons sont réaction de Bordet-Wassermann est négative dans
On Det trois comprimés FR par jour PAUE un mois; après une guérison transitoire de trois semaines, les
‘rechutes surviennent. des les crises sont moins prolongées, moins
intenses. ; a
En 1941, on diminue la dose progressivement, donnant un jour
‘deux comprimés et, le jour suivant, un seul comprimé.
L'état va s'améliorant peu à peu, si bien qu'en décembre 1941, on peut réduire à un seul comprimé par jour. Pendant toute l'année 1942, les crises vont s’atténuant tant en fréquence qu’en inten- Ait. En 1943, le malade reste six mois sans crises.
Dès janvier 1943, on arrête toute médication, Mais au mois
de juin, les crises réapparaissent.
, En somme, l’ergotamine ne semble avoir qu'une action symptomatique. Aussi, depuis lors, soumettons-nous le malade à des cures régulières du médicament : deux comprimés par jour pendant les deux premières semaines de chaque mois.