Rapport de l'amiral
Le souci d'éviter de trop grands sacrifices était la constante préoccupation de lamiral. Un de ses officiers, qui est en même temps un remarquable écrivain, a dans des termes émus montré à quel point ce vrai et grand chef était un homme de cœur. « Les « existences de matelots et de soldats, qui vraiment, '^ depuis deux années, semblaient ne plus assez coû- « ter à la France lointaine, il les jugeait très pré- <t cieuses ; il se montrait très avare de ce sang frange çais. Ses batailles étaient combinées, travaillées « d'avance avec une si rare précision que le résultat, « souvent foudroyant, s'obtenait toujours en perdant « très peu des nôtres ; et ensuite après l'action qu'il « avait durement menée avec son absolutisme sans « réplique, il redevenait un autre homme très doux, « s'en allant faire la tournée des ambulances avec « un bon sourire triste , il voulait voir tous les blés- « ses, même les plus humbles, leur serrer la main, « — et eux mourraient plus contents, plus réconforte tés par sa visite \ »
A neuf heures, l'amiral juge que la matinée a été suffisamment remplie. Il fait dîner les équipages; il ne poursuivra sa route qu'après un repos bien gagné.
Âonze heures et demie, \q Duguay-Trouin et la Triomphante appareillent et viennent mouiller un