‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 18 sur 40 · Rapport de l'amiral · texte numérisé non relu

Rapport de l'amiral

Le souci d'éviter de trop grands sacrifices était la constante préoccupation de lamiral. Un de ses officiers, qui est en même temps un remarquable écrivain, a dans des termes émus montré à quel point ce vrai et grand chef était un homme de cœur. « Les « existences de matelots et de soldats, qui vraiment, '^ depuis deux années, semblaient ne plus assez coû- « ter à la France lointaine, il les jugeait très pré- <t cieuses ; il se montrait très avare de ce sang frange çais. Ses batailles étaient combinées, travaillées « d'avance avec une si rare précision que le résultat, « souvent foudroyant, s'obtenait toujours en perdant « très peu des nôtres ; et ensuite après l'action qu'il « avait durement menée avec son absolutisme sans « réplique, il redevenait un autre homme très doux, « s'en allant faire la tournée des ambulances avec « un bon sourire triste , il voulait voir tous les blés- « ses, même les plus humbles, leur serrer la main, « — et eux mourraient plus contents, plus réconforte tés par sa visite \ »

A neuf heures, l'amiral juge que la matinée a été suffisamment remplie. Il fait dîner les équipages; il ne poursuivra sa route qu'après un repos bien gagné.

Âonze heures et demie, \q Duguay-Trouin et la Triomphante appareillent et viennent mouiller un

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