‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 20 sur 40 · Rapport de l'amiral · texte numérisé non relu

Rapport de l'amiral

radeaux avait été disposée en travers de la passe, ot ces radeaux soutenaient des torpilles électriques. Il fallait à tout prix savoir à quoi s'en tenir et, le cas échéant, se débarrasser d'un pareil danger. Durant la nuit du 28 au 29, des embarcations conduites par MM. Campion et Merlin draguèrent le chenal et constatèrent la présence de bouées qui supportaient simplement des chaînes disposées pour former un barrage : rien ne décelait la présence de torpilles.

Quelques coups de canon tirés dans la matinée du 29 suffirent à tenir en respect les soldats des camps retranchés ou les artilleurs des dernières batteries. L'éloignement de celles-ci ne permit pas d'y envoyer du monde pour briser les pièces. Seule, la batterie où la veille les torpilleurs du Duguay-Trouin avaient inutilement débarqué, fut l'objet d'une nouvelle tentative qui, cette fois, eut un plein succès. Pendant qu'on détruisait les dernières défenses, la Viplre était allée à Sharp-peak pour y enterrer les morts des deux dernières journées.

A midi, les forts, les casemates, les batteries sont dans un état de bouleversement, d'effondrement tel que, pour l'instant, il n'y a plus rien à en craindre. Kimpaï a subi le sort de Mingan. Il n'y reste qu'un amas de décombres, qu'un amoncellement de ruines. Maintenant la flotte française n'a plus d'obstacles devant elle : en dehors de la passe un court chenal, puis la pleine mer. De cette souricière dans laquelle

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l'amiral est enfermé depais qaarante jonn, il peat enfin sortir librement. Rien ne l' arrête pins.

C'est alors qn'il donne à toute son escadre l'ordre d'appareiller. Lentement, les uns derrière les antres, les navires s'avancent, glissant sar les eaus tandis qu'à leur ponpe flotte vainqueur le pavîHoD tricolore. Jamais plus imposant spectacle que le défllé de ces bâtiments dans cette passe étroite l Un soleil éclatant illninine la scène. Sur les deux rivée gisent épars des canons en morceaux, des affûts brisés et autour d'etiz des maçonneries démolies, des plaques de blindage descellées. Pas une âme an milieu de ces mines. Hien que la dévastation et la destruction.

Le majestueux silence qui règne sur le fleuve est interrompu seulement, de loin en loin, par le bruit du canon. Quelques obus envoyés des vaisseaux cherchent à déloger des hauteurs les derniers dércnscurs du Min'.

La sortie de la rivière s'effectue facilement pour les navires de faible tirant d'eau qui peuvent gagner de luîte le mouillage de Matsou. Quant aux gros naviri'R, ils doivent attendre la marée du lendemain pour frnnchirla barre.

Ptnflantcc temps, le LaOaUsgonniire, mouillé en

dessous de Sharp-peak, venait au-devant de Tescadre. Au moment de croiser le Duguay-Trouinj Tamiral Lespès fit monter Téquipage dans les haubans et trois cris de : Vive V Amiral ! saluèrent le vainqueur de la rivière Min. Puis le La Galisaonnière momlla, près de la Triomphante: « Retenu à Kelung par un « coup de vent violent, il n'avait pu entrer à temps « dans la rivière. Le 25, il vint prendre le mouillage « de Woga d'où il espérait battre les ouvrages de « Kimpaï; mais réduits, grâce à Tétroitesse du che- « nal et à la violence du courant, à n'employer que « le canon de tourelle tribord, pendant que plusieurs « des batteries de la passe le menaçaient, il jugea « nécessaire, après quelques coups de canon, de « prendre une position moins défavorable. Le La « Galissonniere changeait de mouillage quand un « obus l'atteignit à tribord devant, tua un homme « et en blessa plusieurs autres ^ »

Le 30, le Duguay- Trouin^ la Triomphante et le Xa Galissonniere arrivaient à Matsou dans la fin de l'après-midi. L'amiral communiquait alors l'ordre du jour suivant :

Officiers, sous-officiers et marins, Vous venez d'accomplir un fait d'armes dont la marine a le droit d'être fière. Bâtiments de guerre chinois, jonques de guen*e, canots porte-torpilles, brûlots, tout ce qui sem-

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