‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 21 sur 40 · Ripport d3 Tamiral · texte numérisé non relu

Ripport d3 Tamiral

164 l'escadre de l'avihal courbet.

blait Dons menacer na monillage de la Pagode a disparu:

voas avez bombardé l'araeual; vona avez détratt toutes Ica

batteries de la rivière Min. Voire bravoure et votre énei^e

n'ont rencontré nulle part d'obstacles insunnontables. La

France entière admire vos exploits, i

confiance vous sont acquises. Comptez

Ces éloges que l'amiral adresEait à ses équipages étaient mérités : rien ne peut donner une idée de l'entrain qu'ils ont montré et de l'activité qu'ils ont déployée pendant les dernières journées, i Ce qui * frappe, ainsi qu'on l'a fait remarquer', c'est l'éiior- « mité du travail accompli par les 1,800 marins de e notre escadre, la somme de périlleuses fatigues « supportées par cette poignée d'hommes dans un « aussi court espace de temps.... La lutte soutenue « réunissait tous les genres d'opérations que peut « entreprendre une réunion de bâtiments de guerre : « combat naval à coups de canon, de torpilles et de a fusil, abordage d'un navire par des embarcations, " défense contre des brûlots et des canots-torpilleurs, « bombardement d'un arsenal, lutte contre des bat- « teries et des troupes d'infanterie, débarquements, « engagements à terre, destruction de barrages et « dragage d'une passe, rien n'y manque. * Ces opérations diverses donnaient lieu naturellement à d'in-

cessants mouvements. La Triomphante, pour ne citer qu'elle, a fait pendant ces 7 journées, 26 appareillages ou changements de mouillages ; et pendant cette semaine entière tous les navires ont été constamment en branle-bas de combat, les chaudières sous pression ^ Le jour, il fallait à tout moment, par une chaleur extrême, armer des canots, envoyer à terre torpilleurs ou fusiliers, hisser des canots, virer au cabestan. La nuit, cela se renouvelait parfois : quatre ou cinq heures de sommeil étaient un repos extraordinaire. Les hommes prenaient leurs repas quand et comme ils pouvaient.. Malgré les rigueurs d'un pareil régime, jamais Tardeur n'avait paru se ralentir. On était véritablement emhallé. Le mot li'est peutêtre pas rigoureusement académique : il dit mieux que tout autre l'état d'esprit où l'on se trouvait.

Mais il est juste de faire remonter au valeureux chef de Tescadre le grand honneur et le principal mérite de ces journées désormais célèbres. M. Jules Ferry lui adressa ce télégramme : « Le pays qui sa- « luait en vous le vainqueur de Sontay vous doit un « nouveau fait d'armes. Le Gouvernement de la Ré- « publique est heureux d'adresser à vos admirables « équipages et à leur glorieux chef l'expression de « La reconnaissance nationale. »

1. L-i Triomphante a tiré 710 coups de canon du 2J au 29 aoAt- Sivoir : 101 coups avec les canous de 21 du réduit; 111 avec les 24 de^ tourelle» ; 23 avec la pièce de 19 de teugue et 472 avec les 14.

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C'est bien, en eflfet, un sentiment de reconnaissance que le pays devait à celui qui venait de donner au drapeau de la France un peu de gloire nouvelle. C'est aussi un sentiment d'admiration qu'il éprouvait pour l'amiral qui, enfermé dans une rivière au fond d'un chenal étroit, entouré de navires et de forts ennemis, avait su, en quelques jours, anéantir la flotte, franchir les obstacles, détruire les batteries et ramener en mer libre son escadre intacte et victorieuse !

Cette admiration, les étrangers eux-mêmes la témoignèrent. L'amiral anglais Dowell n'hésita pas à la proclamer bien haut, après le succès final , lui qui, entré le 15 août dans le Min et ayant pu se rendre compte des défenses chinoises, estimait que l'amiral Courbet, placé dans la plus critique des situations, courait à un désastre. Les officiers américains de la frégate Enterprise ne furent pas moins prodigues de louanges \ Tous s'inclinaient devant la haute valeur de ce chef qui avait exactement reconnu, « d'un œil infaillible , jusqu'où il pouvait « tenter la fortune et pousser l'audace*».

Du pont du Duguay-Trouin, comme naguère du pont du Volta, il avait suivi toutes les péripéties des quatre dernières journées, transmettant les ordres les plus clairs, les plus nets, les plus précis.

1. The Frençh ai P'oto-Chow. Brochure publiée à Shanghaï. 1834.

2. De la Guerre navale. Brochure anonyme. Berger-Levrault et C''". 18S5.

questionnant chacun sur les résultats obtenus, poursuivant sa tâche avec autant de méthode et de science que d'énergie et d'intrépidité. Précieuse conséquence de son grand savoir et de sa surprenante lucidité d'esprit, avec lui, jamais de contre-ordre, jamais de tâtonnements. S'il entreprenait quelque opération, c'est qu'elle pouvait réussir : et comme il la conduisait lui-même, elle réussissait en efifet. Combat, bombardement ou fusillade, il dirigeait tout. Quelle que fût l'heure ou l'occasion, on voyait à l'arrière du navire portant son pavillon sa silhouette se dessiner, et auprès d'elle le timonier télégraphiant à bras ses instructions et ses ordres. Sans doute il était secondé par des capitaines manœuvrant d'une façon hors ligne des navires comme la Triomphante, dans une rivière rapide, étroite et dangereuse; sans doute il trouvait autour de lui l'enthousiasme le plus soutenu. Mais ses habiles et prévoyantes dispositions avaient fait tout le succès : grâce à elles, la victoire n'était pas trop chèrement achetée \

. Qui peut dire, d'ailleurs, si cet enthousiasme de la jeunesse qui l'entourait n'était pas le reflet de la généreuse ardeur qui l'animait lui-même. L'élévation d'une grande âme est communicative; les sentiments qui s'agitent en elle rayonnent au dehors et suscitent les plus nobles traits de courage et de bravoure.

1. Les pertes totales, y compris celles du 23 août, ont été de 10 tués dont 1 officier, 48 blessés dont 6 officiers.

C'est là l'unique secret de l'ascenâant et du prestige de ces chefs qui peuvent toat exiger étant sûrs de tout obtenir. Plus que personne, l'amîral Courbet était de ceux-là et, à ce titre, il mériterait d'être loué même pour la brillante conduite de ses officiers et de ses matelots. Il était l'incarnation du devoir et du dévouement, et ces mâles vertus, il les inspirait à ceux qui avaient l'honneur de servir sous lui.

Son éclatante victoire était faite pour flatter son amour-propre : il ne songea qu'au regain d'honneur dont la France lui était redevable. Dans ce grand cœur, le patriotisme le plus élevé dominait tout sentiment personnel. Pourtant au cours de ces mémorables journées, un regret l'avaitsaisî. Le commandant du Duguay- Trouin, M. de Pagnac, avait un fils, aspirant, embarqué sur son navire. Et l'amiral parlant un jour des émotions récentes de la rivière Min, avoua qu'il avait envié plus d'une fois le sort de ce père : « Si j'avais eu, comme lui, un fils, c combattant à mes côtés, rien n'aurait manqué à c ma joie. >

On aurait pu lui répondre que depuis Fou-chéou rien ne manquait à sa gloire.

APKES FOU-CHKOU. OCCUPATION DE KELUNG

Le 29 août, le jour même où Tamiral Courbet franchissait la passe de Kimpaï, les deux divisions de ]a Chine et du Tonkin, placées sous ses ordres, étaient réunies, par un décret, sous le nom à^Escadre de V Extrême- Orient. Le lendemain, 30 août, tous les navires sortis de la rivière Min se rencontraient à Matsou, où ils retrouvaient la Nive et le Drac. Le Volta fut aussitôt envoyé à quelques milles du mouillage de Tîle pour protéger les bouées qui indiquaient le chenal d'entrée dans la rivière et pour se mettre en communication avec V Aspic, mouillé près de Sharp-peak, à portée du bateau-télégraphe. La compagnie danoise North-Eastem Telegraph avait, en effet, abandonné son établissement sur Tile, terre chinoise, où elle pouvait craindre une agression de nos ennemis qui n'ignoraient pas Timportance, pour nous, d'une ligne télégraphique. Elle avait fait aboutir ses fils à une jonque sur laquelle flottait son pavillon de nation et d'où, par conséquent, elle était assurée de pouvoir faire passer ses dépêches.

La mesure qu'avait prise l'amiral d'avoir un navire dans le voisinage du télégraphe fut de courte durée. Elle cessa dès qu'il eut quelque raison de supposer improbable une tentative des Chinois sur la jonque; toutefois les petits navires de l'escadre continuèrent d'aller à tour de rôle et chaque jour remettre et prendre les télégrammes. Comme il fallait, dans le parcours de Matsou à Sharp-peak, passer en vue des batteries du fort Blanc, le navire porteur des dépêches était assuré d'essuyer le feu de ces batteries, remises en état depuis notre sortie. Heureusement, la distance était grande et le tir défectueux.

Le 31 août, la Saône partait pour Saïgon où elle allait chercher, entre autre matériel, des munitions pour remplacer celles qui avait été consommées par les différents navires pendant les combats de la rivière Min. Le même jour, le La Galissonniere allait à Hong-Kong* pour y réparer les avaries que lui avaient faites les projectiles de Kelung et de Kim-

1. Lea ouvriers chinois employés aux ateliers privés de Hong-Kong firent quolqui'S diffîculté.s pour réparer les uavires français, mais les Anglais leur persuadèrent aisémeut que le cuirassé et le torpilleur étaient trop endommagés pour pouvoir servir eucore et ils consentirent à y travailler. Le 3 peptembro, une pvoclamatiou publiée par le gouverneur, sur les ordres reçus de Londres, prescrivait la mise en vigueur àyxForeign EnlUtmtnt ac:^ en ce qui concerne l'enrôleinent, c'est-à-dire l'interdiction aux bâtiments français d'enrôler ou d'tmbaucber sur le territoire anglais des matelots poar leurs équipages. Mais les deux uavires purent librement faire exécuter chez les industriels auglais les travaux qui leur étaient nécessaires. Depuis lors, nos bâtiments n'ont éprouvé aucune difficulté à se ravitailler dans ce port. Jusqu'au 22 janvier 1885, jour où le gouvernement britannique, cédaut i des réclamations de la Chine, rappela à la stricte exécution des régies de neutralité.

paï; il remorquait le torpilleur 46 dont la chaudière avait été crevée par un obus du Yangou et dont le commandement venait d'être donné à M. le lieutenant de vaisseau Campion.

Le 1*^' septembre, Tamiral Courbet amena son pavillon du Dv^uay-Trouin etl'arbora sur la ÏViowphante, qui devait le conduire à Kelung. Depuis Taffaire du 5 août, Tamiral avait maintenu sans cesse des navires sur cette rade. Le La Galissonnière y était resté jusqu'au 22 du même mois, le Bayard l'avait relevé; et c'était maintenant à la Triomphante à aller prendre sa place. Bien que nous n'eussions pu nous maintenir à terre, déserter tout à fait ce port aurait été un signe d'hésitation ou d'impuissance qu'il fallait éviter, puisque le Gouvernement persistait à voir dans l'occupation du nord de Formose le gage nécessaire. « La destruction par «c l'amiral Courbet de la flotte chinoise et de l'arsenal « de Fou-Chéou pourrait déjà passer pour une satis-

< faction suffisante. Mais nous voulons quelque chose

< de plus que le châtiment. Nous avons demandé une « indemnité, c'est pour l'obtenir qiie nous avons prié « la Chambre de nous autoriser à nous saisir d'un « gage, non pas dans la pensée d'amener une capitu- « lation immédiate, mais dans la conviction que nous « ne pouvions manquer d'aboutir avec de la patience, « avec l'aide du temps. » Cette déclaration du premier ministre à la commission des crédits du Ton-

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