Séauce du :24 octobm
par l'amiral Lespès n'avaient pas été relevées, et pour perpétuer le Bouvenir de la canonnade qui leB avait miseB hors d'état^ la voix publique avait déjà dénommé les trois forts, fort La Galissonnière, fort Villarsy fort Lutin. Leurs abords immédiats, ainsi que ceux de la plage, étaient presque déserts et totalement abandonnés par les troupes dont la présence ne se décelait que sur les Hauteurs, par une ligne continue de retranchements en terre fraîchement remuée. Les Chinois travaillaient sans relâche à ces travaux de terre dans lesquels ils sont passés maîtres; ils en faisaient de tous les côtés et avec une surprenante rapidité. Pour empêcher Texécution de ces parapets, le Bayard avait dû envoyer un certain nombre d'obus de 14, ce qui lui avait valu des ripostes à coups de canons de montagne. Cet échange de projectiles, inoffensif de part et d'autre, avait été le seul incident des jours précédents.
L'amiral fit dresser immédiatement par les ingénieurs hydrographes une cai'te de la rade, puis après avoir inspecté, avec le Lutîn^ la côte voisine des charbonnages, il retourna à Matsou sur Je Bayard. Il y trouva, le 4, les navires qu'il y avait laissés, et, en plus, le Parseval qui venait d'arriver de Shanghaï, où pendant tout le mois d'août M. Patenôtre l'avait retenu. «De toute façon, avait écrit « le mïnistre de France, il me semble nécessaire de « conserver ici un bâtiment, ne fût-ce que pour ras-
174 l'e3cadre de l'amibal colrbet,
*8urer noa nationaux qai pourraient craindre, en ■ cas d'alerte, de se trouver eans ancune protection. > Le Parseial était, en conséquence, resté devant la Concession française. Mais, une fois le feu onvert à Fou-CKéou, il devenait certainement imprudent de laisser seul ce petit aviso dans une rivière où il pouvait être attaque ou torpillé avec «ne extrême facilité par nos ennemis, en représailles de nos hostilités. M. Patenôtre se décida donc à le laisser partir, d'autant mieux qne le Taotaï l'avait averti qu'il ne répondait plus de la sécurité des Concessions si la présence de l'aviso devant Shanghaï se prolongeait davantage. Les esprits étaient très montés parmi la population chinoise: les journaux fulminaient contre le Parseval, offrant de fortes primes â l'individu assez hardi pour torpiller ce bâtiment; et le commandant du fort de Woo-Sung annonçait qu'il le coulerait au passage s'il tentait de sortir.
Quand le départ du Parseval fut décidé, le commandant fit demander un pilote. Moyennant 5,000 taëJs (soit 35,000 fr.), un des pilotes assermentés consentit à conduire le navire français jusqu'à la haute mer. Mais la réflexion aidant, le pilote refosa vers 8 heures du soir les propositions acceptées pendant la journée. Apprenant ce refus, le Taotaï offrit d'envoyer iiiip cannnnière chargée de précéder le Parseval et de lui montrer le chemin. Cette offre fut accueillie; mais au moment de se mettre en route, le capitaine
de la canonnière ne consentit jamais à passer le premier. Le commandant Thounens, encore une fois privé de guide, prit en conséquence le parti de descendre seul la rivière malgré l'obscurité d'une nuit exceptionnellement noire. Masquant ses feux déroute et marchant à toute vapeur, il franchit heureusement les barres et défila devant le fort de Woo-Sung sans être inquiété, à la grande consternation des Célestiaux qui considéraient déjà notre aviso comme une capture prochaîne et facile. Un échouage sans importance fut le seul incident de cette sortie qui, par sa hardiesse et son audace, impressionna vivement les officiers des marines étrangères. De Shanghaï, le Parseval gagna Matsou, où il trouva Tescadre en train d'efifectuer son ravitaillement général.
Un navire anglais, le Sir Garnet Woheley, était venu de Shanghaï avec 1,500 tonneaux de charbon qu'il distribua aux différents navires, non sans longueur de temps, la mer n'ayant pas toujours permis d'accoster le vapeur bord à bord, et l'embarqucraent du charbon ayant dû se faire par les embarcations. Le Garnet Woheley avait aussi apporté quelques provisions pour les tables : on se jeta sur elles avec avidité pour se dédommager des mauvais petits taureaux et des œufs de canards de Matsou. Mais les navires étaient si nombreux que la part de chacun fut fort restreinte.
Après des journées aussi bien employées que
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celles de la fin d'août, rinaction était pénible à supporter, et, ainsi qu'on le disait alors, les entractes semblaient de trop longue durée. Cette inaction était, en effet, très imprévue. Chacun s'était imaginé volontiers, après les combats de la rivière Min, que l'ère des opérations militaires venait de s'inaugurer et qu'un prochain coup allait être de nouveau porté à la Chine. On attendait tous les jours un ordre de départ. Mais où irait-on? que ferait-on ? c'est ce que personne ne savait. Gn ignorait encore de quelle façon le Gouvernement chinois répondait à l'attaque de Fou-Chéou. Le bruit courait qu'il avait déclaré la guerre, mais si cette nouvelle eût été vraie, l'amiral en eût fait part oflSciellement aux navires. Il était donc probable que les représailles exercées par nous n'avaient pas modifié la situation. On avait appris seulement que les soldats chinois venaient de piller et d'incendier le quartier des étrangers à Pagoda^, que leurs violences s'étaient exercées sur les demeures des pilotes de la rivière Min engagés à notre service, mais que dans les autres villes aucun Européen , voire même aucun Français, n'avait été inquiété par les indigènes. On disait aussi que les
] . f A Fou-Chéou, la population menace le consul anglais pendant qu'il t gtatiunne devant des affiches, pour lire des proclamailons émanant des c autorités chinoises, désireuses de se procurer à haut prix les têtes de c leurs ennemis. Dans le palais du vice -roi, fuite et dit^parition des mal- I heureux qui se croient compromis. Rapide changement de costume, aban< c don de la queue, sortie en palanquin et sous bonne escorte. t {2'he Prench ai Fow-Choto, brochure américaine.)
AUIR. COURBBT. 12