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HM I

En résumé, ces opérations avaient eu pour résultat de nous rendre maîtres de la ville ainsi que des premières hauteurs bordant la rade, et de refouler les Chinois sur les hauteurs immédiatement en arrière. A ne considérer que la minime résistance opposée par l'ennemi, il n'était pas téméraire de songer à nous étendre davantage. Mais le faible effectif du petit corps débarqué suffisait à peine à garder les positions conquises, et toute marche en avant eût été inutile, puisque nous n'aurions pu, faute de monde, occuper le terrain gagné. Nous étions donc, en quelque sorte, bloqués par les troupes chinoises. Pour élargir le cercle d'investissement formé autour de nous, il était de toute nécessité de renforcer le corps d'occupation. Encore pouvait-on craindre, même après l'arrivée des renforts, de nouvelles difficultés, car les Chinois, sans perdre un instant, élevaient sur les secondes crêtes de sérieuses défenses. Quant aux charbonnages, but principal de notre présence au nord de Formose, ils étaient encore bien éloignés, et séparés de nous par trois séries de hauteurs se dominant l'une l'autre.

Si nous n'étions pas arrivés aux mines, nous avions du moins trouvé un énorme tas de charbon sur la plage même. Les navires allaient pouvoir y puiser à loisir. Toutefois, ce combustible qui provenait d< s mines voisines, n'était pas de qualité supérieure. Il brûlait très vite avec une longue flamme, si bien que

PRISE DE KELLNG. 187

le premier jour où la Vipère s'en servit, elle vît bientôt sa cheminée rougir et des flammèches incendier ses mâts et sa voilure. M. de Lapeyrère dut faire éteindre les feux et continuer sa route à la voile : il était convaincu que le charLon avait été enduit de pétrole. La malignité de nos ennemis aurait pu, bien certainement, leur souffler ce moyen de rendre leur charbon inutilisable, mais sa mauvaise qualité était ^eule cause de cette combustion désordonnée. Dès lors, on n'employa plus la houille de Kelung sans la mélanger à u^e autre plus lente. Elle servait simplement à entretenir les feux au mouillage et était d'un emploi commode quand on voulait activer les foyers pour revenir rapidement en pression. Dnns ces conditions, l'amiral se préoccupa de suite d'assurer le ravitaillement en combustible de son escadre au moyen de vapeurs envoyés à Kelung par un fournisseur de Hong-Kong. Des jonques ou les canots faisaient le va-et-vient entre les navires et les vapeut-s, mais il était toujours très long d'obtenir le plein des soutes sur cette rade sans cesse traversée par la houle.

Il s'agissait aussi de tirer parti des lieux en vue de l'établissement que nous comptions faire. C'est ainsi que le bâtiment des douanes fut transformé en ambulance, et qu'une grande maison, appartenant à la Compagnie Lapraik, devint une sorte do magasin général. Auprès d'elle, la maison du mandarin

188 LESCtDUE DE L AUrBAL COCBBET.

pcrvit d'- réiidcniïe à an certain noinlK^ d'officiers. La pt'.!"iiie lolalilé de nos troopef êt&it cantonnée 'Un' Ir-8 iurtine diBsémiiiée le lon^ de noa li^es. Malbt'arciiBfincnt une pluie Tiolenlesemititombe.j<rci<]up diaigae jour pea de temps après 11 mîae <l fr-rrr <Iti mi-ps expéditionnaire : elle coatrïbaa gran- 'tf mc-nt a arpr'>itre les difficaltès maténeile:» de nocrç rirrtipaliiin rn ni^uie temps qa*elle rendit le cliniai ifttiT 4 (ait in^nlubre.

AFFAIRES DE TAMSUI.

(2 et 8 oclobre.) ^

Pendant que ces événements se passaient à Kelung, Tamiral Lespès était arrivé le V' octobre à Tamsui avec le La Galissonnûre, la Triomphante et le d^Estaing,

L'occupation de Kelung et de ses mines étant décidément notre objectif, la nécessité d'une action sur Tamsui s'imposait d'une façon manifeste. Ces deux villes sont reliées par une route et sont si proches que, pour en tenir une, il faut absolument tenir l'autre. Pourtant cette obligation, qui résulte de la simple situation géographique des deux ports, semble avoir été longtemps méconnue.

La présence continuelle devant Kelung d'un ou de plusieurs navires français empêchait sans aucun doute, depuis la fin de juillet, les vapeurs, chinois ou autres, d'y débarquer les troupes, armes et munitions que le Céleste-Empire envoyait dans le nord de Formose. Mais le port de Tamsui, distant do

Kelung d*une trentaine de milles seulement, n'ayant jamais été occupé ni bloqué par nous, le libre déchargement de tous les navires pouvait s'y effectuer. Les Chinois y dirigeaient naturellement tous leurs envois de personnel et de matériel. Agir comme nous le faisions, en ne fermant qu'un de ces deux points, ressemblait à la manœuvre d'un agent de police qui, pour capturer un malfaiteur réfugié dans une maison, se tiendrait constamment devant la porte, sans prendre garde à la fenêtre de derrière qu'il a laissée toute grande ouverte.

Au surplus, notre stationnement ininterrompu sur la rade de Kelung ayant indiqué clairement que nous n'avions jamais perdu toute idée de nous établir au nord de Formose, nos ennemis^ ainsi avertis par nous-mêmes, n'avaient pas négligé de faire de Kelung et de Tamsui deux centres importants de défense.

Ce n'est que dans les derniers jours de septembre que l'amiral Courbet reçut l'autorisation d'envoyer devant Tamsui un de ses navires. Le Lutin y avait fait le 3 septembre une courte reconnaissance en s'y présentant le pavillon de pilote à son mât de misaine. Aucun pilote n'était venu à son appel, mai« il avait eu le temps de voir que la rivière était fermée par un barrage de jonques coulées et chargées de pierres et que même un aviso anglais, le Cockshafev, se trouvait, par ce fait, bloqué dans le

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port sans pouvoir en jsortir. Le Lutîn ayant voulu communiquer, par le Code international, avec cet aviso, le capitaine anglais avait signalé qu'il ne pourrait répondre à aucune question afin de ne pas violer la neutralité.

Le 26 septembre, la Vipère arriva devant Tamsui, elle trouva le barrage toujours en place et le Cockshafer toujours emprisonné dans la rivière qui n'était accessible qu'aux jonques par un chenal étroit et peu profond. Le même jour, un vapeur anglais parti de Shanghaï avec 150 soldats chinois vint au mouillage et la Vipère ne réussit à lui faire rebrousser chemin que sous la menace de le couler. Empêcher le débarquement était malheureusement tout ce que cet état de représailles, qui n'était pas la guerre, permettait au très résolu commandant de la Vipère, Saisir les soldats et les faire prisonniers, capturer les armes, tout cela lui était interdit. Il n'avait que le seul droit de repousser le navire au large. Encore était-il loisible au capitaine anglais d'aller débarquer ses soldats et ses armes sur n'importe quel point autre que Tamsui ou Kelung.

Il était 9 heures et demie du matin, le 1" octobre, quand les bâtiments conduits par l'amiral Lespès laissèrent tomber leur ancre à côté de la Vipère. Ils se trouvaient sur une ligne de file parallèle à la côte, dans l'ordre suivant : La Galissonnière, Triomphante y â/Estaing^ jiuis Vipère. Le temps était su-

-î ."• "ar

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pcrbe, la mer absolument calme et un radieux soleil éclairait Tentrée de cette petite rivière de Tamsui, que dominent de hautes montagnes. Derrière une colline basse dont le pied est baigné par le âeuve, apparaissaient les trois mâts et le pavillon blanc du Cockshafer au milieu des mâtures de jonques et des deux mâts plus élevés d'un bâtiment de guerre chinois.

Devant nos navires un camp retranché et deux forts; Tun inachevé et armé en partie, le fort Rouge, situé sur une éminence d'une quarantaine de mètres et battant presque tout Thorizon du côté de la mer; le second, sur la plage, le fort Blanc, dont les quatre embrasures étaient percées de manière à battre l'entrée même' de la rivière. La rumeur disait que les canons du fort Rouge, au nombre de dix-neuf, étaient des 17% Krupp, et un pilote anglais assurait qu'ils provenaient du navire allemand que deux mois auparavant le Villars avait expulsé de Kelung. Sur ces dix-neuf pièces, trois seulement étaient, à l'heure actuelle, en batterie, les Chinois n'ayant pas eu le temps d'en monter davantage. Quant aux canons du fort Blanc, ils devaient être d'un calibre un peu inférieur.

Le pilote dont il est ici question était l'unique pilote de Tamsui. Il avait ojBfert son concours à l'amiral Courbet en l'informant, dans les premiers jours de septembre, qu'il quittait Formose et qu'on

AMIR. COUKBBT. 13

le trouverait au consulat de France à Hong-Kong. Il avait été immédiatement engagé à raison de 50,000 francs pour un an. Les renseignements qu'il donna furent si précis que Ton acquit la conviction qu'il était lui-même l'auteur des travaux d'obstruction de la rivière, et que, notamment, les torpilles placées en avant du barrage a\^aient été mouillées sous sa direction. Après avoir travaillé pour le compte des Chinois il était venu nous vendre ses services, estimant avantageux de manger ainsi à deux râteliers. Ces torpilles, d'après son dire, étaient au nombre de dix, chargées de dynamite et électro-automatiques. Leur poste d'inflammation et d'observation était placé, selon lui, derrière le fort Blanc.

A 10 heures, l'amiral Lespès signala au Cockshafer : « Je commencerai le feu demain à 10 heures. » La plus grande animation ne cessa de régner tout le jour dans le fort Rouge, où l'ennemi travaillait activement à la mise en état de sa batterie. Des fantassins en assez grand nombre circulaient et manœuvraient dans les environs des forts, mais leur éloignement les rendait inoflfensifs, puisque le fort Rouge était à 3,300 mètres et le fort Blanc à 2,600. L'artillerie seule était donc à redouter. A 3 heures, l'aniiral signala de nouveau au Cockshafer : « Vous êtes dans mon champ de tir. » A quoi le bâtiment anglais répondit : « Remercîments. » La soirée fut calnae. Dans les conversations échangées à bord, les paris

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étaient ouverts sur les incidents du lendemain, l^es uns disaient que tout se passerait bien, qu'il suffirait d'attendre l'heure annoncée pour ouvrir le feu, et qu'en peu d'instants, grâce à nos excellents pointeurs, les pièces ennemies seraient démontées et les fortifications bouleversées. D'autres assuraient qu'on appareillerait le lendemain au petit jour, ou même dans la nuit, pour s'éloigner de la portée des forts et n'y revenir qu'à 10 heures. Ceux-ci n'étaient pas d'avis qu'on dût rester au mouillage après l'avertissement fait au CocAsAo/î??', avertissement qui ne pouvait pas manquer d'être connu des Chinois, très capables de tirer les premiers bur nous.

Le lendemain matin, à 6 h. 35 m., le fort Rouge ouvrit le feu sur la division française restée au mouillage et occupée, en ce moment, suivant les prescriptions du tableau de service, à faire le lavage du bord. Le branle-bas de combat fut signalé en toute hâte et les quatre navires français ne tardèrent pas à riposter. Mais les Chinois avaient su profiter, pour le début de leur attaque, d'un moment où il nous était impossible d'avoir un bon tir. Tandis qu un soleil éclatant apparaissait au-dessus des montagnes qui surpombent la ville et les forts, un brouillard épais enveloppait complètement ceux-ci et les cachait à notre vue déjà gênée par la vive lumière qui nous frappait en plein dans les yeux. En outre, ainsi qu'il arrive au matin des belles journées, une

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énorme réfraction relevait toute la côte, les buts étaient tous déplacés en liauleur et nos coups portaient trop loin. Ce fut pendant une demi-heure une inutile consommation de projectiles. Les obus chinois venaient tous éclater un peu en avant de la ligne des navires français ] les éclats seuls arrivaient à bord. Le d'Estaing en reçut quelques-uns ainsi que la Triomphante, Vers 7 heures, le soleil s'étant élevé, la brume se dissipa, la réfraction cessa et notre tir devint meilleur. En peu de temps, le fort Blanc fut rais hors d'état par les obus de 24 du La Galissoiinîère. La batterie Rouge donna plus de mal. Elle fut servie pendant près d'une heure par ses défenseurs avec un courage remarquable, malgré la pluie de projectiles qui tombait autour d'eux. A 9 h. 55 m., toute riposte des Chinois ayant cessé, le tir fut réduit à un coup toutes les 10 minutes. Cela dura jusqu'à 4 heures du soir quand fut hissé le signal de cesser le feu.

A la nuit, la Vijpère reçut l'ordre de changer de mouillage et de venir prendre la tête de la ligne ; les ingénieurs hydrographes Renaud et Roliet de risle, et les officiers torpilleurs Merlin, Vuillaume et Rouxel furent chargés d aller avec elle reconnaître la passe. Les sondes établirent que, sur la barre, la Vipère trouverait à mer haute assez de fond pour pasfccr, sauf pendant deux ou trois jours des morteseaux ; mais on constata la présence de bouées sus-

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pectes munies ^e fils qui empêchèrent la reconnaissance de pousser plus en avant. A 11 heures du soir, la Viphre revint au mouillage en dedans de la division. La nuit se passa sans alerte. Le lendemain, dans la matinée, quelques travailleurs s'étant montrés au fort Rouge, on les chassa à coups d'obus de 14. Pendant ce temps, la canonnière fut chargée d'aller faire une inspection minutieuse des bouées reconnues la nuit précédente et d'opérer, si possible, le dragage des fils des torpilles. Dans ce but, deux canots du La Galissonnière lui furent adjoints.

A 4 b. 20 m., tandis que les deux canots se balaient doucement, à une centaine de mètres de la Vi2)h'e, tout en draguant des fils électriques, la sourde détonation d'une torpille se fit entendre et une magnifique gerbe s'élança en l'air à deux encablures environ sur l'avant des embarcations. Le premier moment de surprise passé, les canots virent qu'ils se trouvaient, eux et la torpille, en direction avec le point voisin du fort Blanc où le pilote avait désigné l'emplacement du poste d'inflammation. Trompés sur la distance, les Chinois avaient fait partir leur torpille un peu trop tôt et avant que les canots français fussent dans le cercle dangereux de l'engin sous-marin. Mais l'explosion prouvait d'une façon péremptoire que les torpilles étaient à inflammation électrique, que leur poste se trouvait situé où on

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l'avait dit et que leur manœuvre était familière à nos ennemis.

Le d^Estaing alla dans la nuit à Kelung rendre compte à l'amiral Courbet des incidents de la journée et lui soumettre le plan que Tamiral Lespès avait arrêté. D'après les instructions du commandant en chef, le but à atteindre à Tamsui était d'assurer aux navires bloqueurs de ce port la libre entrée et la parfaite sécurité à l'intérieur de la rivière. La destruction des fortifications, effectuée le 2, réalisait donc la première partie de ce programme : la seconde consistait à déblayer la passe de ses torpilles et de son barrage.

Puisqu'on se trouvait en présence de torpilles mises en feu par l'électricité, l'amiral Lespès avait jugé que le meilleur moyen de s'en débarrasser était d'opérer un débarquement dans le but de s'emparer du poste d'inflammation et d'y mettre nos torpilleurs qui se chargeraient de faire sauter, l'une après l'autre, toutes les torpilles de la ligne. Une fois ce danger disparu, un chenal serait alors facilement pratiqué au milieu du barrage par le moyen d'une ou deux torpilles de 500 kilogrammes de poudre noire qui se trouvaient sur la Triomphante,

L'amiral Lespès désirait que l'opération de la prise du poste des torpilles fût confiée à l'un des bataillons d'infanterie de marine de. Kelung, tant il avait peu de confiance dans la solidité à terre des

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compagnies de débarquement. Mais les troupes d'infanterie qui occupaient Kelung depuis la veille, étaient à peine suffisantes, comme nombre, pour se maintenir dans les positions conquises. Il était impossible d'en distraire une partie, si petite qu'elle fût, pour les opérations de Tamsui et l'amiral Courbet envoya en leur lieu et place les compagnies du Duguay- Trouin et du Château- Renaud, avec ces deux bâtiments et la compagnie du Boyard sur le transport le Tarn. Ces trois navires mouillèrent devant Tamsui le 5 au soir. Les renforts qu'ils amenaient aux compagnies des trois bâtiments déjà au mouillage, portaient à 600 le nombre des hommes pouvant être débarqués, savoir : 120 du La Galissonniire, 120 de la Trîomphantej 100 du Bayard, 130 du d'Estaing et du Château-Renaud y et enfin 130 du Duguay- Trouin et du Tarn. Le commandement de ces 600 marins était donné à M. le capitaine de frégate Martin, second du La Galissonnûre, qui avait si brillamment protégé la retraite lors de la première affaire de Kelung.

Le débarquement fut fixé au lendemain 6. Le point choisi pour l'accostage des canots était une petite crique à côté de la rive nord de la rivière. De cette crique, le commandant Martin devait, suivant les ordres de l'amiral Lespès, gravir la pente qui mène au fort Rouge et descendre ensuite du fort Rouge au fort Blanc, Cet itinéraire faisait éviter les

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taillis épais situés en contre-bas des deux forts où Fennemi pouvait attendre nos matelots dans de dangereuses et perfides embuscades. Mais la mer devint très houleuse dès le 5 au soir ; une jonque chargée de thé chavira sur la barre ; les bâtiments les plus rapprochés de l'entrée durent même changer de mouillage et le débarquement fut jugé impossible pour le lendemain. Le 7, la mer encore grosse ne se prêtait pas mieux que la veille à l'accostage de la plage, pourtant les navires purent revenir à leur ancien mouillage sur une ligne parallèle à la côte dans Tordre suivant, en allant du sud au nord : Vijperey La Galissonnière, Duguay-Trouiny Triomphante, Tarn, d'Estaing et Château-Renaud,

Enfin, le 8, le temps était redevenu tout à fait beau. La mer très calme permettait aux canots d'arriver jusqu'au rivage ; l'opération pouvait s'eflFectuer. M. Martin, pris ce jour-là d'une violente crise de rhumatismes, était contraint de céder la direction de l'affaire à M. Boulineau, le commandant du Château-Renaud, qui choisissait pour adjudant-major le lieutenant de vaisseau Duval, de la Triomphante.

A 6 heures, aussitôt après le branle-bas du matin, sur chacun des navires, les compagnies de débarquement s'équipent ; elles sont pleines d'entrain et de confiance; elles embarquent à 8 h. 45 m. dans les canots en même temps que les torpilleurs munis de

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leurs piles et des accessoires propres à rexplosion des torpilles. A 9 h. 2 m., ordre aux embarcations de déborder pour aller à terre. A 9 h. 4 m., ordre aux navires de commencer le feu. Chacun d'eux couvre d'obus la côte jusqu'aux forts et au camp retranché. A 9 h. 35 m., les canots arrivent à la plage ; les compagnies sautent à terre et se forment aussitôt. A 9 h. 55 m., elles se mettent en mouvement. Du pont des navires, on les suit avec anxiété; on les voit se déployer : en tête, La Galîssonnih^e et Triomphante^ derrière l'une le groupe d'Estaing, Château- Renaud , derrière l'autre le groupe Tarn, Duguay-Trouin y puis sur le flanc de gauche, le Bayard, La petite troupe a bon aspect. Elle s'avance avec une crâne assurance. Elle court plutôt qu'elle ne marche. Bientôt elle disparaît derrière une longue dune basse et sablonneuse. Elle semble alors abandonner l'itinéraire si sagement indiqué par l'amiral. Son ardeur l'entraîne directement sur le fort Blanc, sans passer par le fort Rouge. Elle s'engage dans les taillis épais qu'elle devait pourtant éviter, et déjà l'on voit tout près du fort Blanc, au milieu des massifs de verdure les chapeaux à coiffe blanche des matelots.

Dès lors le tir des navires se ralentit peu à peu, pour cesser tout à fait quand les compagnies occupent les terrains où les obus tombaient quelques instants auparavant. Seule, la Vipère qui s'est avan-

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cée très près de l'entrée de la rivière, peut tirer encore quelques coups. A 10 h, 10 m., le brait de ta monsqueterie ae fait entendre et une petite fumée bleuâtre monte au-desaus des arbrea et des taillis très verts. Le combat est engagé; il dure depuis un quart d'heure quand soudain des soldats chinois aux uniformes rouge et bleu descendent en grand nombre da camp retranché situé en arrière du fort Rouge et semblent vouloir tourner les nôtres. Les navires, qui font bonne veille, leur envoient une bordée d'obus, mais n'empêchent pas leur mouvement de réussir. Leur camp est incendié par nos projectiles. C'est en vain ! La fusillade redouble, le crépitement des balles se change en un i-ouicment continu et la petite fumée bleuâtre qui monte toujours lentement vers le ciel indique que notre marche en avant est

arrêtée Déjà on voit arriver à la plage, où. sont

les ambulances, des blessés que leurs camarades apportent. Le nombre en augmente rapidement; à 11 heures et demie, ce ne sont plue seulement les hhïsés qui paraissent sur les petites dunes basses, voisines de la mer, revenant vers les canots. Ce sont (luH escouades entières de marins. La retraite est maiiiloate. A 11 b. 45 m. un timonier, monté sur la pile (le pierre du feu de port, signale à bras : « Obligés de noua replier. Plus de munitions. Pertes sérieuses. >

Bientôt toutes les compagnies réapparaissent suc-

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cessivement : le La Galissonniere et la Triomphante sont en arrière, se repliant en bon ordre, tiraillant toujours, ne cédant le terrain que pied à pied, faisant des feux de salve jusqu'au dernier moment. Mais à la plage la mer est devenue grosse, les canots ne peuvent plus accoster. Pour arriver à eux il faut se mettre dans Teau jusqu'au cou. Les valides Qjnbarquent sans trop de difficultés, mais il n'en est pas de même pour les blessés qu'il faut porter à bout de bras! La poursuite de l'ennemi est toujours à craindre; si elle advient au milieu du rembarquement, quand tous les hommes seront groupés autour des canots, elle changera cette retraite en horrible désastre. Alors le jeune et hardi capitaine de la Vipère passe à poupe de l'amiral et lui demande d'aller se mettre dans la crique même où sont les canots. Il peut, avec son petit navire, se rapprocher de la terre, et si les troupes chinoises arrivent, les tenir en respect avec ses obus de 14 ou de 10. Heureuse inspiration qui nous évite bien des pertes ! A midi 30 m., les premières embarcations s'ébranlent et se dirigent vers leurs navires; à 1 h. 10 m. elles ont toutes quitté la plage. Derrière elles, la Vipère ferme la marche, tiraillant de loin en loin. A 1 h. 30 m., les compagnies sont rendues le long de leurs bords. Là, nouvelles difficultés! La mer a beaucoup grossi et pour faire monter les blessés par les échelles de coupée, on aiTache à tous des cris de souflfrance.

Deux heures pins tard, aa signal de ramiral : Quelles sont vos pertes ? les navires répondent : La Galisaonni^re^ 9 tués^d blessés; Triomphante, 4 tués, 17 blessés; Duguay-Trouin ^ 4 blessés; Château- Renaud, 7 blessés; Tarn, 2 tués, 4 blessés; Boyard, 3 blessés; d'Estaing, 2 tués, 5 blessés : an totale 17,tués et 49 blessés.

Le lendemain, le Tarn évacua sur la Nive h Kelung tous les blessés, et le d'Estaing alla au largo ensevelir les morts, du moins ceux que nous avions ramassés. La retraite avait été si prompte que parmi les 17 tués signalés la veille, beaucoup devaient figurer comme dispaïus. Disparus! c'est-à-dire abandonnés morts ou blessés entre les mains d'un cruel ennemi qui les décapitait séance tenante, comme cet infortuné Fontaine, le commandant de la compagnie du Z^a Galissonnière, Atteint au pied par une balle, il tomba, et quoique légèrement blessé, il ne put se relever. Trois de ses hommes le prirent alors et remportèrent en arrière. Mais des Chinois cachés derrière une broussaille les attendaient au passage : avec des crocs emmanchés sur de longues perches, ils harponnèrent les marins par leurs vêtements, se jetèrent sur eux et leur tranchèrent la tête. Un seul 6C sauva ! La Triomphante qui se trouvait en première ligne avec le La Galissomiîère, avait vu, elle aussi, tomber son capitaine, frappé par une balle er pleine poitrine. Mais la triste fin de Fontaine devait

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être épargnée à Dehorter. Conduit à bord aussitôt après avoir été blessé, le cher et vaillant officier y trouva les soins les plus affectueux, et c'est là que la mort vint le ravir, quelques jours avant d'arriver à Saigon où son corps repose en paix. Deux aspirants, Rolland et Diacre, avaient été blessés ainsi que l'enseigne Deman, du ChâteaurRenaud, Les Chinois, au dire des fonctionnaires des douanes, auraient eu 80 tués et 200 blessés.

Cet échec fut ressenti par toute Fescadi^e d'autant plus douloureusement qu'on s'était plu à redire que cette opération serait une simple promenade militaire où pas un coup de fusil ne devait être tiré. De cruelles pertes ajoutaient encore à la triste impression de cette néfaste journée. Les conversations ne pouvaient se détacher d'un si poignant sujeft. Les chiffi-es les plus contradictoires étaient donnés sur l'effectif des troupes chinoises qui avaient pris part à rengagement. Les uns parlaient de 1,000 hommes, les autres de 3,000. Combien étaient-ils ? On ne l'a jamais su. Au reste, le nombre importait peu \ le résultat était là dans sa cruelle brutalité. Pour en atténuer la rigueur, on a pu dire que le débarquement en question n'avait été qu'une simple reconnaissance. Reconnaissance ou non, c'était un échec.

S'il est permis d'en rechercher les causes, n'en trouverait-on pas une, au moins, dans l'insuffisance des compagnies de débarquement pour une opéra-

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tioa sérieuse k terre ? Il manque à ces troupes inexpérimentées la aoIiJîté et la discipline du feu. Ec malheureusement Fabsence de ces qualités ne saurait être compensée ni par la haute valeur des officiers, ni par l'ardeur des aspirants, ni par le dévouenaent des sous-otïiciers. Rien ne s'improvise ici-bas. Il ne suffit pas d'armer de fcropatscheks ces braves gens qui font à bord le métier de soutiers, de matelots de pont ou de gabiers supplémentaires pour en faire des fanta^^sins. Les fusiliers, élèves du bataillon dtr Lorient, ont seuls quelque consistance, mais ils ne forment pas la moitié des effectifs des compag-Q-es. Dans ce malheureux débarquement de Tamsui chaque homme avait 120 cartouches. Comment admettre que cet énorme approvisionnement ait été eonsonimé en un peu moins d'une heare, sans un gaspillage insensé, résultat d'une insuffisante éducation militaire ?

La guerre de 1870 a créé la légende du marinfantassin. Cette légende ne pourrait se maintenir que si les compîignies de débarquement étaient fréquemment exercées à terre avec une préoccupation constante, avec un soin absolu. Si toutefois on juge excessive uno pareille importance donnée à an exercice dont l'application peut être rare, il faut alors laisser au matelot armé du fusil, son unique destination pendant le combat, qui est de tirailler des hunes et du pont sur les ponts et passerelles de l'ennemi.

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Mais qu'on ne le débarque jamais que pour des opérations de courte haleine, faites sous la protection des canons des navires et dans certains pays à peine civilisés, où n'existe aucun simulacre d'armée organisée. Les Chinois qui manœuvrent à l'européenne, au son d'un clairon, qui se déploient, se rallient et s'embusquent pour faire feu sont déjà trop forts pour lui. Il y a longtemps que La Fontaine l'a écrit :

Ne forçons point notre talent....

L'amiral Lespès avait peu de confiance dans les compagnies de débarquement. « Jamais de matelots à terre ! » s'était-il écrié le soir du 2 octobre. La nécessité l'obligea d'en envoyer, et une inexorable fatalité voulut que son opinion, si nettement exprimée, reçût sous ses yeux la plus navrante confirmation.

Cet insuccès qui retarda ou entrava l'occupation du nord de Formose eut, en outre, sur les négociations une influence également fâcheuse. Le 11 octobre, M. Jules Ferry avait fait savoir à Li-Hung-Chang, qui le lui avait demandé, dans quelles conditions nous accepterions la médiation d'un tiers, celle des Etats-Unis, sans doute. Nous exigions le retrait des troupes chinoises du Tonkin, la ratification du traité de Tien-Sin et le maintien de loccupation de Kelung et de Tamsui. Le Tsung-Li-Yamen allait céder à no« demandes, lorsqu'il apprit que notre débarquement à Tamsui avait échoué 5 il voulut alors rayer de nos

La Ttf^ur; iil:'; !■? î r-:î:bre îor Tinisui e- :

*f.ri :-:2.-a: r>,n:£:s ■?£ 7 avai^st enrojé aeaaccip . m'.n :<:. L:* asvir'rs bici ■lir^st simplement le p: MI *t nr.i%',r.'i-r::tat îevaii: r':mljom:hiirede lAri-:..-r U ':o fuî alasi Jiï'ri'à la si^nacure ie la paix.

Le 30 octobre, à bord du Bayard, Tamiral Courbet signait la déclaration suivante :

A partir du 23 octobre 1884, tous les ports et rades de rîle Formose compris entre le cap Sud ou Nan Sha et la baie Soo-Au en passant par l'ouest et le nord, seront tenus en état de blocus effectif par les forces- navales placées sous notre commandement. Les bâtiments amis auront un délai de trois jours pour achever leur chargement et quitter les lieux bloqués. Il sera procédé contre tout bâtiment qui tenterait de violer ledit blocus conformément aux lois internationales et aux traités en vigueur.

Cette déclaration ouvrait officiellement le bloci^s de Formose. Elle inaugurait une opération maritime regardée par tous les marins comme féconde en difficultés et en dangers. Entreprise dans les plus mauvaises conditions, au moment même où commençait cette fameuse mousson de nord-est qui, pendant six mois, souffle dans ces parages, toujours avec violence et souvent en tempête, elle sera un des meilleurs titres d'honneur de l'escadre de TExtrême-Orient.

AtfIR. COURBET. Il

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Tous les ports luî étaient fermés, sauf Kelung; encore celui-ci ayant son goulet tourné vers le nord -est et recevant directement la mer et le vent, n'était-il pas un refuge et présentait-il des inconvénients plus graves assurément que la pleine mer. Pour que nos bâtiments aient pu traverser cette période de six mois sans qu'un sinistre se soit produit, sans qu'un de ces trop fréquents accidents de mer en ait mis un seul en péril, il a fallu que les navires fussent doués des meilleures qualités nautiques et que les capitaines et les équipages fissent preuve d'une incontestable supériorité de métier.

Le blocus ainsi annoncé était un bloctis pacîjigm, puisqu'aucune déclaration de guerre n'avait été faîte. Il ne s'étendait qu'aux ports et aux portions de côte spécifiés ; il en interdisait seulement les approches, sans autoriser les visites en pleine mer. « Ce genre « de blocus, disaient les instructions de l'amiral à « ses capitaines, consiste à empêcher les bâtiments « neutres chargés de contrebande de guerre * ou de « troupes d'entrer dans ces ports ou de débarquer « leur chargement sur quelque point de la côte blo- « quée. Tout bâtiment neutre qui s'y présenterait < porteur de contrebande de guerre ou de troupes

1. Sous ce nom il fallait entendre : les armes à fen, les armes bUL4-he>. floches et aimes de trait, la poudre de guerre et autres matières explo»'.<>. le falfètre, le soufre et les objets de toutes sortes employés à la gceT* Com ut H nidation officielle de VEmpire allemand.)

LE RLOCUS DE FOnMOSE. 211

<r serait invité à s'éloigner ; si cc-ptoclant il f orlait •c des troupes, le bloqueur les capturerait auparavant. « Dans le cas où le bâtiment résieteraità l'invilaiinn « de s'éloigner ou à celle de livrer ses troupes pas- ■ sagères, le bioqueur serait autorisé à le saisir. £n « aucun cas, le bloqueur n'est autorisé à saisir la con- ■■ trebande de guerre si le bâtiment ne se met pas « dans l'une des circonstances où it peut être Eaiki « luî-mênie. » La limite des eaux bloquées, qui s'arrêtait dans le principe aux abords immédiats de la (Ole, fut fixée un peu plus tard (22 novembre) à ô milles de terre. En dedans de cette limite, les bioqueurs « avaient le droit de visiter les navires neu- « tree, de les repousser môme parla force, ils pou- « vaient les saisir après unt; première notification « spéciale, mais en dehors de cette limite, ils n'avaier.t « aucun des droilsque conférerait l'état de gueire'. « Les neutres avaient admis, sans ptotettaiion, le blocus ainsi déclaré et ainsi réglé, « On nous a de- * mandé, disait if. Jules Ferry le i) novembre à la " commission des crédits du Tonkin, si le blocuii de " Forraose équivalait à une déclaration de f;uerie

(obligeant l'Angltterre à une déclaration de r,ou ttalilé. J'ai répondu que c'était un blocuo paciiiiju'-. que ce genre de blocua avait éié re-conr.u pikj- t' \u les pays, qu'il en avait été fait usagir. r.'j;i,i:.ti. i.:

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.M. KisIPilIueber, coiibd! i

se différenciait de tout autre blocus de belligérants que par un seul point — capital, il est vrai : la concession que nous faisions aux neutres de ne pas exercer en haute mer la visite de leurs navires. Cette concession n'étaitpas purement gratuite. Elle nous valait en retour le bénéfice très appréciable et très réel de ne pas voir TAngleterre proclamer la neutralité (Je Hong-Kong. Le 26 novembre, en effet, le Gouvernement britannique reconnaissait notre procédé et indiquait avec précision son attitude en l'état de notre conflit avec la Chine. « Le Gouvernement de Sa « Majesté considérait qu'il existait entre la France « et la Chine un état de guerre de facto et de jure, « Toutefois, il voulait tenir compte de ce fait que « le Gouvernement français, en vue d'atténuer les « conséquences de la guerre en ce qui concerne les « vaisseaux neutres, déclarait qu'il ne se proposait « pas d'exercer le droit de visite ou de capture sur « les vaisseaux neutres en pleine mer, droit qui lui « appartient, afin de prévenir le transport de la con- « trebande de guei're à destination de la Chine. Dans « cet état de choses, le Gouvernement anglais ne « voulant pas aggraver la situation, déclarait de son « côté que tant que les hostilités seraient limitées à « certaines localités et qu'on n'entraverait pas les « vaisseaux neutres en pleine mer, il s'abstiendrait « d'émettre une proclamation de neutralité dans les « formes ordinaires^, et d'exercer strictement les

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« droits de neutralité vis-à-vis des navires belligé- < rants dans les ports britanniques, et qu'il se bor- « nerait à la mise en vigueur du Foreign Enlistment « Act ^. »

Mciis le ministère se leurrait d'un faux espoir quand il prévoyait la saisie des navires de commerce chinois autres que les jonques, car la seule compagnie chinoise de navigation à vapeur, la China Merchanty avait été vendue dans les premiers jours du mois çl'août à la Compagnie américaine JSussell, pour la somme de o millions un quart de taëls, soit une quarantaine de millions de francs. C'était probablement une vente fictive ; mais il n'en demeurait pas moins acquis que tous les navires de la China Merchant naviguaient depuis lors sous pavillon américain*. Dans ces conditions, le rôle unique dévolu aux bloqueurs de Formose devait donc être d'empêcher les navires neutres de débarquer

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