Jour da Tan chinois
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Le canot part en arrière.
L^illumination de la frégate continue.
J'aperçois dans les feux de bâbord le canot n° 1 qui s'avance. Je stoppe pour venir à son secours, s'il a besoin de moi et je m'apprête à lui lancer ma chatte pour lui donner un bout de remorque.
£n ce moment, on me signale un blessé. Je vais pour examiner la blessure : le fusilier Arnaud meurt au moment où je fais enlever sa chemise de laine. Il a été tué par une balle venue de terre.
La corvette et la terre répondent coup pour coup à la frégate. Elles se tirent les unes sur les autres.
Cependant le canot n* 1 s'avance toujours dans la gerbe de feu. Je le vois toujours à bâbord, parce que je suis dépalé dans l'Est. Bientôt il passe à tribord, fait explorer ses torpilles et vient en grand sur tribord.
Nous nous réunissons. « Quoi de nouveau ? — Un homme tué, et vous ? — Pas un blessé. >
Où est le feu rouge ?
La vedette devait nous hisser un feu rouge en signe de ralliement.
On ne voit rien.
Eloignons -nous. Nous partons à toute vitesse et bientôt nous sommes hors de vue des navires chinois.
A un moment, on voit deux grandes gerbes de feu sur le Tu- Yen et le Tcheng-King , puis plus rien.
Nuit profonde.
Pas de feu rouge.
Nous stoppons pour tâcher de nous reconnaître.
Il nous semble apercevoir la passe. Je donne la remorque à Duboc qui marche moins bien que moi et je m'engage dans un cul-de-sac vaseux où je m'échoue (en A). Voir la carte à la page 256.
Stoppe !
Trop tard, la remorque s'est prise dans Thélice. Mon canot est désemparé.
Faîtes en arrière ! Je snis échoué ! Passez -moi votre chatte.
En quelques secondes, je suis déséchoué. Nous prenons la remorque à couple, mais impossible de dégager Théliee.
Il est cinq heures du matin.
^ Au jour, nous apercevons comme une passe dans TEst, à peu près la même apparence que la passe de File Sin.
Nous nous y engageons.
Elle doit nous conduire à la mer, puisque sa direction générale est le Sud ou le Sud-Est.
A 10 heures, nous sommes hors de la passe et nous apercevons la Saône.
Nous nous dirigeons sur elle, Tun remorquant l'autre.
Cependant, qu'était devenu Bavcl avec ses deux embarcations? Après avoir laissé les canots à vapeur partir en avant pour l'attaque, il se maintint dans les mêmes eaux. Lorsque le feu des Chinois eut cessé, il montra le fanai rouge qui devait servir de ralliement. Puis il chercha ou attendit vainement ses compagnons jusqu'à 6 heures du matin.
« Chose étrange ^, quand le jour se fit, il constata que la frégate Yu-Yerij frappée, comme on la vu, par nos deux torpilles, était parfaitement droite et semblait flotter, tandis que le croiseur Tchenff-King,
1. Ce qui saî: a été publié dans le joarnal les TàbUttta de» Deux-Ckarcdts.
épargné par nos canots, était couché sur le flanc et remjli d*eau !
« Croyant ses compagnons ensevelis sous l'épave du Tcheng - King , M. Ravel revint à bord du Bayardy la mort dans rame. L'amiral Courbet écouta, en pleurant, son rapport verbal. Le vaillant chef de notre escadre conservait pourtant une lueur d'espoir. Dévoré d'une généreuse impatience, il partit lui-même en canot à vapeur, pénétra dans la rade de Sheï-poo, et observa à son tour les bâtiments chinois. Le Tcheng-King était bien dans la situation indiquée par M. Ravel; mais si la frégate Yu-Yen restait toujours droite, ses bas-mâts étaient noyés jusqu'à la moitié de leur hauteur au-dessus du pont.. Ce bâtiment, lui aussi, était donc coulé et perdu comme son compagnon. S'il avait flotté durant quelques heures, après l'attaque de nos canots, il ne l'avait dû probablement qu'aux efforts de son équipage et à la puissance de ses pompes d'épuisement; mais IcQ deux blessures faites par nos torpilles étaient trop profondes pour que cette tentative réussît. Quant au Tcheng-King, on sut plus tard que sa perte était uniquement due à l'affolement des canonniçrs chinois du Yu-Yen, peut-être aussi des artilleurs de terre, qui, croyant tirer sur nos marins, avaient cri^ blé d'obus cette malheureuse corvette.
« L'amiral était occupé à la reconnaissance dont nous venons de parler, quand, du Bayard, on aper-
eue aoft (îniULs. isuiotâ parte<-€arp files ïspprocliasc a la vemorrrae tîe !k S^fjTZd^. ImjnértTatffMB.effity Rare! se jeta dâJi» aa canoc ^ Tapear pour porter eeime boBBe BQavç'l^j k ioa efi.e£. H Le rencontra à moïîîé roate, leTenant 'ie aoii exproratîoiL, AIn3rs on pat ToEreet bigamie âr^aéralemeiLii ^ maftrs- «te laLi-mesie, d'osé poLîteade EnrépracIiaBIe, maiis ^^raTe- €t î5:ocd dans les relaniogg hai^itaeLe* diserriee^ce ckef împaasîbîe qa'aacmie émocioa ne aernblart renmer, bantre des mainâ et laiaier éclacer dams ses gestes comme sor ses traits, toate la jcîe dont son cc&ccr était plein. C'est aa'ane TÎEgtaine de ses compagnons d'armes, déjk re^rardéâ ei: mme perdos à tout jaznaîs^ laî êCaiect rend •!:*•! C'est q^i'à la sQnf.itactÎQn d'avoir tu son plan d'attaqie récL3î5-iry ne se mêlaït plîis ramertame d'aToïrpajé le stiecès crop crier! »
Ce saecès était compiec Un senl Looime tué et deax charges de coton-piO-'ire ponr détruire une frégate et un aTÎ ào !
Aossi qiand les Tainq'iears arrÎTèrent à bord da Bauard^ on leur nt ane triomchale ovation.
11 ne resrait plus rien à faire à Sheï-poo.
Le lundi l»î février, ramiral accordait une double ration à toos les éqaipa^s pour le succès de la ▼eîlle et à midi il signalait Tapp areillage. La TriowtphartU, la Saône et le ^ t^^ >/ faisaient route ponr KeîuDg, tandis que Tamirai allait à Matsou avec le Bijyard, YEdaireur et Y Aspic. 11 cherchaît
doute la trace des croiseurs : il devait les rencontrer quinze jours plus tard à Ning-po.
Lorsque la Triomphante arrivant à Kelung passa à poupe du La Oalissonniere, Famiral Lespès annonça lui-même, à la voix, la nouvelle de la prise de Lang- Son par le général de Négrier \ Une politesse en vaut une autre : le commandant Baux riposta en faisant savoir à l'amiral la destruction des deux bâtiments ennemis par les canots porte-torpilles du Bayard.
La version des Chinois sur l'affaire de Sheï-poo est curieuse à connaître. Leurs gazettes racontèrent qu'en effet les deux bâtiments coulés s'étaient réfugiés dans les profondeurs de la baie, leur vitesse ne leur permettant pas de suivre les croiseurs. D'après eux, quatre attaques de torpilleurs français se seraient produites dans la nuit et auraient été victorieusement repoussées. Voyant leurs tentatives impuissantes les marins du perfide Coupa se seraient alors avancés, traîtreusement dissimulés dans des jonques, et auraient torpillé les bâtiments.
 côté de ce récit qui dénote une certaine imagination chez les reporters du Céleste-Empire, il n'est pas hors de propos de mentionner certains détails donnés sur le même sujet par les journaux anglais imprimés en Chine. Avant la submersion des deux navires