‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 30 sur 40 · Livre jaune. Avril · texte numérisé non relu

Livre jaune. Avril

de la prohibition nouvellement édictée : le cabinet français, décidé à n'appliquer cette mesure que dans les limites rigoureusement nécessaires pour atteindre le but poursuivi, sans nuire aux intérêts du corfimerce des neutres, déclarait que les expéditions de riz à destination de Canton et des ports du sud de la Chine pourraient être continuées librement après comme avant le 26 février. Celles-là seulement qui étaient destinées aux ports situés au nord de Canton seraient interdites, et par conséquent soumises au droit de capture, à partir de cette date.

L'Angleterre et la Suède furent les deux seules puissances qui ne nous reconnurent pas le droit de prendre, au sujet des vivres et en particulier du riz, une mesure générale de saisie. A leurs yeux nous n'étions fondés à proscrire Fimportation en Chine de cette denrée sous pavillon neutre, que dans le cas où elle paraîtrait destinée au ravitaillement des flottes ou armées ennemies. M. Jules Ferry, dans une dépêche du 6 mars, représenta au gouvernement anglais que la doctrine qui admet, à côté de la contrebande de guerre par nature, la contrebande de guerre par destination était professée depuis longtemps en Angleterre. Or, disait-il, « les chargements de riz si- « gnalés par Tamiral Courbet figurent le montant « de Pimpôt en nature ou tribut que les gouverneurs « envoient chaque année à la cour de Pékin. * Puis répondant, dans une seconde dépêche en date du

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ser de vive force à la saisie des cargaisons de riz. 11 admettait que toute saisie de ce genre serait jugée par le conseil français des prises, sous réservé d'une action diplomatique ultérieure. A Theure présente il ne voulait pas intervenir, aitisi que le déclarait une note tfès explicite en date du 21 mars qu'il adressa à notre ambassadeur à Londres, M. Waddington, et dont voici le texte :

Je n'avais nullement connaissance de la notification de sir Harrj Parkes, qui avait motivé les plaintes de votre gouvernement; cette notification n'avait été publiée en exécution d'aucun ordre du gouvernement de Sa Majesté... Il était certain qu'il n'avait pas publié cette notification clans des intentions hostiles à la France, mais dans l'exercice du droit qui lui appartient de fournir les informations

nécessaires à ses compatriotes J'ai télégraphié à sir

Harry Parkes à ce sujet, et je lui ai exposé qu'une telle notification était de nature à susciter l'idée erronée que le gouvernement de Sa Majesté s'opposerait de vive force à la saisie des cargaisons de riz; et qu'il devait aviser le gouvernement chinois que la légalité de toute saisie de riz serait jugée par la cour française des prises; et qu'en attendant le gouvernement de Sa Majesté ne pouvait intervenir.

Signé : Geanvillb.

Tandis que notre diplomatie affirmait ainsi victorieusement le droit de la France à déclarer le riz contrebande de guerre, Tamiral Courbet arrivait à Kelung le 19 février, revenant de Sheï-poo, avec le Bayard et VÉclaireur, 11 trouvait sur rade les

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trois navires qui l'araieiit devancé, Triomphante, Nielly et Saône, à côté du La Oalissonmère, du Volta, de la Vtphre, des deux torpilleurs et du Féi-hoo. Les autres navires de l'escadre étaient ainsi répartis : à Tanisui, VAtalante, le Duguay-Trouin, le Duckaffaut, celui-ci distrait de la station de Calédonie et ayant pour commandant M. le capitaine de frégate Lemereier-Mousseau ; à Taï-Wan, le Viîlars, le d'Ealaing, le Champlain; puis à Saigon, en réparations, le Lutin, le Lynx, VAgplc et le Château- Renaud.

Le 35, on attendait avec anxiété le retour de l'ËcZaiVeurquiétaitailé, disait-on, à Sharp-peak cherchcrdesordresiiuportants. Le bruit courait en même temps que plusieurs navires devaient partir pour un long voyage. II n'en fallait pas plus pour que les imaginations se missent à travailler aussitôt : Potchili?Corée? Les Pescadores? Blocusde Canton? Chacune de ces destinations avait des partisans. Jamais la folle du logis n'aura fait faire autant do combinaisons que dans cette escadre de l'Extrême- Orient ! Que de conversations autour de ces tables de carrés sur les projets de l'amiral ou sur les ordrfiN de Paris! Les discussions sur les plans h venir pansionnaient chacun. C'était là un des symptômiM d'une ardeur qui ne s'est jamais démenli(<, d'un \

entrain sans défaillance dont le commandant cii chef aurait voulu nser davantage, à la grando V

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