E^«iADr.H. 3e r^'ijara.*:. ioc33st
•»:ie -ie criacsii. Il aV a^air ai on cri : « I-es entrac: es acnr mo lon^s! > Eas^ Foa-chèoa et Ke- Itiîîz. encre K^Iiin^ et :^tier-D»:o des mois enûers a éuiieii: rasàêâ et ie 31 lon^ries attentes sati&Ënisaieii: mal riaip uien-ze ie cta&ors jeanea et entreprenants '. L\£* -î * --'fT" revid en eifec ir Sbarp-peak â i iienre dite, et le len iemain 2*5. Tamiral Courbet. laisactrl le ilccTLs de F:ir3icae à iagarîe de ramîral Lespès, appareilla avec la T -tiinz-ha t*- ^ le -Vir^'y et ît îiao i/^ pvjr taire ro:i:e Tera le Xord.On ne tarda pss à âavoîr çie \ E»i.air^¥Lr aT^ait app«3rté rantorisation de saisir le r:z et cae l'expê-iition se rendait dans ce b::t à renili-:îî:^Lure dn Tang'-tse. Les naTÎres déjà en route devaient être rejoints à bref délai par la Viptre, le R'jaui-d't'GKnoAÎVjj YEclaireur^ le Laptrovèt. Ce dernier arrivait de France, commandé par M. le capitaine de vaisseau Méqaet. Le biocas du riz ne trouva que des enthousiastes. Chacun se louait de cette mesure énergique, digne réponse à la déclaration de neutralité de Hong-Kong; et comme ici 'bas, même dans l'explosion des sentiments les p^lus nobles, il se cache souvent un fonds d'égoisme, chacun se réjouissait intérieurement de cette croisière pour une raison qui n'avait rien à voir avec la virile attitude du Gouvernement : on espérait que le blo-
1. •' iJ'È a»p)ra;ionB trouvent de retentissaoti échos dans la jennesse qui fn'*-ui jurt"^ rjTi^' fl'ardeartf comprimées depuis trois mois! que d'êl;ui8 c^u lfijti«î" 'L"ttre de l'amiral| 17 janvier.)
eus nouveau procurerait des vivres et dédommagerait suffisamment des fatigues qu'il pourrait causer. Le 28 février, à 10 heures, l'expédition entre dans les chenaux des Chusan. A 3 heures, Tami rai signale : « Pousser les feux de toutes les chaudières de manière à avoir de la pression en 10 minutes après que le signal en sera fait. Se tenir prêt à faire branle-bas de combat. » A 4 h. 1/2, les navires mouillent à Touest de l'île Kintang, à côté de rentrée de la rivièrp Yung qui baigne la ville de Ning-po. A 10 heures du soir, Tordre suivant est communiqué à la division : « Etre toujours prêt à marcher avec la moitié des feux, à appareiller en filant la chaîne et à faire le branle-bas de combat. Veiller attentivement la sortie de la rivière et prévenir en brûlant trois fusées si quelque vapeur ou canot à vapeur sortait. Ne laisser aucune embarcation ou jonque s'approcher du bord pendant la nuit. Tous les canons Hotchkiss et de 14 % constamment parés à faire feu sur les embarcations suspectes. Dispositions contre torpilleurs. Ne pas hésiter à faire feu. Bayard et Triomphante seront toujours prêts à éclairer les embarcations à la lumière électrique. Ne pas faire d'autre usage de cette lumière. Tenir un canot armé en guerre pour arrêter le personnel des embarcations à proximité, et ramener les gens dont Tembarcation serait coulée. Si l'amiral brûlait deux fois le feu Coston P, ce serait l'ordre
■ii^BBkKSBMur-. :
kF-i»
24 b L ESCADRE Dfi L AMIRAL COURBET.
pour Tescadre d'appareiller en filant les chaînes par le bout, avec udc bouée dehors, et de faire le branlebas de combat. »
Le 1*' mars au jour, on appareille, on croit continuer sur Gutzlaff et le Yang'-tse. Il n'en est rien. Le Boyard, qui ouvre la marche, s'achemine lentement vers r embouchure de la rivière. Les autres navir^ le suivent, à petite distance, ayant les équipa<3^s à leur poste de combat; à 9 heures, ils reçoivent Tordre de mouiller en ligne de file.
Que se passe-t-il donc ? Et le blocus du riz? iTen dêplaLse aux a&més qui se réjouissaient d'avmnce à l'idée de capturer des navires regorgeant de vi- Ti e:i trais, les projets sont modifiés. L^amiral a soap- ^nné que les trois croiseurs qui lui ont échappé à ^heî-poo, il y a quinze jours, se sont réfugiés dans la rivière de Xing^o — et il vient s'en assnrer.
Toute la matinée se passe à reconnaître les lieox. Du haut des mâtures on aperçoit des navires au mouillage dans la rivière et on croit distinguer on barrage qui s'étend sur toute la largeur du fieave en avant des navires ennemie. Les croiseurs son; iior.o bien là. Avec son fiair habituel ramiral ne s*est pas trompé.
Pt niant ce temps, dans la passe et aux alentoiurs, auÀsi loin qu'on peut regarder, les jonques s*enfui^nt en toute hâte ; un vapeur de commerce pousse ^es feux et appareille ; un de ces grands K^t^^n^ j^ ri-
vière à balancier, sorte de feny-boats qui vont de Ning-po à Shanghaï y sort précipitamment de la rivière et va se mettre à l'abri de l'île Ta-yew en dehors et en face da fleuve. Les pièces sont pointées sur un fort à 5 embrasures qui paraît neuf et non achevé, le seul qui commande la passe de TEst, où nous sommes. Puis, toutes les hauteurs se couvrent de pavillons multicolores ; dans la citadelle, on voit nettement des files de soldats alignés en bon ordre ; des feux de salve se font entendre, entremêlés de coups de canon, mais tout se borne à des tirs de parade. La terre reste décidément sur la défensive : nous ne serons pas inquiétés par elle. Mais quel eflFroi notre vue seule inspire ! Notre amour-propre peut en être flatté. Décidément, si les destructions de la rivière Min, si les torpilles de Sheï-poo n'ont produit aucun effet sur la cour de Pékin, elles ont singulièrement intimidé les matelots et les artilleurs de la marine chinoise. Le prestige et le renom du terrible Cou-pa les remplissent de terreur.
Les reconnaissances se poursuivent dans l'aprèsmidi de ce 1" mars. Le canot à vapeur de la Triomphante va conduire le pilote Muller à bord du grand bateau, le Kiana-pOj pour y recueillir quelques renseignements pendant que l'amiral se fait hisser dans une barrique jusqu'à la hune de misaine, pour observer de ses yeux ce qu'il y a et ce qui se passe dans U rivière. Peu de temps après, un vapeur an-
278 l'escadre de l'amiral colrbet.
glsdsj le Waicerlei/j est signalé dans FEst, le Bayard lui envoie deux projectiles pour Tarrêter : il stoppe; nn officier da Xielhj va le visiter. En ce moment, deux très grandes jonques mouillées au milieu de la passe sont coulées par les Chinois de façon à ne laisser dans le barrage qu'un étroit passage de 6^3 mètres. II suffira d'y couler un brick préparé à cet effet dans le voisinage, pour que la rivière soit désormais complètement fermée.
Alors Tarn irai s'embarque sur le X^ielly pour aller explorer l'entrée par le Xord. Dès que ce croiseur a dépassé les îles Ta-jew et Seaou-yew qui sont comme des sentinelles avancées devant l'embouchure de la rivière Yung, il se trouve dans le rajon d'un fort à deux étages, élevé sur la pointe Chung. Il reçoit une bordée à laquelle il riposte immédiatement. Au feu du fort se joint celui des navires chinois. La canonnade dure une demi-heure. Le tir de Tennemi est très bon : les obus tombent à 100 ou 200 mètres da navire français. Enfin, vers 4 heures, le Nielly revient et Tamiral remonte à bord du Bayard, Il signale de reprendre le mouillage de la veille et appelle en conférence chez lui tous les capitaines à 6 heures du soir.
Les reconnaissances ont appris qu'il y a sept navires ennemis en dedans du barrage, les trois croiseurs rapides de Sheï-poo, deux avisos-transports et deux alphabétiques. « Par conséquent >, dit l'amiral, demain au jour on appareillera et on ira mouiller
devant l'entrée poar réduire le fort et couler les navires.
Aussitôt commencent les préparatifs pour le combat annoncé. Belle soirée que celle-là, pleine d'émotion et d'impatience ! La pensée remonte d'elle-même à quelques mois en arrière, à ces veillées de la fin d'août qui précédaient les bombardements de Mingan ou de Kiropaï.
Aussi quand, le lendemain, le soleil se lève, c'est avec un entrain sans pareil que les équipages garnissent les chaînes des ancres au cabestan et prennent les dispositions d'appareillage. A 5 h. 1/2, les commandants sont appelés chez l'amiral. On se demande pourquoi? La nuit aurait-elle modifié les projets de notre chef? Oui ; après une mûre réflexion, et une plus calme appréciation des résultats à obtenir, l'amiral renonce à l'opération. Sans doute l'extrême plaisir de couler sept autres bâtiments chinois justifiait la détermination rapide prise au retour de l'exploration du Nielly. Mais l'affaire avait-elle toutes les chances de son côté? Tout d'abord, puisque le fort défendait le barrage, il était de première obligation de le réduire avant d'envoyer les embarcations et les torpilleurs faire sauter les jonques coulées en travers de la rivière. Or, le Bayard et la Triomphante ne pouvaient pas, à cause du fond, s'approcher à moins de 1,800 mètres du fort, trop loin, par conséquent, pour que leurs projectiles eussent
280 L ESCADni! DE L AMIRAL COURBET.
un résultat effectif sur la maçonnerie, trop loin pour que leur tir pût avoir la précision nécessaire aux coups d'embrasures. Ces deux cuirassés étaient, en outre, obligés de mouiller, t'espace oii ils devaient se tenir étant trop restreint pour leur permettre d'évoluer aisément. En second lieu, les croiseurs chinois se seraient encore trouvés k plus de 4,600 mètres du point choisi pour mouiller nos navires, c'est-à-dire en dehors d'une portée efficace. En admettant même que l'opération du haiTage et du fort réussît à souhait, il était de toute évidence que ces croiseurs, après avoir causé de grandes difficultés à cette opération p;ir le tir du leur artillerie, seraient remontés dans
■ - V ■■• Il
des choses devait prendre rapidement ce parti *. Mais cette détermination était faite pour causer un réel désappointement. Malgré les difficultés dont l'opération était entourée, certains officiers croyaient néanmoins à son succès final. Ils regrettaient que Famiral eût abandonné son projet de frapper la flotte chinoise; ils avaient la conviction que leur chef ne pouvait pas subir d'échec. Il était, à leurs yeux, un enfant chéri de la victoire, et il possédait ces d'eux qualités que Napoléon P' considérait comme indispensables à l'homme de guerre : l'habileté et le bonheur.
Dès le matin du 2 mars, l'amiral envoie le Nielly à Gutzlaff communiquer avec le télégraphe , tandis qu'il signale aux autres navires « repos général et lavage du linge». C'est au retour de Gutzlaffque le Nielly apporte la nouvelle des récompenses accordées aux trois vainqueurs de Sheï-poo. M. Gourdon est mis au tableau d'avancement, M. Ravel, nommé capitaine de frégate, et M. Duboc, promu officier de la Légion d'honneur.
1. Quel beau succès si l'amiral avait suivi sa première inspiration ! On a su, depuis, que l'émotion et la panique étaient si grandes dans Ning-po que le taotaî avait intimé l'ordre à l'amiral chinois d'amener pavillon si nous faisions mine de forcer la passe. Le consul anglais, chargé des intérêts français, était l'intermédiaire désigné pour la reddition de la flotte chinoise. Il l'a dit lui-même plus tard à l'amiral Rieunier. Quel motif a pu empêcher ce consul de faire savoir la chose à temps à l'amiral Courbet? Quoique de nationalité anglaise, il avait la charge de nos intérêts Mais
aussi pourquoi confier à des étrangers de pareilles fonctions? O nation chevaleresque I
Le 3 mars au jour, le Nieïly repart vers le Nord; presque aa même moment, la Saône signale des avaries dans ses chaudières. Elle est en si mauvais état qu'elle devient plus un embarras qu'un appoint. L'amiral se décide à se séparer d'elle. Elle ira désarmer à Saigon y ses chaudières ne pouvant pas même lui permettre de faire le voyage de France. Les officiers du Boyard et de la Triùmphante font des sondages près des îles, en un point d où il serait peut-être possible d'atteindre les navires chinois, en restant masqué du fort de la pointe Chung par une petite colline. Ces sondages se continuent pendant la nuit.
Le lendemain, 4 mars, la première partie de l'expédition hydrographique étant terminée, la Triomphante regagne le mouillage de Kintang auprès da Bayard. Il faut vraiment que l'amiral produise un singulier eflFet de stupeur sur les cerveaux des Chinois, pour que jamais la moindre velléité d attaque ne se manifeste contre ces deux seuls navires qui gardent l'entrée de la rivière. S'il est vrai que des Européens ont le commandement des croiseurs ennemis, comment parmi eux ne se trouve-t-il pas un homme résolu et séduit par l'appât d'un gros gain, pour venir nous attaquer en torpilleur ? Des marins qui s'improvisent tout à coup, en temps de guerre, capitaines chinois doivent être pourtant des gens ne manquant ni d'audace ni même de témérité.
Comment ne saisissent-ils pas une occasion si facile
et si tentante ? Tout prouve, au contraire, la crainte et Teffroi que nous inspirons, aux Chinois et à ceux qui les commandent. Ils ne se contentent même pas de se mettre en garde contre notre offensive : la nuit, on les entend répondre à des attaques imaginaires. De tous côtés retentissent des décharges d'artillerie et des salves de mousqueterie; des fusées partent dans les airs.; une gerbe de lumière électrique jette ses rayons dans la passe. Les paisibles jonques circulent au milieu des balles et de la mitraille sans que les artilleurs, leurs compatriotes, se soucient de leur sort. C'est le souvenir de Sheï-poo qui égare ainsi Tesprit des Chinois et leur fait prendre les moindres sampans pour des canots portetorpilles ! Le bruit est assourdissant, et tient tout le monde éveillé. Et quelle inutile consommation de projectiles!
Les jours suiv^ants, les deux cuirassés se rapprochent encore de Tentrée de la rivière, mais leur distance du fort de la pointe Chung est encore de 6,500 mètres. Les obus du Nielly ont endommagé le fort, les embrasures de l'étage inférieur sont en partie comblées et il existe tout à côté, sur le même plan, un amas de décombres qui ressemble beaucoup à du plâtras de démolition. L'amiral fait prendre des dispositions permanentes contre une attaque de torpilleurs; une ceinture protectrice est établie autour de chacun des cuirassés. Les nuits sont tou-
2^ LEâCJlBE DE l'aMIRAI. COCBBET.
joars tronbloes psr les déioiutions des boaleta et de» balles qae l'ennemi prodigue à Feutrée de U nrinre aux JQiujoes les plos psciâqnea. Mua les joaraêe» sont relatÎTeinent calmes. Le* Chinois travaillent à réparer le fort. On lea en empêche à coopa d'obus de 14 et même de 24, Cette canonnade insi- ^iâantri est le aed incident de ce aéjotir, assez monotORC. Les Céfestiaux des jonqaes sont, comme t^njoura, nos meillears amis; en passant près de no« Bavires, Ua les considèrent d'an ceil cnrieiix mais non inquiet.
Pourtant, que devient le blocoa da Tanç-tae?
Cetie eroiaière dn riz était si impaderament désirée par l'amiral qu'en partant de Eelang, il avait toqIs mettre son pavillon aor la Triomphante, le Boyard ayant à faire à la machine qnelqaea réparations qui ]ui auraient cauaé vingt-qnalre heures de retard. Une fois en ronte, Il D*avait guère songé d'abord à s'attarder devant Xing-po; mais sa bonne fortone l'aj-ant mis. pour la seconde fois, es présence de la flotte chinoi»«3, il ne poarait se résoudre à la laisser échapper encore, Ne croyant pas possible de la détruire, il viiilfit du moins la rendre inutile pendant toute la durée des hostilités en la tenant bloquée pour toujonrs dans la rivière où elle était venue chercher un refuge.
L'amiral se <]êcida donc à faire da mouillage actuel la base d'opérations pour le blocos du rii. On
était là à petite distance de la station télégraphique de Gutzlaff; la rade était bonne, suffisamment abritée contre tous les vents. Deux phares éclairaient les passes ; il est vrai qu ils étaient éteints, mais l'amiral demanda si parmi ses matelots il n'y avait pas de gardiens de phares ; plusieurs se présentèrent et, au besoin, les feux pourraient être rallumés à la barbe des Chinois. Si par hasard les courants, qui sont d'une grande violence, s'opposaient à un commode embarquement du charbon, il serait facile de choisir dans les chenaux des Chusan un recoin abrité où se tiendraient les charbonniers.
La croisière du riz avait commencé le 4 mars. Des navires étaient, dans ce but, échelonnés devant l'embouchure du Yang-tse, de Shaweishan jusqu'à Gutzlaff. C'était, au début, le Rigault, le Nielly, le Champlain^ le Lapérouse^ la Vipère. Ils venaient à tour de rôle se ravitailler et correspondre avec l'amiral. L'un d'eux avait escorté jusque près du Bayardj le vapeur français Tancarville qui devait fournir à chacun le charbon nécessaire \ Ces navires faisaient bonne veille, mais leur présence seule, avait suffi à consterner les consignataires et armateurs, Chinois ou Européens, qui se préparaient à faire sortir leur riz de Shanghaï. Devant un avertissement donné par le ministre d'Angleterre, ils rc-