‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 32 sur 40 · Il avait 3,000 tonnes de charbon · texte numérisé non relu

Il avait 3,000 tonnes de charbon

28() l'escabre de l'amiral colrbst.

nODcèrent à effectaer les envois projetée, et rompirent lea contralaqa'ila aTaîent pa signer avec le gouvernement chinois. Cens de leara navires qui é:aient déjà chargés débarquèrent immédiatenieiit

Li mesure préconisée par l'amiral et par M. Fatcnôtre eut donc son plein effet: pas un picul de riz ne sortit, par mer, de Shanghaï et comme, d'nn autre côté, le grand canal du Nord était ensablé et hors d'état de servir , le gourernemeot central ne reçut pas les énormes approvisionnements sur les quels il comptait. Pour atteindre ce résultat, il fallait que nos croiseurs se maintinssent sans cesse devant l'embouchure du Yang-tse, toute cessation du bli>eus aurait eu, en effet, pour conséquence le rembarquement du riz et le départ des vapeurs. Ce blocus dura ainsi jusqu'à la signature de la paix, c'est-àdire jusqu'au mois de juin. S'il était moins jdurà supporter que celui de Formose, il n'était pas cependant exempt d'ennuis; la brume fréquente et les violents courants, rendaient la navigation extrêmement difficile; la température très basse, au début du moins, ajoutait à la rigueur de la mission.

Di;s qu'on apercevait un navire, on allaita sa rencontre. On lui signaUit de stopper et l'officier désigné èe rtinlail à son bord. Il prenait connaissance des papitre divcn;, factures, connaissements, et faisait ouvrir les panneaux des cales de façon à se rendre

compte do la nature des marchandises embarquées; mais, d après un ordre formel, le manifeste, scellé, n'était jamais décacheté. C'était pourtant la seule pièce qui aurait pu, d'une façon péremptoire, indiquer si, oui ou non, le navire portait de la contrebande de guerre. 11 fallait donc s'ingénier pour découvrir la nature du chargement; et cela, sans trop prolonger la visite, afin de ne pas s'exposer à ce que les armateurs réclamassent des dommages-intérêts pour le retard apporté à leurs opérations commerciales, — comme le firent les propriétaires du Wismar ou du Wappans.

Quand lofficier visiteur reconnaissait un chargement non prohibé, il signait sur le journal de bord du paquebot une déclaration tenant lieu de laissezpasser et y apposait le timbre officiel de la marine; dans le cas ou il croyait à une cargaison suspecte, il revenait en référer à son commandant qui, après examen, signalait au paquebot : Continuez votre route, ou : Suivez-moi au mouillage. Si le navire visité était laissé libre, on lui faisait hisser^ en tête de mât, un pavillon conventionnel, difi*érent chaque jour, qui le dispensait d'une nouvelle visite d'un nouveau croiseur.

Tous les navires, de commerce qui passaient en vue des bloqueurs, étaient ainsi visités avec soin. Mais à la grande stupéfaction de l'escadre, si l'un d'eux avait dans son chargement quelque article

déclaré contrebande de guerre, il n'était pas forcément saisi. Après arrangements et pourparlers entre ses armateurs et nos consuls, il pouvait être simplement conduit à Shanghaï, où l'article prohibé était débarqué et mis sous séquestre à la garde du ministre de France. C'est du moins ce qui advint pour le Glenroy (de la C^'' Jardine). Visité par l'enseigne Pourpe, du Champlain, il fut reconnu porteur de 50 tonneaux de plomb. Le commandant Martial le fît arrêter, Tamiral approuva cette mesure, mais, quatre jours après, arriva un télégramme de M. Patenotre enjoignant de relâcher cette prise, le plomb devant être séquestré à Shanghaï jusqu'à la fin des hostilités !

UEclaireur, qui était arrivé le 14 au mouillage devant la rivière Yung, avait apporté, de la part de l'amiral Lespès, le télégramme suivant daté du 8 mars : « Profitant d'une série de beau temps, le colonel Duchesne a commencé, le 4 mars, mouvement enveloppant. Après quatre jours de marche très pénible en terrain montagneux et combats très brillants, toutes les positions chinoises ont été successivement enlevées. Nous les occupons. L'ennemi est rejeté sur la route de Tamsui avec pertes considérables. Nous avons pris 2 canons, beaucoup de fusils, drapeaux, munitions. L*état sanitaire est excellent.» Par celte série d'affaires, nos lignes s'étaient considérablement étendues, nous étions maîtres des mines

OU plutôt nous en commandions laccès et les Chinois étaient refoulés sur Tamsui. Mais, sans de nouveaux renforts, il devenait impossible de reprendre les opérations, les forces disponibles susceptibles d'entrer en ligne étant insignifiantes. La garde des positions conquises absorbait la plus grande partie des troupes disséminées sur un espace très étendu et très accidenté. En résumé, malgré des efforts opiniâtres, malgré des succès, l'occupation définitive ne se réalisait pas et l'efficacité du gage restait toujours hypothétique.

La découverte de la flotte chinoise à Ning-po et la nécessité de bloquer le Yang-tse étaient faites pour laisser croire à Tescadre que son centre d'action serait désormais déplacé du Sud- vers le Nord. Mais l'imprévu joue à la guerre plus qu'ailleurs un rôle capital. Les combinaisons, que depuis plusieurs jours chacun élaborait à part soi, allaient se trouver tout à coup renversées par la mise en exécution d'un plan que l'amiral méditait depuis longtemps: l'attaque des îles Fescadores.

AUIK. GOUKUUT. 19

(29-31 mars.)

Le 17 mars, la Triomphante, toujours devant la rivière de Ning-po aux côtés du Bayard, était expédiée à Eelung où elle devait porter à Tamiral Lespès Tordre de venir avec le La Galissonnière relever le Bayard dans le blocus des croiseurs chinois et dans le commandement de la ci*oisière du riz.

Uamiral Courbet abandonnait donc ces croiseurs qu'il paraissait garder avec tant de satisfaction sous la gueule de ses canons. Que se passait-il? Etait-ce la paix ? Non ; puisque le commandant Baux apportait en même temps de Chin-Laï au colonel Duchesne, Tordre de tenir un bataillon d'infanterie de marine prêt à prendre la mer en vue d'une expédition imminente. Quoi qu'il en fût, le 19, le La Galissonnière appareillait de Kelung, et le 23 le Bayard venait Yj remplacer. Avant même d'entrer dans la baie, Tamiral Courbet signalait au Villars de pous-

292 LKacAona dr l'asiibal colrbht.

ser âes feux, et qaelqaea heures après, ce bàtimeni partait pour le N^ord. Le 24, te Châtem^Renaud^r^naic Sa même direction, remorquant le torpillËiir Diynzan.i \ et la Triomphante allait à Taï-wan, où elle trouvait ie d' Eataing et le Duchaffaut. Enfin, le 27, le Bni/ni-d lui-même et VAnntxmite portant aa bataillon pri:i à Kelung et commandé par M. le cli>.'i de bataillon Laog^, venaient les y rejoindre. La Yip'^re, partie lie Kelung' six hearea avant le Bfit/ard et VArviamite. manquait aa rendez-voaa. Aossi l'amiral, dès jOQ arrivée, aignalait-il à la Trîompkanl'^: Avez-voua vu la Vipiref La mer était énorme, un coupde vencviolentae faisait sentir, et on neiaitpai san.i appreKt^oaionaur le sort de la petite canonnière. L-^a nombreux écaeiU qui pullulent dans le canal de Formose légitimaient Imateœent ces craintes.

Le 2S, à 3 beures du soir, ramiral fit appareiller l'escadre qui mûuiila quelques henrea plus tarii dans la grande baie de Pongbou, sans que la Vipirfût encore arrivée. C'était bien la prise des Pescadores qui se préparait.

L'amiral, on l'en souvient, n'avait jamais été partisan de Icccupation de Eelung. Dès le 31 octolffe. il avait écrit : < C'est use opération sans influence

« sur la cour de Pékin, le blocnB qui en est la consè-

■ qnence immobiliseni en pure perte la tnajeare partie

■ de nos forces navales, et le seul régiment de marc che mis à ma disposition. > Depuis cette époque, son opinion n'avait fait que se raffermir devant les difficnltés que créaient, à la fois, la résistance opiniâtre des Chinois et les déplorables conditions hygiéniques où nous nous trouvions : * nous continuons de ' piétiner sur place >, écrivait-il le 15 mars. L'intention bien arrêtée du Gouvernement de ne pas envoyer de nouvelles troupes, l'inefficacité des efforts du petit corps expéditionnaire, ne pouvaient lui laisser aucun espoir sur le résultat à attendre de notre occupation ; et dans sa conviction, la seule solution convenable et digne, était l'évacuation du Nord de Formoae avec la prise des Pescadores comme compensation. Il voulait, en un mot — puisque la politique dea gages était la nôtre, — échanger le gage, de Fornjose contre celui des Pescadores.

Toutefois il entendait n'abandonner l'un qu'après avoir pris et occupé l'autre. Mais les moyens restreints dont il disposait, lui permettaient-ils de mener de front plusieurs opérations à la fois ? Comment détourner de la côte, pour les diriger sur les Pescadores, quelques-uns des navires à peine suffisants pour assurer le blocus de Formose? Comment surtout distraire de Kelung les quelques centaines d'hommes nécessaires à, une nouvelle expédition?

Bien convainca de cette double impossibilité, le commandant en chef avait fait auprès du ministre de la marine, les plus vives instances pour qu'un sérieux renfort de navires lui fût envoyé. Il avait eu gain de cause, et une deuxième division venait d'être créée dans Tescadre de rExtrême-Orient. Le nouveau commandant en sous-ordre, le contre-amiral Rieunier, avait mis son pavillon sur K; Turenne, cmrassé neuf, frère du Bayard, Les croiseurs Magorij commandant Puech, Rolland, commandant Mayet, Primauguet , commandant Buge, étaient partis de France, vers le 1®"^ janvier, ainsi que les canonnières Comité, capitaine Noirot, ai' Sagittaire , capitaine Krantz. Enfin, à ces navires le ministère avait joint les deux torpilleurs 44 et 50^, commandés par MM. Grenouilloux et Vignot, et, sous le nom de croiseur auxiliaire, le grand paquebot Château- Yqueni ^, dont le commandement avait été donné à M. le capitaine de frégate Lejard. Tous ces diffé-

1. Le Mytho avait amené de France ces denx torpilleurs sur sa danette.

2. Ce paquebot, qui avait été construit d'après les principes de la loi de 18'S1 sur la marine marchande, reçut à Toulon 6 cauons de 14 et autant de Hotchkiss. II n'avait qu'une vitesse de 12 nœuds, an maximum. Ses insUllatioiis permettaient mal de le transformer immédiatement en navire de guerre. Il dut faire, dans le port de Toulon, nn séjour de plus d'un mois pour cause de mudiâcations. Il n'avait ni soutes à poudre, ni soutes à projectiles, et 8on pont ne portait pas les circulaires indispensables à, son artillerie. Somme tonte, ce navire réponlait médiocrement à l'idée qu'on s'était faite d'un paquebot-croiseur. C'était plutôt un navire de chargée. Remplissait-il ainsi le vœu que le législateur avaic formé eu concédant une prime aux navires de commerce installés en vue d'une utilisation militaire ? Le Chàieau'Yq'iem était loué à la Compagnie bordelaise de navigation à raison de 2,000 fr. par jour.

rente navires allaient arriver prochainement. L'amiral jugea donc possible de tenter Tattaque des défenses de Makung et Toccupation des îles. Il insista pour recevoir lautorisation d'agir : elle lui fut enfin envoyée.

Le point principal des Pescadores, le port Makung, est une baie très découpée, située à Textréniité sud -ouest de la plus grande des îles du groupe, appelée île Ponghou. Cette baie a son goulet ouvert au Nord-Ouest. En face de ce goulet, à une distance d'un mille environ, s'étend dans la direction nord-sud, une île longue et étroite, Tîle Fisber. L'espace libre entre les deux îles Fisher et Ponghou forme le port Ponghou. En avant et très près du goulet, se trouve une petite île basse, Tîle Plate; en arrière, un petit îlot très bas aussi, Tîle Observatoire.

Les ouvrages des ports Makung et Ponghou comprenaient :

1 3 canons 10. Armstrongr» acier rayé, 3 rayares. Fort casemate } 4 pièces 14% rayées. Voruz Nantes. 1869.

de Makuug. j 1 pièce 23% rayée frettée Armstrong.

[ 1 pièce 16% Voruz Nantes.

-^ \ -kT 1 ,- XX . ^1 caronade chinoise.

Fort Noir, batterie \ ,„„„«„ „i,î„„,.„ ^« ,qc/

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