Rapport officiel de l'amiral
Ils font aauitcr les ax ^û^eies Sa Ih iaszene «de eeUe petite île, pôècts :u£;Z-»&«9:2 ^'£sx«ié£s<p telienent vieilles et in fini ^wli q!l~ix f «si Its £rû>îie aciêrieiues à rinventioii de la p&c irr.
A ce momect* FscL^rai e^s a&n pnTÏlIon sur le Duchaffami et rm expl-iv^r la. baie du Dôme, sur la côte sud de File For-^iiiCra, cà r.JjtJiainil^ était mouillée, en dehors de la f<tftée des forts. Il fait le signal à Tannée : Préparez tronpes de débarquement pour ane descente à terre.
L'amiral estimait que le gros des troupes chinoises devait nous attendre dans le Xord de Maknng, et que, de ce côté, l'ennemi avait sans doute préparé des abris pour ses tirailleurs, faits qui ont été constatés après le bombardement. En outre , le terrain au Nord du fort présentait une pente rapide et difficilement accessible oii nos troupes eussent éprouvé des pertes sérieuses.
Dans ces prévisions, et malgré réloignement, la baie du Dôme fut choisie comme point de débarquement ; là, un terrain dégagé permettait à nos troupes, soutenues par leurs canons de montagne et appuyées par deux bâtiments, de combattre avec avantage un ennemi très supérieur en nombre.
Enfin, la marche sur Makung par le Sud et l'Est avait le sérieux avantage de menacer la ligne de retraite de Tennemi par terre, pendant que Tescadre la menaçait par mer.
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Aussitôt ce plan adopté, le débarquement de Tinfanterie de marine s'effectue. A cinq heures, on aperçoit le bataillon Lange sur le sommet Dôme. Les troupes se massent et dressent leurs tentes, pendant que quelques sections tiraillent sur des groupes de Chinois qui s'enfuient sans faire de résistance. L'amiral revient vers six heures à bord du Bayard, il envoie le d'Estaing croiser en dehors, pour empêcher la circulation des jonques, et donne l'ordre de tenir les compagnies de débarquement prêtes à descendre le lendemain matin au jour. De loin en loin dans la soii'ée, l'ennemi envoie un obus auquel on répond sans tarder; la lumière électrique fonctionne sans interruption. Vers onze heures, M. le commandant Foret et M. le lieutenant de vaisseau Goudot, aides de camp de l'amiral, vont explorer le barrage qui s'étend sur toute la largeur de la passe, tandis qu*un immense incendie allumé par nos obus illumine la ville de Makung.
En somme, cette première journée s'est bien passée : les Chinois ont riposté avec assez d'entrain, mais pas un dç leurs coups n'a porté. Le fort Sud est évacué, ainsi que les batteries des deux îlots intérieur et extérieur ; quant au fort Nord , il est hors d'état de nous nuire, ses embrasures étant démolies.
Le lundi 30, les embarcations du Bayard s'éloignent du barrage à trois heures du matin et regagnent leur bord. Il y a contre-ordre pour la mise à terre
PRISE DBS ILES PESCADORKS. 303
des compagnies et l'amiral charge la Triomphante de détruire le barrage; il est nécessaire de forcer l'entrée du port Makung, afin de faire Foutenir par le feu des navires la marche du corps de débarquement. La reconnaissance des deux aides de camp a appris que ce barrage se compose d'une grosse chaîne maintenue à trois mètres de profondeur par des bouées — sans torpilles. La chaîne ne prend même que la moitié de la largeur de la passe; elle se continue, dans l'autre moitié, par une forte aussière. Dès cinq heures du matin, le commandant Baux appareille son cuirassé pour se rapprocher de l'entrée ; ses embarcations vont de suite, avec le commandant Talpomba, procéder au relevage de la chaîne en commençant par là partie voisine du fort Dutch. L'opération marche à souhait, malgré une vive fusillade des Chinois cachés derrière un monticule voisin du fort Nord ; il suffit d'une heure pour déblayer un chenal propre au passage des navires. Les sondes y donnent des fonds de 15 à 20 mètres. A midi et demi, la passe est entièrement dégagée. Un seul des travailleurs a été tué.
Pendant que la Triomphante achève son opération, l'attaque ee prépare à terre. Dès sept heures, le bataillon se met en marche, et descend du sommet Dôme vers la plaine. A 7 h. 40, le Bayard entre dans Port-Makung par le passage que les canots de la Tî'iorwjpAanie viennent de lui préparer. Il y mouille,
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axiiyi pea apir^ da fhLckajfœaâ et de iLAxmasBdbs. A partir de ce mâiuea^ om n^ Toit plus uil seul ensemi dâJis le» fQrt;»^ rapératiQH est bien finie de ce côté; c'est entre L'iiLÊuinerie et le» Cfaiaocs que la seconde moncKe ya. ae jocier. La Ytfhre ft'en&iice dans la bale^ pour protéger de ses eanons la marcIie des troupes qai continaeiLt leur loeiiTemeiitj. tandis que le d'EêtaLng, pour leur rendre le même service^ croise en detora de TiLe. Les troapes ne rencontrent de réâiâtance qixe Tera neuf Leores et demie du matin La fcLâUIade est vÎTe et rengagement nous coûte 1 tué et 2 blessés. Quant aux Chinois^ mis bientôt en déroute et poursuivis par les obus de la Fiipère, ils laissent dans cette première affiûre une cinquantaine de morts sur le terrain. Ce fixt le seol incident de la journée. A quatre Lenres du soir^ la colonne, traînant péniblement son artillerie dans on temin sablonneux^ établit son biv^ouac de noit en un point convenable- Pendant la matinée, les torpilleurs ont été envoyés pour &ire sauter les canons des forts, ceox du Baijard au fort Dutcb, ceux du Ihichaj^amt k Vîle Obaervatoire. Enfin (ce qui prouve surabondamment rexcellence de ce vaste port), à midi, le DtÈehaffmU accoâte V Annamite pour faire du charbon, par le plus beau calme plat qu'on puisse voir, tandis qn'au large il vente frais. C'était bien là le port rêvé, oii pendant la mousson de N.-£. nos navires se seraient
tenus à labri, en parfaite sécante, tandis qu'à KeluQg^iis n'avaient cessé d*être en perdition pendant
tout l'hiver.
Le 31 mars, les compagnies de débarquement de la TriomphaMe et du dCEstaing, sous les ordres de MM. Foirot et Pradère-Niquet, embarquent dans les canots du cuirassé et se groupent avec la compagnie du Bayard et la batterie de 65%, commandée par M. le lieutenant de vaisseau Amelot. Elles vont aborder dans le fond du port, où elles rejoignent le commandant Lange.
Les forces réunies sous la main de cet officier se montent ainsi à 650 fusils et 6 canons. La colonne se met en marche : au sortir d'un village, l'ennemi, abrité derrière des murs de pierre, la reçoit par un feu nourri. Les 26® et 27® compagnies tournent immédiatement la position des Chinois, les marins donnent à leur suite ; l'artillerie de montagne, unissant ses feux à ceux de la Vipère, achève la débandade des Célestiaux, qui filent vers le nord de l'île, emportant leurs blessés, mais laissant un grand nombre de morts sur le terrain. A 800 mètres plus loin, établi sur un plateau fortifié, un dernier groupe de Chinois bien armés dirige sur nos troupes un feu dangereux. Les compagnies de la Triomphante, du d'Estaing, les 25" et 27® compagnies d'infanterie de marine, enlèvent cette position avec un admirable entrain.
Le Duchaffaut, pour appuyer le mouvement de
AMIR. COUKBET. 20
l^csc&D'Eœ: Dm iJAMmAL cocbset.
1 mfanterie, pesètre dans 1 anie Makong pioprement dite, c^'est-àrdire dans la petite criqne an bord de laquelle la Tille de Hakang est bâtie. Se âûsaot précéder par une baleinière qaî sonde, il s'aTsnce. mouille et, an for et a mesure qne les sondes le loi permettent, 1ère Fancre, la laisse tomber de noareaa et peat.ainsî, par enjambées de 150 à 200 mètre^y s'arancer jusqu'en face de l'extrémité nord de la Tille. Qaant aux tronpes, après la balte da dîner, elles se remettent en marebe en se dirigeant snr 3Iakung. L'artillerie fouille les TÎllages sur son parcours, maïs la résistance est brisée depuis le matin. La Tille, les deux camps retranchés qui en défendaient les approches, les forts, tout est abandonné et éTacué. A 5 heures, nous sommes maîtres de la position et le soir à 8 heures et demie, le éPSstaintj appareille pour Hong-Kong aTec les dépêches qui doiTent annoncer à la France le dernier succès de Tescadre de l'Extrême-Orient.
Les pertes sont minimes. La compagnie de la Triomphante a eu 2 tués et 4 blessés, dont le lientenant de Taisseau Poirot, les compagnies du Bayard et du d'Estaing n'ont pas été touchées. L'infanterie de marine a eu 1 tué et 3 blessés. Les Chinois comptent 300 à 400 tués et autant de blessés, parmi lesquels plusieurs mandarins. Les survivants s'embarquent, à la faveur de la nuit, dans des jonques et échappent ainsi à nos coups.
Enfin, le lestàEsuux 1*^ jlttIj. ^pumâ Ifs^ preaSèrrs lueurs da jvaar v<mnD€TivexA -à porucrt, ]f* iro-ope» pénètrent âaxs Je iiirt H^hknn^^ oii ^llf« s^aTsier:! pas eu le tempe JjErriTrr ia x-eilie. Elle* j planleut le pavillcn finnça» et Jes <iI;urozii: BO&s^zit an drapeau. Alors le Ba^irà fait un «alut de 21 eoupB Ue canon et jone troâs foi* la Jtf aT««7>a./»f- Cest un beau moment d'enthousiasme. Les îles sont à nous; le pavillon tricolore ilotie sur eiJes! Désormais elles ne s'appelleront plus Pescadores, mais bien, îles des Pècheurê. Cette conquête si néce^aire et si utile a été faite sans grands sacrifices d^hommes, et tout r honneur en revient an chef de Tefcadre.
La position géographique des Pescadores est admirable; elle vaut celle de Hong-Kong et lui est raême supérieure. Ce qui donne à ces îles une valeur incomparable, c'est le port superbe de Makung, calme en tous temps et d'un accès facile où les navires du plus gros tonnage peuvent trouver place aisément dans un havre de 875 hectares, profond de 10 mètres. Makung est appelé à devenir le plus beau fleuron de notre couronne coloniale en Extrême-Orient. En temps de paix, pendant la mousson de Nord-Est, nos navires y auront un refuge des plus commodes, et en temps de guerre, ils pourront sy ravitailler sûrement, facilement, à proximité, mais en dehors de la côte chinoiee. En outre, les abords de la rade se prêtent toerveilleusement à des constructions dura-
i-jhH L.2*i.uiLia as: i^.^vliiiaj; tij cujsir-
aie* d& au^^aitiiiA. (1 aitiIitiiE^ «Li dépota de eEartcti oa it* vivrea cù. il iera f oa*^LLe pLaa taxd ^ m» esoa^- (ir'*a (iti tulr^t L^iur» i!i*cliaiï^"ea et de ae réparer. Li ped:e étttuiiîïe de» Il«^* pernLettra de le» garder arec q^u-^ionea croapea. LapopaLtCraa fn<f fgètLey<|ii'e^ tv.^- I::e â» ZO.jYjO imea^ est paisible et sera fiicilemen: tenae ea re.'^Dect. Aiia*l TaniiraL vÏTemeiLt i5rat''.é de eea avanta^'e* qu'il prtvnjait saics doate^ nmis qui dépaaseiit ses espérajiees^ prescrit înmiédiâtemeL; la créatioa d'an établlësemeat dttjmithfy. et donne «titce à ion. projet de faire éracaer et de diriger sur le* Pêâc idoresy le matériel et le personnel qui àe troavent à Formose.
Il faat citer intégralement le télégramme qu'il adresserait aa mlnfàtre de la marine dès le 31 mar^. Sa lecture prouvera la Êicîlité et la netteté dWganiftatlon dont était doué le grand chef que la marine devait bientôt perdre. « Pour assurer établissement <r et centre de ravitaillement aux Pescadores, prière « d'envoyer 15.000 tonneaux briquettes de charbon « et ensuite 4,000 par mois; 10 kilomètres de til a aérien avec accessoires ; 4 téléphones complets ; ^ 1 kilomètre porteur Dccauville avec 30 Tvagon- « net» ; 20 caisses à eau de 4,000 litres \ 10 chalands « de 25 tonne» ; 6 corps-morts ; 2 chaloupes de 12 à «15 njfctrcs ; un ponton avec mâture; 2 appareils « de sixième ordre pour feux de port, un vert et « un rouge ; des pieux à vis pour construction d'un
PBISE DES ILES PESCABORES. 309
« wharf. Prière de fiiire relâcher les messageries ici et <c d'établir un câble télégraphique greffé sur le câble « de la côte chinoise. Enrojer un ingénieur des « travaux hydrauliques pour construction ou appro- « priation des magasins ; un ofBcier supérieur du « génie pour études de fortifications. Quant au par- « sonnel administratif et médical, je ferai venir ici « celui de Kelung si ce point est évacué. »
Pour compléter la prise de possession des îles, 1 amiral envoie une compagnie d'infanterie de marine s'emparer de l'île Fisher et du phare dont le service est encore fait par le personnel de ladministration des douanes chinoises. Aucune résistance n'est opposée à la descente à terre et à l'installation du poste de nos troupiers, les indigènes se montrent très pacifiques. Ils viennent d'eux-mêmes aider au transport du matériel. Leur attitude est telle que leurs jonques qui devaient être capturées sont laissées libres. Puisque nous voulons nous établir dans ces îles, n'est-il pas de tout intérêt de donner aux habitants des preuves de notre générosité ? L'amiral le comprend si bien qu'immédiatemeùt il fait placarder dans tous les villages et dans la ville une proclamation rassurant les Chinois, les invitant à revenir dans leurs foyers et leur garantissant aide et protection au cas où les mandarins chercheraient à les molester.
Avant de s'occuper de l'organisation de la nou-
vclle colonie, il importait de savoir ks troupes en sécurité, à Tabri d'une attaque de l'ennemi dans les positions qu'elles avaient conquises. Aussi, dès le 4 avril, l'amiral avait organisé une colonne volante qui devait faire le tour de l'île. Elle circula toute la journée et le soir à 5 heures, le commandant Lange rendait compte ainsi de sa mission : «Fait le tour de l'île sans avoir rencontré un seul soldat chinois. Fait sauter portes du fortin. Proclamations ont été affichées partout. Habitants paraissent rassurés et rentrent dans leurs villages; ils promettent de venir à Makung vendre leurs denrées. Au retour ai trouvé poudrière située à 1,800 mètres du fortin. Poudre, cartouches, fusils, salpêtre, charbon, soufre, y étaient amassé;} en quantités considérables. Ai fait sauter le tout avec la poudre ». Le même jour, un aviso portait à l'île Fisher, pour y être mis en batterie, les canons de 80 % venus de Kelung et le commandant Lange prenait le titre de commandant supérieur des troupes aux îles des Pécheurs,
Après les mesures de défense, les dispositions d'installation furent prises peu à peu. La Triomphante, en donnant la chasse à des jonques, s'était échouée sur un banc inconnu autour duquel les sondes donnaient 20 à 22 mètres. L'accident n'avait pas eu de suites fâcheuses, mais il convenait d'en éviter de pareils dans l'avenir et il était indispensable de faire une hydrographie sérieuse des côtes. La
FmBE ssi zzjs fzscabûkbs. Su
Vipère fut dsBS ce hsi lûe à la disposition de M. 1 ingénievr £:llti £•£ m'isle. £c même temps, le médecia en ckef fiii«-î cboix d*iin emplacement poar bâtir un bôpiul scr l'île Obsoratoire, et le Volta, qui aziirait de Kelus^, amenait tiois médecine et des coolies.
Pour affirmer notre prise d'autorité, un ordre paraiBsait sur la circulation des jonques. Elles devaient porter des deux cotés à Tavant, d'une façon très apparente, un numéro d'ordre précédé d'un P. Les patrons ne pouvaient circuler qu avec un permis du Bayard ou de la direction du port quand celle-ci serait installée; il leur était interdit de dépasser une limite de trois milles au large des îles. Peu après, le service du phare de Tîle Fisher était organisé sous la direction d*un premier maître de timonerie auquel on adjoignait les hommes qui s'étaient précédemment offerts comme gardiens de phares. Chose bizarre ! le personnel chinois chargé du phare consentait à initier à ce service les marins que nous y mettions.
Sur ces entrefaites, le Roland vint le soir du 2 avril, mouiller k la pointe Litsitah avec le pavillon de quarantaine. Cette mesure dep;*ohibition qui excluait toute communication, intrigua vivement. On questionna, on parla et le bruit du désastre de Lang-Son et de la retraite du général de Négrier se répandit tout à coup, « causant la plus pénible impression à
312 l'escadre de l'aviral COUBBET.
■ totis le* étages de la hiérarchie et atténuant grande -
■ meDtlajoie de notre récent saccès > '.Lelendemain à 11 heures, le Roland appareillait arec le chef d 'état-major pour Keiung,où l'amiral l'envoyait régler divenes mesures en vue de l'éTacuation de Formose.
Ce n'est pas sans un vif aentimcut de satisfaction qu'on avait vu arriver à la pointe de l'île Fisher, trois jours après la prise des îles, un bâtiment de commerce d'allure suspecte, portant pavillon anglais. Le Primauguet, qui se trouvait moalUé en dehors, alla le visiter, puis l'accompagna jusque dans l'intérieur du port Maknrg. C'était le Ping-an, navire à passagers, vide à cette heure, venant, disait-il, ravitailler le personnel du pharede Litsitab. Après être resté vingt-quatre heures à proximité de nos navires, il quitta librement le mouillage, au grand désappointement de toute l'escadre, qui le connaissait pour un des navires transportant journellement entre la côte de Chine et Formose des soldats chinois. A ce titre de forceur de blocus, il avait dû vingt fois tromper la vigilance des bloqueurs et chacun espérait qu'étant venu ainsi se jeter dana la gueule du loup, il serait gardé soigneusement et (lô;:laiLi de bonne prise. Aussi quelle décon" quand on le vit appareiller et prendre le large!
Les impatients, ainsi qall lenr arrÎTe scoTent, devaient, une fois de plua^ avoir t€»rt. Sept jonra plus tard, le 12 avril, le d^Egtaiaj faisait victoriensemeBt son entrée à Makong, escortant ce même P'tug-wij non plus vide cette fois, mais avec nn plein chargement, 770 soldats chinois, 2 généraux à Lonton Lien, des officiers et 10,000 piastres !
Tel était le prestige dont Joniasait le commandant en chef, telle était la confiance avengle qu'il inspirait, qne jamais il ne venait à Tesprit d'un seul de ses officiers, de commenter une de ses décisions. La manie de la critique, si familière à la jeunesse, ne trouvait jamais place devant les mesures qu'il pouvait ordonner. Tout était bien qui venait de lui. Toutefois, le renvoi du Ping-cn semblait si inexplicable, qu'on en avait été déconcerté. Mais quand on le vit revenir sous iagnrde du d'Egfaing, chargé d'un butin inespéré et regorgeant de troupes, les plus sceptiques furent obligés de convenir que l'amiral avait décidément un don secret d'infaillibilité.
Etrange histoire que cette capture dn'Pingon et qui met sous un jour curieux la délicatesse et la moralité de ces individus cosmopolites, à professions multiples, moitié commerçants, moitié pirates, que Ton rencontre dans les grandes villes d'outre-mer, en quête d'aventures et d'argent. Le nom typique de Frères de la Côte, sous lequel les matelots les désignent, dit assez bien, du reste, le décousu de leur
existence. Le capitaine de ce Ping- on avait été embarqué quelque temps à bord du Bayai'd, à titre de personnage à renseignements. Il disait connaître admirablement la Chine qu'il habitait depuis quinze ans, et avait demandé à l'amiral de lui acheter un yacht avec lequel il aurait été d'un point à un autre, à la recherche d'indications sur les armements de la Chine y les mouvements de troupes, etc.. L'amiral avait répondu qu'il paierait simplement les renseignements qui lui seraient donnés et, en effet, à différentes reprises, ce capitaine avait reçu 200 piastres pour des informations données par lui. Lorsque ïe 4 avril, il vint aux Pescadores, c'était encore pour vendre ses services. 11 informa qu'il devait, quelques jours plus tard, embarquer à Amoy 900 soldats chinois et les transporter sur un point de la côte de Formose qu'il indiquait. On le relâcha le 5. Le d'Estaing partit le 8 à sa recherche. Pendant trois jours constamment en marche, à petite vitesse, le croiseur français fit la navette entre deux points peu distants Tun de l'autre; enfin, le 12, danç l'après-midi, sa vigie signala un navire. C'était le Ping-onl Le d'Estaing courut sur lui, envoya à bord un officier qui, après vérification de l'idendité, donna Tordre au capitaine de faire route à 200 mètres du navire français. Le 13, le d^Estaing et sa prise rejoignaient l'amiral, et le 14, le Ping-on arborait le pavillon français. 11 recevait pour capitaine M. le lieutenant de vaisseau Serpette.
PAiSE DES ILES PESGâDORES. 315
Le 12 fut la journée des captnreB. Vers cinq heures du soir, le Lutin revint au mouillage, ayant à la remorque une jonque, dans laquelle étaient entasses 84 Chinois, surpris au moment où ils cherchaient à b'évader des îles. C'étaient des soldats réguliers. Ils racontèrent que, mourant de faim et chassés par les insulaires, ils s'enfuyaient pour essayer de gagner Taïwan.
Depuis quelques jours, les mouvements des navires avaient recommencé. Aussitôt les opérations militaires achevées, l'amiral avait fait reprendre le blocus sud de Formose, interrompu momentanément pour permettre à un plus grand nombre de bâtiments de prendre part à l'attaque des Pescadores. Le 6, le d'Estaing était revenu de Hong-Kong confirmant la retraite de Lang-Son et annonçant la chute du ministère Ferry et son remplacement par un ministère Briseon-Freycinet. Le même jour, le Volta était arrivé de Kelung, mais son état d'usure le rendant impropre au service de l'escadre, il fut renvoyé à la division du Tonkin, d'où il devait, peu après, prendre la route de France. Le transport le Tonkin venant également de Kelung, le 9, amenait un grand nombre de malades qu'on éloignait du mauvais climat de Formose. C'est dans ce voyage que la chaloupe le Georges, remorquée par le transport, coula à pic. Cette chaloupe devait continuer à Makung le service du port qu'elle avait fait à Ke-
311» l'escadre de L^UlEt.VL COIBBET.
iiifig depuis pluflienra mois. Le 11, le KergueUen, venant 'le la atation da Pacifiqae , et commandé par M. Agéniïr Fnurnier, capitaine de frégate, avait rallié l'escadre. Puis V Auiuxtaite retournait à Kelnng pour l'évaciiation et le Kerguel«n, le Magiyn, le L.V.tin, le PrimaugvM, aila.îent et venaient datu diverses directions, sans repos ni trêve.
La prise des Pescadores valut à l'habile et vaillant commandant de la Triomphante, M. Baux, ane récompense depuis longtemps attendue par tonte l'iscadre. Par un décret du 11 avril, il fnt élevé au grade de contre-amiral. En même temps, M. Lemereier-MouBseau, commandant àaDuchaffaut, était inscritd'officeau tableau d'avancement pour legrade de capitaine de vaisseau. Quelques jours plus tord, MM. Couioralieaud et Buge, commandants du d'Estaing et du Primaugvet, turent faits commandeurs ; les capitaines de frégate Foret et Le Pontois devinrent officiers et les lieutenanta de vaisseau Poirot, Bnnel et Rouxel, chevaliers de la Légion d'honneur. Les aspirants Grout et Boiteux étaient nommés, au choix, enseignes de vaisseau '.
Le Tonkln avait apporté, le 9 avril, les premières nouvelles des préliminaires de la paix. Bien n'était officiel encore. Des télégrammes insérés dans les
Journaux de Hong-Kong et de Shanghaï assuraient qu'un armistice venait d*étre conclu , nous permet* tant de garder nos positions jusqu'à la signature du traité définitif, et maintenant le blocus du riz et le droit de visite. Mais ces bruits étaient-ils fondés? On était anxieux de le savoir. Et d'ailleurs, que présageait cet armistice? De quelle paix allait-il être suivi?
PENDANT l'armistice. MORT DE l'aMIRAL COURBET
(4 avril -11 juin 1885.)
Le 26 février, c'est-à-dire à la date même où le gouvernement français devait rendre effectif le blocus du riz à Teinbouchure du Yangtse, M. Robert Hart, inspecteur général des douanes chinoises, avait adressé à M. Campbell, son agent à Paris, le télégramme suivant pour M. Jules Ferry :
Pékin, 26 février 1885.
L'Empereur a autorisé la proposition des quatre articles suivants :
V D'une part, la Chine consent à ratifier la convention de Tien-Tsin de mai 1884, et d'autre part, la France consent à ne rien demander de plus que ce qui est stipulé par cette convention.
2° Les deux Puissances conviennent de cesser les hostilités partout, aussi vite que les ordres pourront être donnés et reçus, et la France convient de lever immédiatement le blocus de Formose.
3** La France convient d'envoyer le Ministre dans le Nord, c'est-à-dire à Tien-Tsin ou Pékin, pour arranger le
b.. «««MvaMi
traité détaillé, et les deux Puissances fixeront alors la date pour le retrait des troupes.
4° M. James Duncan Campbell, commissaire et secrétaire détaché de l'inspecteur général des douanes impériales maritimes chinoises, de deuxième classe du rang civil chinois et officier de la Légion d'honneur, est chargé de pouvoirs comme commissaire spécial de la Chine polir signer ce protocole avec le fonctionnaire nommé par la France, pour servir d'entente préliminaire.
Ces propositions, qui n'étaient pas conformes aux revendications poursuivies par le gouvernement français, furent accueillies avec quelque réserve. Cette réserve était d'autant mieux justifiée, que le général de Négrier remportait à ce moment de brillants succès au Tonkin. La situation n'imposait donc au Cabinet français aucune hâte de traiter, et les choses en restèrent là.
Un mois plus tard, les revers succédaient aux journées heureuses : le désastre de Lang-Son attristait le pays. La nouvelle en arriva à Paris le 30 mars, et répandit aussitôt une indicible émotion. La Chambre, en renversant le ministère Ferry, manifesta vivement son désir d'une paix immédiate, et le chef du Cabinet, tombé du pouvoir, n'eut qu'à livrer la dépêche du 26 février, pour faire rédiger le Protocole suivant, qui porte la date du 4 avril :
Entre MM. Billot, ^linistre plénipotentiaire , directeur des affaires politiques au ministère des affaires étrangères, James Duncan Campbell, commissaire et secrétaire non
PENDANT l'armistice. . 321
résident de l'Inspecteur général des douanes impériales maritimes chinoises, de deuxième classe du rang civil chinois et officier de la Légion d'honneur,
Dûment autorisés l'un et l'autre à cet effet par leurs Gouvernements respectifs ;
Ont été arrêtés le protocole suivant et la note explicative y annexée :
Abt. 1".
D'une part, la Chine consent à ratifier la convention de Tien-Sin du 11 mai 1884, et d'autre part la France déclare qu'elle ne poursuit pas d'autre but que l'exécution pleine et entière de ce traité.
Art. 2.
Les deux puissances consentent à cesser les hostilités partout, aussi vite que les ordres pourront être donnés et reçus et la France consent à lever immédiatement le blocus de Formose.
Art. 3.
La France consent à envoyer un Ministre dans le Nord, c'est-à-dire à Tien-Tsin ou à Pékin, pour arranger le traité détaillé, et les deux puissances fixeront alors la date pour le retrait des troupes.
Fait à Paris, le 4 avril 1885.
Signé : Billot.
Signé : Campbell.
Note explicative du 'protocole du 4 avril 1885.
1** Aussitôt qu'un décret impérial aura été promulgué, ordonnant la mise à exécution du traité du 11 mai 1884, et enjoignant par conséquent aux troupes chinoises qui se trouvent actuellement au Tonkin de se retirer au delà de la frontière, toutes les opérations militaires seront suspen-
AMIR. COURBBT. 21
322 l'escadre de l'amibal courbet.
dues sur terre et sur mer, à Formose et sur les côtes de Cliine ; les commandants des troupes françaises au Tonkin recevront Tordre de ne, pas franchir la frontière cMnoise. 2° Dès que les troupes chinoises auront reçu Tordre de passer la frontière, le blocus de Formose et de Pak-Hoï sera levé et le Ministre de France entrera en rapport avec les plénipotentiaires nommés par T£mpereur de Chine, pour négocier et conclure, dans le plus bref délai possible, un traité définitif de paix, d'amitié et de commerce. Ce traité fixera la date à laquelle les troupes françaises devront évacuer le nord de Formose.
3" Afin que Tordre de repasser les frontières soit communiqué le plus vite possible par le Gouvernement chinois aux troupes du Yunnan , le Gouvernement français donnera toutes facilités pour que cet ordre parvienne aux commandants des troupes chinoises par la voie du Tonkin.
4° Considérant toutefois que Tordre de cesser les hostilités et de se retirer ne peut parvenir le même jour aux Français et aux Chinois et à leurs forces respectives, il est entendu que la cessation des hostilités, ^e commencement de l'évacuation et la fin de l'évacuation auront lien aux dates suivanjies :
Les 10, 20 et 30 avril, pour les troupes à Test de Tuyen- Quan ;
Les 20, 30 avril et 30 mai, pour les troupes à l'ouest de cette place.
Le commandant qui, le premier, recevra Tordre de Cesser les hostilités, devra en communiquer la nouvelle à Tennemi le plus voisin, et s'abstiendra ensuite de tout mouvement, attaque ou collision.
5° Pendant toute la durée de Tarmistice et jusqu'à la signature du traité définitif, les deux parties s'engagent à ne porter à Formose ni troupes, ni munitions de guerre.
PEjçDAXT l'abhistice. 323
Aussitôt que le taâxè d^&iîtif aura «t« âîgaé et approuvé par décret impénal^ \m. Fianee retirera les Taisseanx de
guerre employés à la vîâte ete., eu haute mer et la
Chine rouviira les porte à traité &ux bâtiments français
etc.
En exécation de ce protocole, un décret impérial du 13 avril ratifia la convention du 11 mai 1884 du commandant Foumîer\ et enjoîgiiit aax troupes chinoises de se retirer du Tonkin. La nouvelle offi< ci elle en parvint à Tescadre le 15, et le jour même le âCEstcdng et le Champlain portèrent aux bloqueurs
1. U a été ri BooTent qoestioo de cette eoiiTeiitioii eélèbre qa*il n'est pas inutile d'en donner le texte :
Eatre M. Fonmier et S. E. Lti-Honp-Cluing, ete
Art. l*^. Ls France «"engage à respecter et à protéger eontre tonte attaqae d*ane nation quelconque, et en tontes circonstances, les frontières snd de la Chine limitrophes dn Tonkin.
Art. 2. La Chin", rassurée par les garanties formelles de bon voisinage qui lui sont données par la France quant à rintégralité et à la sécurité de ses frontières sud, s'engage à retirer immédiatement sur ses frontières toutes les garnisons chinoises du Tonkin, et k respecter dans le présent et dans l'avenir, les traités directement laits ou à faire entre la France et la cour d'Ânnam
An. 3. Reconnaissante de Tattitude conciliante de la Chine et pour rendre hommage à la sagesse patriotique de S. Exe. Li dans la négociation de cette convention, la France renonce i demaader une indemnité à la Chine. £n retour, la Chine s'engage i admettre sur toute l'étendue de sa frontière snd limitrophe dn Tonkin, la liberté du trafic des marchandises entre la France et TAnnam d'une part et la Chine de l'antre, à régler par un traité de commerce et de tarifa à faire dans l'esprit le plus conciliant de la part des négociatennt chinois et dans des conditions aussi avantageuses que pos-; sibles pour le commerce français.
Art. 4. Le Gouvernement français s'engage à n'employer aucune expression de nature à porter atteinte au prestige de la Chine dans la rédaction dn traité définitif qu'il va contracter avec l'Annam et qui abroge les traités antérieurs relatifs au Tonkin.
Art. S. Dès que la présente convention aura été signée, les deux Gouvernements nommeront leurs plénipotentiaires, qui se réuniront, dans un délai de trois mois, pour élaborer nn traité définitif sur les bases fixées par les articles précédents.
Conformément aux usages diplomatiques, le texte français fera foi.
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de Foi mose Tordre de lever le blocus. En conséquence, dès le 16, le Duchaffaut et la Comité arrivaient de Taï-wan, le Duguay- Trouin et le Roland de Tamsui.
Toutefois, suivant le cinquième paragraphe de la Note explicative^ les troupes françaises devaient rester, pendant toute la durée de Tarraîstice ainsi conclu, sur les points du territoire, chinois qu'elles occupaient tant au Tonkin qu'à Formose, et les vaisseaux de guerre pouvaient continuer à exercer la visite, pour empêcher la contrebande du riz.
Dans ces conditions , il n'y avait donc pas à modifier la situation des croiseurs qui tenaient dans le Nord le blocus du Yang-tse; mais il devenait absolument nécessaire de suspendre l'évacuation de Formose déjà commencée. Nos ennemis auraient probablement vu, dans cette évacuation, non pas l'échange du gage de Kelung contre celui des Pescadores, mais le simple abandon d'un territoire conquis par nos armes; et tout ce qui pouvait être interprété comme de l'impuissance ou de la faiblesse devait être à tout prix évité par nous, à la veille de la négociation d'un traité de paix. Aussi Tarairal Courbet se hâta de donner aux troupes du corps expéditionnaire de Kelung l'ordre de rester dans leurs positions. Il fit simplement évacuer le matériel maritime et militaire, accumulé naguère à Formose en vue de l'établissement qu'on y avait projeté, et il le fit diriger sur les Pescadores.
PENDANT l'armistice. 325
Il faut remarquer, en effet, que le protocole ayant été sîgné à Paris au moment même où s'accomplissait la prise de ces îles, le document en question ne prononçait pas leur nom. La note explicative était muette sur leur reddition future ; elle ne parlait que de l'évacuation du nord de Formose\ L'amiral pouvait donc avoir Tespoir que sa dernière et admirable conquête serait conservée à la France; aussi, malgré Tarmistice, continua-t-il de mettre à exécution les plans qu'il avait formés dès l'origine. Convaincu chaque jour davantage du merveilleux avenir réservé à Port-Makung et aux îles des Pêcheurs, il ne négligea rien pour y fonder au plus tôt l'établissement complet et durable qu'il jugeait nécessaire. .
Le commandant de Maigret, chef d'état-major de l'escadre, était, comme on Ta vu, parti pour Formose dès le 3 avril; il y resta plus d'un mois avec mission d'y régler tous les détails de l'embarquement et du transport sur les Pescadores des approvisionnements et du matériel. Grâce à ses habiles mesures, grâce aussi à l'activité que chacun déploya, on put créer à Makung, en quelques semaines, presque en quelques jours, un centre d'approvisionnement et de ravitaillement, propre à suffire aux exigences d'une escadre qui ne comptait pas alors moins de 34 bâtiments. C'était là un véritable tour