‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 36 sur 40 · Eécit de M. !• dostear Dune médedu es eb«f d« VtdttttArv · texte numérisé non relu

Eécit de M. !• dostear Dune médedu es eb«f d« VtdttttArv

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340 L^'eSCABBLE de L^J^SAJniUL cociubet.

« reçut en pleine eonnaiâsance, arec la foi la plus c Tire. Pais il fit Tenir son secrétaire et l'entretint c qnelqaes instants.

« L'amiral Lespes, informé que les derniers mo- « ments appnMrhaient, acconmt près de son firère « d'armes. Le mourant n^eut plus la force de lui « tendre la main ; le docteur soutint son bras et il « put ainsi transmettre, dans une dernière étreinte, « à celui qui devait le remplacer, le commande- « ment de l'escadre au milieu de laquelle il avait « voulu mourir.

« L'état -major se succédait dans l'étroite chambre « ou l'amiral s'éteignait doucement.

« Le docteur prit dans ses mains les mains du « malade; de temps à autre un léger mouvement « indiquait que la vie ne l'avait pas abandonné : « soudain, toute pression cessa. Courbet ouvrit une « dernière fois ses yeux et les tourna vers le ciel « comme pour dire un dernier adieu à sa famille « qu'il ne devait plus revoir, à tous ces vaillants qui « l'entouraient, à cette France qu'il aimait tant et « pour laquelle il mourait; il poussa un soupir et « ce fut le dernier. »

Ail heures du soir, le canot à vapeur de garde portait à la terre et aux bâtiments, tenus en éveil par une anxieuse attente, l'annonce du fatal dénouement. Une sorte de lettre de faire-part était ainsi conçue :

« Le contre-amiral Lespès, commandant en sous*

MORT DE L^AtflRAL COURBET. 341

« ordre Fescadre de rExtrême-Orient et les corps « d'occupation de Formose et des Fescadores, a la « profonde douleur de leur faire part de la perte qu'ils « viennent de faire dans la personne de leur glorieux « commandant en chef, le vice-amiral Courbet. « La France entière s'associe à notre deuil. » Le 12» à 8 heures du matin, les vergues étaient misés en pantenne, les couleurs et marques distinctives en berne et le Boyard tirait un coup de canon qu'il devait renouveler d'heure en heure jusqu'au coucher du soleil. Puis les équipages assemblés sur le pont entendaient la lecture de l'ordre du jour suivant :

Officiers, officiers mariniers, sous -officiers, marins et soldat» de Tescadre de l'Extrême-Orient et da corps expéditionnaire de Formose,

Nous venons de faire la perte la pins cruelle ; notre illustre et glorieux commandant en chef n'est plus, emporté à notre affection et à notre admiration par une maladie que les fatigues de la campagne ont rendue foudroyante. Nos frères d'armes du Tonkin, où son nom brillait naguère, notre patrie entière, dont il fut un des plus nobles enfants, s'associeront à notre immense deuil. Pour ceux qui l'ont connu et apprécié, son souvenir restera comme le modèle de toutes les vertus militaires.

Je prends par intérim le commandement en chef de l'escadre de l'Extrême-Orient et du corps expéditionnaire de Formose. C'est un héritage bien lourd que me valent mon ancienneté et mon grade. Maïs je sais que je puis compter sur votre discipline parfaite, votre dévouement au

iHC^fc.

342 l'escadre de l'amiral cocrbet.

pays, sur votre valeur militaire dont vous avez donné tant de preuves, et que vous me rendrez ainsi plus légère la tâche que j'ai à remplir.

De votre côté, vous trouverez en moi un chef entièrement dévoué; je ne suis pas un nouveau venu parmi vous; vous me connaissez, soyez sûr que je mettrai tous mes efforts à faire valoir auprès du pays les titres que vous ont acquis vos services. Je tâcherai aussi de remplacer pour vous, autant qu'il me sera possible, votre chef vénéré le vice-amiral Courbet.

Contre -amiral Lespès.

A 9 heures et demie, un service privé était célébré sur le Bayard, Le lendemain 13, avait lieu la cérémonie funèbre. Dès 7 heures et demie, des détachements de marins et de troupes se réunissaient sur le pont du Bayard ; les compagnies de débarquement des navires et les troupes restées à terre avaient pris les armes. A 8 heures, le service religieux commençait et était suivi d'un défilé devant les restes du commandant en chef. Après ce défilé, Tamiral Lespès prononçait la belle allocution dont voici les termes :

Messieurs,

C'est avec le sentiment de la plus vive douleur et Témotion la plus profonde que je m'approche de ce cercueil pour dire au nom de Tescadre de l'Extrême-Orient et du corps expéditionnaire de Formose le suprême adieu à notre glorieux et bien regretté commandant en chef. Ai-je besoin de vous parler de l'amiral Courbet? Comme moi^ vous le con-

niiffiâpy fins: aornims: j&oL tuik I'igi|iFétâic2 fS tois rjÔBoes

montrée u .^khc jioit.

ses devYnzs. fnmajicâiignu- ^ a&*dii«&x. H ssînii ji2sqii''juax plus kiUDlAkf STtsi- le nifiTTH- intérêt lôenviâllaiit €< ÏL savait unir la |»li» xià^'t jirtr7ngt3ipfc. T-bspiît le plus oweit et le pins eslxsDé ns phs jzLkie§ giutn^és de eazaelère.

Je poiiESS Tc*i2^ àéudBer »e§ br-maiits senriees dont les deniîères et pcirîeiu«» étiLj*e£ pv^ruaiî des noms désonuais histoiiqnes r Thaaa^AjL, Soc-Taj, lirifèze Min. Keluiif et Makonç. Je me <:<:>iLTent€3^ de les lésmner d^iin mot en dîs&nt qne sa \ie f^k^ère a été nmqnement consacrée à son pays. Le patziotisme le pins éleré a tonjours inspiré du même souffle ardent son âme grande et généreuse, lui tra* çant la Toie qn'fl a suivie jusqu'au bout en faisant sienne la belle devise du vaisseau sur lequel flottait son pavillon.

Mais déjà sa santé affaiblie sons toutes les latitudes ne répondait plus à ce qu'il réclamait d'elle, à ce qu'il lui imposait chaque jour et c'est par un coup soudain et impréva qu'il a été enlevé à notre affection et à notre admiration, an moment où il allait pouvoir goûter un repos si noblement gagné.

A côté du chef vénéré et respecté, laissez-moi vous dire, Messieurs , qu'il y avait pour moi comme pour beaucoup d'entre vous, pour tous sans doute, un ami sûr et dévoué, toujours aimable et bienveillant. Nos regrets n'en sont que plus amers. Ils seraient sans consolation, s'il ne nous rostait un grand exemple à suivre, celui d'une existence bien remplie.

Adieu, mon cher amiral I Adieu Courbet I Ton nom sera baillant dans l'histoire de ton pays ; il restera aimé &t honoré dans nos cœurs.

344 l'esc^dbe de l'avioal cousbet.

Le cercueil fat aJon mis en chapelle, pendant que le Boyard disait une salve de 19 coups de canon et qne les bâtiments et la terre ezécntaient tntis décbarges de moasqneterie. Ad dernier coup de canon, les vergaes furent croisées, les cooleois rehisBéea et le paTÎlion de TÎce-amiral amené.

Dans des pages émaes , an des officiers de U Triomphant'-, M. Jalien Viaud (Pierre ljotï<, a fiût le récit de cette triste joamée da II jain. Il a rends avec une vérité poignante, rimpreaeion dn vide qne cette mort causait an miliea de l'escadre. Il a snrtoat donné l'exacte sensation du prestige et de l'ascendant qne l'amiral exerçait antoor de loi : ■ Il

• avait sa manière à lai , impériense et brève, de

■ donner ses ordres. — Voos m'avez compris, mon c ami ? Allez ! avec cela nn salât, une poignée de

■ main et on allait — on allait n'importe où ; on al-

■ lait avec confiance, parce <}ne le plan était de loi. > Puia, insistant snr le sentiment de confiance at>8olae que la supériorité de l'amiral insp irait àtoas,iIaajoDté: « Dans les tenres d'anxiété (et elles revenaient son-

■ veni), an milieu des engagements qui semblaient < douteux, dès qu'on le vovait paraître, loi, ou seoie-

■ ment son pavillon dans le lointain, on disait: Ah ! le

■ voilà, c'est tout ce qu'il faut; ça finira bien pnisqn'il c arrive! En effet, cela finissait bien, toujours; cela

• Hoissailde la manière précisequelui tout sea), très « caché dans ses projets, avait arrangée et prévae. »

xofiT DE l/ahibal cocrbet. 345

La iiM»t de ce cKef était faite pour répandre dana toute Feacadre les plus ^ifa sentiments de r^ret et de tristesse. Tona eea officiera qaî TaTaient m a Yœuvre, qui avaient en Thonnenr et le bonheur de servir sous ses ordres, meanraient Tétendne de la perte que faisaient â la fois la marine et la France. CTest qu'ils comptaient sur lui^ non plus pour cette guerre de CLine déjà terminée^ mais pour TaTenir, pour quelque nourelle lutte plus grande, plus nécessaire,

plus désirée Cette mort soudaine ne créait pas

seulement un Tide présent. Elle arrachait une espérance.

XYI

LE TSJàlTÉ DE PAIX. tTACVATlOV DE FOBMOSE ET DES PESCADORE9. DISSOLCTiaar DE l'ESCADBE

Les dispoeitîoiia du protocole du 4 arril furent exécutées, de la part de la Chine, avec un sincère désir d'arriver à une solution satisfaisante du conflit. Les mandarins, les chefs militaires montrèrent partout, pendant la durée de l'armistice, une parfaite correction d'attitude. Le Gouvernement français, de son côté, observa scrupuleusement les clauses de l'arrangement préliminaire; il chargea M. Patenôtre de se rendre à Tien-Sin et de s'y mettre en rapport avec Li-Hung-Chang et les deux membres du Tsong-Ii-Yamen désignés pour l'assister.

Le 9 juin, fut signé entre les plénipotentiaires français et chinois le traité définitif de paix^ de corn" merce et d^ amitié dont l'article 9 était ainsi conçu :

Dès que le présent décret aura été signé, les forces françaises recevront Tordre de se retirer de Kelung et de cesser

amtmm^mi > 1 1 .JSMBHmm

348 l'escadbe de l'amiral courbet.

la visite, etc., en hante mer. D&ns le délai d'un mois après la signature du présent traité, l'île de Formose et les Pescadores seront entièrement évacuées par les troupes françaises.

La nouvelle officielle de la paix fut apportée à Makung, le 13 juin, par le Roland, quarante-huit heures après la mort de l'amiral Courbet, le jour même où son pavillon était amené du mât de misaine du Bayard. On remarqua tristement ce jour-là que le vœu de Tamiral était accompli : ainsi qu'il en avait toujours témoigné Tinébranlable volonté, il avait commandé son escadre jusqu'à la conclusion de la paix !

La tâche qui incombait dès lors à l'amiral Lespès, appelé à lui succéder, était particulièrement ingrate. Prenant possession du commandement au lendemain de la signature du traité, il navait plus en perspective devant lui ni opérations, ni événements militaires. Il ne lui restait dorénavant qu'à présider aux évacuations consenties, œuvre difficile qui devait cire faite de prudence, de méthode et de tact. Aucune de ces qualités ne manquait au nouveau commandant en chef. Il se tira à son grand honneur do la mission que les événements lui avaient réservée et se montra le digne successeur du vaillant amiral que la mort venait de ravir.

L'abandon des gages conquis par nous ayant été, comme on Ta vu, pressenti bien avant la signature

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