‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 5 sur 40 · Dans le fort du Nord, on a trouvé près de 500 morts · texte numérisé non relu

Dans le fort du Nord, on a trouvé près de 500 morts

répondirent sans tarder. C'est alors que le Bayard reçut un boulet rond qui blessa un hpmme dans la batterie et quelques autres projectiles qui ne firent aucun mal. Cette fois, les canons des forts étaient mieux pointés, les boulets passaient même au-dessus du but.

Le 20, au petit jour, le feu recommença. L'amiral Courbet avait jugé le débarquement possible, et il importait de déblayer la plage et ses environs à coups d'obus. Les troupes devant débarquer étaient au nombre de 1,050 hommes, comprenant les 600 hom- ' mes d'infanterie de marine, la batterie d'artillerie de marine, la compagnie de tirailleurs annamites, les compagnies de débarquement du Bayard^ de VAtalante et du Château-Renaud^ plus, la batterie des canons de 65% (en tout 15 canons) et les 100 coolies. A 5 h. 45 m., toutes ces troupes embarquées dans les canots poussaient des navires, tandis que la musique du Bayard faisait retentir l'air des accents de la Marseillaise. Il y avait encore un peu de levée à la plage, et pour débarquer les hommes durent se mettre dans l'eau jusqu'à la ceinture, au risque de mouiller leurs munitions et leurs armes. A 6 h. 10, sous la protection du Lynx et de la Fïpère, qui, rapprochés de la terre, couvraient )a plage de leurs obus, soldats et marins se lançaient à l'attaque, sous les ordres de M. le capitaine de vaisseau Parrayon, du Bayard. « Tout le monde

AMIR» COURBET. 2

« était arrivé au complet sur le sable, Aalgré les « balles et la pluie de bombettes que des gens invi- « sibles, cachés derrière les dunes, lançaient d'en « haut. Vite, on avait commencé à monter et à « courir en gardant un silence de mort. Et puis, « tout à coup, dans une ligne de tranchées, merveil- « leusement établie, qui semblait entourer toute la « presqu'île, on avait trouvé des gens qui guettaient, « tapis comme des rats, sournois dans leurs trous « de sable. On les avait presque tous tués là, sur « place, au milieu de leur effarement, à coups de « baïonnette * ».

Nos soldats n^avaient pas à redouter seulement des embuscades; l'artillerie des forts tirait aussi sur eux pour les repousser, mais en vain. M. le lieutenant de vaisseau Poidloue, à la tête des marins de ïAtaîayite, enlève le fort du Nord et se livre à la poursuite de l'ennemi. Vers le sud, le commandant Parrayon se couvrant d'un détachement d'infanterie, mai^he à Tassant du fort principal. Les canons de 65, commandés par M. Amelot, du Bat/ard, en commencent Tattaque.

Pendant ce temps, les dernières troupes sont mises ù terre. A huit heures, elles rejoignent les soldats et les marins aux abords du fort. Rien ne peut arrêter leur élan ; en vain, les Annamites se défendent avec

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