‹ L'escalade: trois récitsChapitre 5 sur 16 · AVANT J/ESCALADE · texte numérisé non relu

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lACle donné â Prague le S6 février 1367, reconnut que sa bonne foi avait été surprise par le comte de Savoie el qu'il ne voulait toucher à aucun des droits de révoque. Cependant Amédée VI ne se démit de la juridiclîon temporelle qu'en 1371 ; pour obtenir ce résultat, le pape Grégoire XI dut i'excommunier et mettre Tinterdit sur la ville. Pour la seconde fois rindépendance de Genève était sauvée.

L'ambition des comtes de Savoie reçut une impulsion nouvelle à la lin du XIV'' siècle, La maison de Genevois s'éteignit el Amédée VIIl acbeta le comlé pour la somme de 45,000 francs d'or (U01). Comme son père, il s'était fait octroyer le vicariat de Terapire peu auparavant. L'évÊque Guillaume de Lornay, soucieux de ses droilSj avait obtenu de l'empereur Vencedm une bulle en faveur de rindépendance de Genève. Toutefois la situation devenait grave pour la ville désormais comme enclavée dans les terres de Savoie. Le comte le savait, aussi profita-t-il de son avantage pour extorquer aux Genevois de fortes sommes que ceux-ci n'osaient lui refuser. En U16, lors du passage de Tempereur Siffùmond à Cliarabéry. la Savoie fut érigée en duché. Amédée VIII crut le moment favoi-able pour demander au pape la permission d'acbeter de Tévé*

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que la souveraineté de Genève. Jean de la RochetaiUée ne se laissa pas dépouiller, bien que le duc lui offrît une forte somme s'il acceptait. Il convoqua le Conseil général et dit aux citoyens de protester, ce qu'ils iîrent de concert avec les chanoines de la cathédrale. La troisième tentative d'usurpation de pouvoir ne réussit donc pas -mieux que les précédentes. Le pape Martin V confirma les libertés et privilèges de Genève (1424),

Amédée VIII de Savoie a eu la carrière la plus extraordinaire qu'on puisse concevoir. Il passa successivement par quatre états différents. Il était né comte, il devint duc, puis, comme la chrétienté était divisée au sujet de la papauté^ il ambitionna de ceindre la tiare pontificale. Pour arriver à ses fins, il se démit de sa couronne en i 434, et se retira avec quelques chevaliers dans un ermitage qu1l avait fait construire à Ripaille près de Thonon. Cinq ans plus tard ses intrigues et surtout son argent ramenèrent au but désiré ; il fut élu pape, sous le nom de Félis V. par le concile de Baie, Déposé en U49, il prit rang de cardinal. Ayant beaucoup dépensé en vue de son élection^ il se réserva le revenu d'un certain nombre d'évéchés, entre autre de celui de Genève qu'il administra jusqu'à sa mort. Soit que ses projets grandioses l'eussent détourné du but poursuivi depuis plusieurs générations par sa famille, soit qu'il crut désormais tenir le sort de Genève dans sa mnin. il n'entreprit rien contre son

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indépenilance dans la seconde partie de sa carrière, A partir de ce moment jusqu'à la Réformât ion, le siège épiscopal de Genève fat toujours occupé par des membres de ta maison de Savoie ou par leurs créatures .

A Félix V succédèrent comme évoques deux de ses petits-fils, Pim^e d'abord^ à l'âge de huit ans* r/admifiistrateur de révêchétentaà plusieurs reprises de livrer la souveraineté de Genève au duc Louù, Ce dernier, giiand il voulait venir séjourner en ville, devait officiellement en demander la permission à révéque. son fils, qui était un petit garçon. Les citoyens, pour défendre la ville et veiller à sa sûreté, créèrent le Conseil des Cinquante (1457) qui dans la suite devint celui des Deux-Cents. Cela n'empôclia pas le duc Louis de poursuivre ses projets. Pour forcer les citoyens à se soumettre, il intercepta un beau jour les vivres que les campagnards venaient apporter en ville. Il fallut lui donner ÏOOO êcus pour qu'il révoquât cet arrêt. Les demandes d'argent étaient renouvelées parle duc a chaque instant- Louis était faible de caractère; il vivait en mauvaise intelligence avec ses enfants, c'est ce qui sauvegarda la ville* Pour échappei' aux violences de Philippe de Brfis^e, son fils, le duc de Savoie quitta Thonon où sa vie était en danger, et

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demanda aux syndics de Genève la permission de s'établir au couvent des Cordeliers. à Rive. Son fils vint Vy menacer. Furieux de ce qu'on Tavait laissé pénétrer dans la place, le duc s'en alla et persuada à Lotiis A7, roi de France, de transférer ailleurs les foires Qui jusque là avaient eu lieu à Genève. Désormais on les tint à Lyon. Ce transfert porta un coup sensible au commerce genevois. En reconnaissant le duc pour leur souverain, les citoyens auraient pu recouvrer ce privilège et s'enrichir; ils préférèrent la liberté (H6S). Leduc Louis de Savoie et sa femme Anne ik Ckifpre, furent inhumés au couvent des Cordeliers. revêtus de l'habit de Saint- François, dans une chapelle qu'ils avaient fait construire à cet effet.

A révoque Pierre, gui mourut en bas-âge, succéda son frère Jean-Louis de Savoie. Ce prélat sut bien défendre sa principauté contre ses proches, mais tourmenta ses sujets par les prétentions les plus exhorbilantes. Son frère, le comte de Romont, ayant pris le parti de Charles4e Téméraire, il voulut forcer les Genevois à lui fournir un contingent de 2000 hommes. On parvint à grand peine à en équiper et entretenir six cents. Cette condescendance forcée faillit coûter cher. Les Bernois furieux enva-

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hirent VElat de Vaud, saccagèrent tout jusqu'à Nyon< Pour raclieler fJenéve du pillage^ il fallut payer une rançoa de 28000 écus, qui représentait la huitième partie de la fortune totale des habitanls ^U76),

La fln du quinzième siècte fut triste de toutes manières pour ies Genevois- La succeî^sion del'évêque Jean-Louis provoqua une petite guerre entre ses corapéli Leurs. François de Savoie, que le peuple désirait, eut le siège. Il sut protéger la ville contre les tentatives d'usurpation du duc; mais, pour prix de ses services, il se fit remettre à tout moment des sommes considérables, bien qu'il sut la ville réduite a une extrême misère. Amis ou ennemis, ceux de la maison de Savoie ont toujours occasionné beaucoup de dépenses à nos anci?tres.

Pnis malgré une disette récente, il fallut recevoir magnifiquement le duc Charles /«^ qui eut la fantaisie, en U84; de montrer la ville à sa jeune épouse, sans doute avec l'arrière- pensée qu'elle serait un jour leur résidence. Malgré leur misère, les Genevois firent bonne raine à mauviiis jeu-

Ils ne reculèrent pas non plus devant les lourds sacrifices pécuniaires que leur occasionnèrent les fréquents séjours du duc Ph\UberL Ce prince était sous Tinfluence pernicieuse d'un demi-frère, René, ennemi déclaré de Genève. Celui-ci. alors que sous divers prétextes il saignait à blanc la bourse des citoyens, leur faisait chaque fois entrevoir tous les

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avantages dont ils jouiraient en se soumettant au duc. Par ces exactions répéléesj il aurait presque détruit l'indépendance de Genève sans Théroïsme de ses habitants (1498)» Honneur à ces hommes qui préférèrent la pauvreté k la servitude!

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