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entrer 600 arquebusiers arrivés Jans h nuit à Jargonnaut. Le dénoncialeyr s'était engagé à tuer le soldai qui gardait la coulisse. Ce projet était fort bien imaginé. Mais du côté des Savoyards on voulut avoir un gage de fidélité et l'on avait demandé à l'individu en question un de ses enfants. Il refusa et courut avertir les Syndics.
Ces divers corapIolS: répétés à si court intervalle,
montrèrent aux Genevois les intentions belliqueuses du duc. Profitant des troubles occasionnés par la Ligue en France, Charles Emmanuel s'empara en 4 S89dumarquisat de Saluces. Aussitôt le Conseil s'enlendit avec Henri III et les Bernois pour lui déclarer la guerre. Avec Nwoim de Harlay Sancij. ambassadeur dti Roi. les syndics firent un accord aux termes duquel en cas de succès la possession du Chablaisetdu pays de Gex leur était assurée, puis dans un second traité conclu avec le même ambassadeur quelque temps après, il fut convenu que les Genevois recevraient en propriété les baillages de Temîer. Gaillard et plusieurs autres districts qui Luiraient beaucoup augmenté le territoire genevois. En retour des sommes avancées pour cette guerre, la ville devait avoir le Faucigny en gage, jusqu*â extinction complète de la dette.
Michel ROSET, Premier syndtc (1534-1613)
Auteur des : « Chroniques de Genève ». Ce citoyen fut quatorze fois syndict la dernière à 78 ans. Il rendit d'immenses ser- Yices à sa patrie comme négociatetii'; peadaiit nu defllJ-^iëcle, chaque fois que la République eut. quelque affaire dêlu^ilé b traiter ce fut sur M. Rotsel que le choix du Cousdl ae porta. Il remplît cent trente miSBiùnîi, négocia la combour^feoiiTtie ave<i Berne en 1557, ©t celle avec Zurich et Bern*^ en 15i^4. \o'\é deiii extraits du Registre du Conseil. Us disent plusqu'uu groslipre:
1557, 4 féTrier ' tOï% g ratifie de duc écu-i U secrtitairr M. Eosfft^ qui est malade pour îa âeiunème fois^potu* avoir trapaiilé atfÉû tr^p d'aaMduitéet de contention dit^ affatrm publiques » ,
1582. 21 et 24 dép. : « Refusé d nobU M. Roset d^ U dit^ penser d^une députatiûn quoique hoa ennemh Vait^ni meitaf*é de le faire mourir cruellement et qu'il ait iU averti que 3éL eie serait en danger à Baden i*
Dé8ig;né en 1601 pour faire partie avec* J. Lect et J. Savion de la députatioQ qui devait se rendre, auprès de Charles Emmanuel h Turin, il se r^ctiaa pour ne pan faire tort mis affaires de la République. Le duc de Savoie qui avait vainemeot cherché à Tacheter au mojeo d'une somme considérable, était fort fàch<* contre Roset, il savait que tant que ce citojen vivrait tous ses eSorts pour s'emparar diplomatiquement de Genève seraient vains. De là le plan d'une Escalade. Voir page 48.
L'EscAi^DK, par H^Donldiiser, A. âaîlkt,€h. &fitli ; Eggimann^ id^ WQi
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Les Genevois firent d'énormes sacrifices pour se procurer des provisions et des troupes. Guitri, un gentilhomme français, devint commandant de la petite armée genevoise forte de 3000 hommes seulement. Un conseil de guerre de sept membres fut adjoint aux conseils établis. Le 2 avril 1589, mille fantassins et deux cents cavaliers partirent dans la direction du Faucigny, ils s'emparèrent sans peine de Monthoux, de Bonne et St-Jeoire, détruisirent les ponts d'Etrembières et de Buringe sur TArve. A la place d'un hameau situé près du Pont d'Arve on construisit un fort destiné à prévenir une surprise du Savoyard de ce côté. Le 8 avril les troupes genevoises s'emparent de la ville et du château de Gex, mais elles échouent devant le Fort-de-l'Ecluse. Des troupes bernoises et françaises viennent se joindre à elles; le 11 août nouvelle tentative infructueuse au Fort-de-l'Ecluse. Guitri dirige alors ses troupes vers Thonon qu'il occupe, Ripaille et sa garnison de 500 hommes se rendirent après un siège de quelques jours, un gouverneur pour tout le Chablais fut installé à Thonon.
De fâcheuses nouvelles parvinrent à Genève sur ces entrefaites. On apprit qu'en France Henri III avait de la peine à se défendre contre la Ligue. Aussitôt Sancy et Guitri partirent rejoindre le roi emmenant avec eux leurs troupes. Il fallut renoncer à de nouvelles conquêtes et se mettre sur la défensive. Le syndic Ami Varro prit la place laissée va-
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canle par le départ de Gui tri. Il ne put empêcher les Savoyards de reprendre le baillage de Ternier et de construire le Fort de Sie-Catherine à peu de distance rte Genève. Au môme moment les Bernois à la suite d'une trêve conclue avec Charles Emmanuel abandonnèrent le Cliablais et le Faucigny et ne gardèrent que le pays de Gex et celui de Vaud. La lutte devenait épique, les Genevois désormais devaient lutter seuls conlre leur puissant ennemi. Le duc met le siège devant Bonne qui capitule le 231 août après avoir essuyé deux cents coups de canon* La garnison de 373 hommes ayant à sa tête le conseiller Aubej^l fut massacrée au mépris de la parole qu'on leur avait donnée qu*ils se retireraient avec les honneurs de la guerre. Le ministre Guillaume Maùjne dit de Mam partagea le sort de la garnison. Cet acte de cruauté donne une idée du sort qu'auraient eu les magistrats et les pasteurs de Genève si TEscalade de I60â avait réussi.
On peut aisément se représenter la consternation provoquée par cette nouvelle. Cependant le Conseil ne perdit pas courage. Henri IV récemment parvenu \m trône de France leur témoigna en celte occurence beaucoup de sympathie et leur envoya le sieur de ïjirlngny qui reçut le commandement des troupes en remplacement de Varro. Cette collaboration d'un homme de guerre expérimenté n'était pas superflue* Le 12 septembre le duc envahit le pays de Gex; il aurait voulu pousser sa marche sur le
pays de Vaadj mais, les troupes espagnoles à son service avaient ordre de ne pas sortir des Etals de Savoie. Il se vît donc obligé de s'arrêter et il se contenta de construire à Versoix un fort afin de couper left communications avec Genève par le ïac. Berne dans ces circonstances critiques abandonna pnur la seconde fois son alliée, elle conclut à Nyon une trêve avec le duc. La ruine de Genève semblait imminente, Charles Emmanuel renouvela ses propositions bien connues, le peuple les repoussa avec indignation et décida la guerre à outrance.
Le duc de Savoie ne perdait pas de vue les événements de France, Henri III venait de mourir; la guerre qui divisait ce pays lui fa entrevoir la possibilité de s'emparer du Dauphinéet de la Provence. Sans perdre du temps à réfléchir îl repassa les ràonls avec son armée que tes maladies contagieuses avaient fortement diminuée. Son traité avec Berne et les deux forts de Versoix et de Ste-Catherine au nord et au sud de Genève, où il laissa forte garnison lui semblèrent suffisants pour terminer rœtivre commencée contre notre ville. Ce répit fut le bienvenu pour les Genevois, ils eurent le temps de se reprendre. On apprit bientôt que les projets de conquête de Charles Emmanuel n'avaient guère
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de succès. AassiLôl les préparalifs de guerre sont poussés avec vigueur, A la mi-octobre Genève reprend rofîensivej dans la nuit du 7 au S noyerabre Versoix est pris, au bout de deux jours la garnison de 300 liommes se rend, le fort lui-même est rasé, les canons condtiits à Genève y vont grossir l'arlillerie, les fortifications du bourg et la plupart des maisons sont détruites.
La désinvolture avec laquelle la seigneurie de Berne avait abandonné Genève fut vivement blâmée par le Grand Conseil et le peuple bernois* Forcée par Topinion publique elle dut offrir au duc une nouvelle trêve où Genève fut comprise. En mt^me temps le roi de France écrivait au Conseil de Genève pour lui promettre du seconrsj ces marques de sympathie venant de divers côtés et la joie du succès remporté relevèrent le courage des citoyens. Les troupes genevoises reprirent leurs courses avec des succès variés, le 12 janvier 1590, le château de la Bâtie à une demi-heure de Versoix est pris, puis c'est le tour de Gex, dont le fort capitule. On y plaça le conseiller Jean Hilliet qui fut gouverneur de tout le baillage. Le Conseil de guerre décida la démolition de tous les chûleaux qui seraient pris, mesure habile, mais grâce à laquelle nous ne trouvons plus autour de notre ville ces antiques manoirs seigneuriaux qui font le cliarme de nos cantons stiisses. Cette décision eut encore d'autres suites, plus regrettables celles-là. Les sol-
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dats engagés pour la guerre ue surent pas toujours garder la mesure, des scènes de pillage et de désordre eurent lieu, st bien que Théodore de Béze, navré de voir ces Lroupes, avides avant tout de butin, donner aux habitants de la ville un exemple si déplorable se mit à tonner en chaire contre ces excès; il alla jusqu'à dire qu'on avait fait de Genève « une caverne de brigands ^. Comme circonstance allé- Huante on peut rappeler que les troupes ducales ne se contentaient pas de pilier, mais qu'elles se livraient partout où elles passaient à des atrocités sans nom.
Le 30 mars les Genevois piirent le château de Monthoux; en avril on put enfin se rendre maître du Fort-de-l'Ecluse, mais Lurbigny ne put s*y maintenir longtemps. Amédù: de Savoie vint bientôt Ten déloger. Le pays de Gex à son tour fut repris par l'ennemi qui le saccagea. Les troupes genevoises eurent leur revanche à Farges où Vennerai laissa cent-quarante liommes sur lecarreaujtandisqu*elles n'avaient qu'un seul morl à enregistrer. Malheureusement dans ce combat Lurhignj fit une cbùLe de chevaL il dut garder le lit pendant plusieurs semaines. Privées de la direction d'un homme aussi expert, les troupes subirent un premier échec dans