‹ L'escarmoucheChapitre 19 sur 83 · UC H OS · texte numérisé non relu

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ruinant) de Lesseps, né à Yer-

.. 19 novembre 1805, vient d’entrer

■fijj w|w dans sa quatre-vingt-neuvième année. Les |p nlB' quotidiens nous mettent au courant de cet ,-dl s événement intéressant; ils nous apprennent, 1 .4-&ÜS2 même, que l'inauguration du Canal de Suez

eut lieu un 19 novembre, ainsi, du reste, que l'élévation de M. de Lesseps à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’Honneur. C'est donc in triple anniversaire, nous disent-ils, qui réunissait dimanche, à l’hôtel de l'avenue Montaigne, en une fête intime et discrète, les membres de la famille de Lesseps.

Us oublient de nous le dire — mais nous l'apprenons de source certaine — on se contenta de jouer à pigeonvoie, et le piano — car on fit un peu de musique — fut tenu par les gendarmes.

Ün connaît la mésaventure survenue à Mlle Suzanne Ta'rrit, femme de chambre en service auprès de Mlle Liane de Pougy. Cette Liane, dont le métier consiste à s'enrouler autour de l’existence des gens qui ne savent que faire de leur temps, voyait depuis plusieurs mois à ses pieds — tu n'iras pas plus loin! — un monsieur de Mac-Mahon, parent d'un militaire qui décéda. Ce Monsieur parti, l’escarcelle vide, Mlle de Pougy crut bon de lui faire réclamer, pour frais divers, par l'intermédiaire de la camériste, une somme de 15.000 francs. Le tribunal vient de débouter Mlle Tarrit de ses prétentions exagérées.

Nous ne voulons pas moraliser là-dessus. Que ces Messieurs de la Haute, comme on dit, se ruinent pour des tilles, c'est leur affaire. Nous ne. croyons point, du reste, au rôle providentiel de la cocotte, considérée comme agent actif de restitutions nécessaires. Nous nous étonnons, seulement, qu’on puisse sacrifier tant de choses à ccs demoiselles. Mlle Liane de pougy, par exemple — nous nous refusons à généraliser — est disgracieuse, certainement — et plutôt laide.

Une paire de critiques.

M. Jules Lemaître, d'abord.

L’autre jour, à la Renaissance, le vaillant champion du goût qui tomba Georges Ohnet — auteur, quand même, de Serge Panine — avec la bravoure que l'on sait, a fait une conférence.

11 v fut question, à propos de Phèdre, de toutes sortes de choses. Des fonds de bibliothèques furent vidés devant la rampe ; des compilations laborieuses, épinglées de paradoxes en liquidation, étonnèrent le verre d’eau sucrée.

La Compagnie Internationale des Wagons-Lits, vient de construire une voiture de luxe qu'elle se propose de présenter à M. Carnot, auquel elle doit servir, lors de ses voyages présidentiels.

Le Temps nous fait, de ce wagon, une description trop détaillée — et quelque peu narquoise. — Il n’a point la pudeur d'omettre un fauteuil « à manchettes », recouvert en maroquin capitonné, et qui dissimule habilement un 1 valer-closel. L'ironie n’est pas des plus fines La constipation opiniâtre, aussi connue que déplorable, dont souffre notre cher président, ne nous semble guère offrir matières à plaisanterie.

Le Temps, d'ailleurs, va plus loin. «La voiture, dit-il. est munie d’un frein automatique et modèrable. » Quelle grossièreté dans l’allusion ! Ne dirait-on pas que le wagon est sans cesse habité? « Elle possède également une conduite de chauffage à vapeur, nécessaire pour être admise par les chemins de 1er allemands et italiens. » ....

Yovez-vous d'ici M. Carnot se rendant a Rome ou allant faire une visite à Berlin — glissant, entre les manchettes de son fauteuil, sur les rails de la Triplice?.. ...

Il fut une époque où les gens sérieux pouvaient lire le Temps !...

Jour la représentation d'Antigone, au 1-rançais, M cqueric a expressément tenu à ce qu'on ressuscitât le àtre d'Athènes avec tous ses accessoires et ses doutions d’ensemble. Cette obstination a lailli causer, lour de la répétition générale, un grave accident, y la fin du deuxième acte, la charmante Mlle Bartet enlevée dans l'espace sur le cadre d’une machine i surgit tout à coup du sol.

~)n put, heureusement, dégager à temps la trage- ;nne, qui en fut quitte pour une légère traceur, s'empeche que l’entêtement deM. Yacquerie eut pu oir de déplorables conséquences. Il ne semble point, aut bien le dire, des plus raisonnables et n est pas is nous surprendre M. Yacquerie, en ellet, se montra j tôt partisan, jusqu’aujourd’hui, de 1 application toriièe des procédés les plus nouveaux.

Fst-il nécessaire, par exemple, de parler du tourni et — du fameux tourniquet — qui toncüonna si longnps devant la maison de Yictor Hugo, après la mort poète ?

Mot de la lin [extrait des grands quotidiens).

On parlait de Jaurès, le premier interpellateur de la session.

— Ce Jaurès, dit quelqu’un, a disparu pendant très longtemps, mais il a fini par se faire élire dans le

'^jqieux vaut Tarn que Jamais, répondit l’immortel Boireau — puisqu’il est mort. .

Malgré son cvnisme, cette réplique eut le plus grand succès dans les salons de la belle Mme G., dont B01u.au est l'enjant gâté.

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vec le concours de hautes personnalitès parmi lesquelles on remarque P'sNgalflj MM. Rouvier et Joseph Reinach.

KZsNvmH ^av'c' Ravnal est arrivé à former un groupe puissant, dit des Progressistes. L’homme des « conventions scélérates » l’étiquette aujourd’hui républicain de gouvernement : « Il faut un gouvernement, déclare-t-il. un gouvernement qui gouverne, un gouvernement qui parle -ferme, un goiiver:vmeV. qui... que... 11 n’v a pas de majorité pour la révision, ni pour la séparation de l’Eglise et de l'Etat, ni pour les autres articles surannés..., etc. »

Voilà ce que proclame M. David Ravnal, progressiste. Et. là-dessus, la presse opportuniste pousse des cris de joie. Le Temps, surtout, exulte. « Nul ne doit être surpris, dit la feuille de, M, Uèbrard — si cher, hélas! aux actionnaires du Panama — si les républicains de gouvernement, les Progressistes, héritiers de la pensée et des traditions des fondateurs de la République, réclament les premières places. »

Non. nul n’en est surpris. On commence à s* y habituer, depuis longtemps... Mais voilà bien longtemps, tout de même!

Quant au groupe de l’Extréme-Gauehe. il s'est réuni sous la présidence de M. Barodel. Il a décidé de se reconstituer sur les mêmes bases qu’autrefois, en conservant intact son ancien programme.

On se demande, vraiment, pourquoi M. Clémenceau n'a point été réélu. Peut-être parce qu'il aurait pu remplacer M. Barodel.

Le nombre des candidats aux emplois de questeurs a été invraisemblable. Nous n’osons le donner. Il est vrai que les titulaires de ces emplois touchent la somme respectable de x8,ooo francs par an; mais il est vrai, aussi, que la mendicité doit avoir des bornes. Le général Jung, par exemple, aurait pu. ce nous semble, contenir ses appétits. Quand on a. comme lui, la faculté de ponctuer de virgules alsaciennes, dans un journal d’informations, les truismes patrioticards jargonnés par des anon unes

Voici, presque in extenso , le discours de M. Casimir-Périer. président de la Chambre :

«Messieurs et chers collègues,

« Si vous me jugez capable de mesurer à l’honneair que vous me faites la reconnaissance que je

vous dois, l'humanité s’avance à la recherche

du mieux matériel et moral. »

Inutile de dire que les applaudissements les plus vils ont salué cette allocution, aussi neuve que brillante.

L’invalidation du vicomte Melchior de Vogué, académicien-russe, est chose certaine. C’est bien fait. Ça lui apprendra à mettre les populations au courant des fautes d'ortnographe ministérielles.

Le Sénat vient de nommer une commission chargée d'examiner le projet de loi sur la protection de la <:anté publique. Les membres de cette commission — parmi lesquels M. Camescasse — se déclarent favorables au projet.

On ne se résout pas plus galamment au suicide.

M. Maurice Faure, membre du groupe radical, est à la recherche de « termes précis ».

Récompense honnête à qui lui en fournira.

Il paraît que les officiers de service au Corps Législatif font des difficultés pour saluer du sabre

les présidents ou vice-présidents qu’ils escortent.

M. Casimir la trouve mauvaise. Son dépit — nous ignorons pourquoi, mais nous l’affirmons — doit sembler tout naturel.

Quant à M. Lockrov, nous le croyons mal venu à se plaindre de ce manque d’égards. Des saints à l’arme blanche auraient, en efVet, quelque chose d'offensant pour un homme habitué à saluer, lui-mème, du fond des corridors les plus sombres, les balles en papier mâché du cocher Moore.

M. Jourdan, à qui l’on demandait s'il était vrai qu’il dût interpeller le gouvernement, laissa Huer quelques lambeaux de phrases:

« Pourquoi interpellerais-je?... Ah ! mon Dieu!.. Est-ce un rôle pour un nouvel arrivant?... Le renversement du ministère? Je n’v tiens pas. J'y compte des amis.. Je ne puis espérer mieux... »

Et il ajouta, en larmovanl :

« Je voudrais me rendre compte, voyez-vous, de ce que peut être l’éloquence parlementaire! »

Lugubre, le tombeur de M. Clémeneeau; macabre, triste comme un bonnet de nuit.

Décidément, ce n’est pas Jourdan Coupe-lète.

C’est Jourdan Serre-tête.

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ZbQouo ôommeâ heureux d’annoncer aux amateuzA que, par .mile d'une entente avec Qioà dcnninaleurn, noua nomme. i en menace DeJ’ leur procurer O leccp (Lithographies ORIGINALES, tirée. J à :CENT EXEMPLAIRES

seulement, âignéen et— numérotées par Varti.de, der c ^ de Anime ■> parus Dans /'(E VSfléPl {IMOU‘C\Hj:. 'Cen lithogzaphien neront-J minen en centejo, aux bureaux du iottpnal, au prix de a fr. 5o et~J expédiéen franco contre 2 Je. yS.

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Des Débats , qui rapportent '|uc l’anarchiste Lèauthicr a chargé Sebastien Faure du soin de sa défense, et que ce dernier cherche déjà à expliquer le crime de son client.

« La place de l'avocat Sebastien Fauve n’est plus au banc de la défense ; elle est à chié de Léauthier, sur les bancs de la Cour d’Assises. »

Les modérés sont toujours gais...

Du Jour :

« Le oèril n'est plus à droite; c*r il n’y a plus de droite. Le péril est au-delà des confins de la gauche : il est, en un mot, dans la Révolution. »

F.st-ce que la Révolution aurait, d’avance, refusé de construire ses barricades futures avec scs pavés en bois ?

L'Intransigeant, avec sa mauvaise ' foi habituelle, prétend que l’honorable M. Dùpuy n’assista point au Dîner de ta soupe aux rlioux , simplement pour éviter un affront queiui préparaient les habitants de l'Auvergne présents à Paris. Ce journal sans pudeur profite, môme de l'occasion, pour traiter îc président du Conseil d'hippopotame et pour déclarer qu'il est couard comme un lapin.

Nous n'aimons pas beaucoup, pour notre compte, ces comparaisons animales — toujours peu flatteuses pour l'une des parties. — Et nous tenons à rétablir la vérité.

M. Dupuy, admirablement renseigné, savait qu'une distribution de médailles devait avoir lieu à la lin du dîner. S'il eût assisté au repas, il eût été- contraint d’accepter la sienne. Et la presse intransigeante n'aurait pas manqué, le lendemain, de le traiter de porteur d’eau patenté. Voyez-vous comme c'eût été drôle 1 Un ministre qualifié de porteur d'eau!

M. Dupuy a sagement évité le piège. Que cette soupe aux choux , mangée en son absence, lui soit comptée par tous les vrais républicains.

Dans Paris, M. Ranc, l’ancien « garçon très fort » — présentement « honnête homme » de son état — déplore amèrement que la nouvelle majoriiè, plutôt centre gauche, ne veuille point laisser de place aux personnalités professant des opinions radicales, même mitigées

M. Ranc, on le voit, a des tendances à redevenir, sur ses vieux jours, le « garçon très fort » d'autrefois. I,’« honnête homme » rajeunit en blanchissant. Méfionsnous.

Les Tablettes d<’S Deux -Char entes annoncent que M. Dcllibert des Séguins, député d’Angouléme, se présente aux élections sénatoriales du 7 janvier, pour permettre à M. Paul Déroulède — l'cx-démissionnaire définitif — de reprendre sa place à la Chambre.

On voit que M. Déroulède sait tenir sa parole... en laisse.

De l'Echp de Paris :

« M. Dupuy n'a pas été, dans sa riposte, àM. Jaurès, aussi bien inspiré que l'auraient voulu ses amis. »

Oh! pauvre M. Dupuy! Comme ça sent le sapin, cette phrase-là!

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