‹ L'esclave blancChapitre 119 sur 207 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

rissent de l'herbe grossière qui \ croit. Nous tuions autant de ce bétail que nous en avions besoin, et nous en faisions sécher au soleil la chair découpée en longues tranches. Ainsi conservée, c'est un aliment agréable, et non-seulement nous en gardions toujours une certaine quantité pour notre propre consommation, mais c'était le principal objet d'un trafic continuel, mais prudent, que nous faisions, comme nous l'avons déjà dit, avec les esclaves de plusieurs plantations voisines.

Cette vie sauvage des bois a ses privations et ses souffrances; mais elle a aussi ses charmes et ses plaisirs; et même, à l'envisager sous son plus mauvais aspect, elle est mille fois, dix mille fois, préférable à cette civilisation si mal nommée qui dégrade le noble sauvage, et en fait un plat esclave, un chien couchant; — une civilisation qui achète l'indolence et le luxe d'un seul maître au prix des soupirs et des larmes, du travail forcé et rebutant, de l'avilissement, de la misère et du désespoir d'une centaine de ses semblables! Oui, il y a plus de l'homme dans le cœur hardi d'un seul proscrit que dans un».' nation entière de lâches despotes et d'esclaves rampants!

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