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CHAPITRE M.li

dispensables ; in;ii> empêcher les esclaves d'aller I entendre le dimanche est la punition la plus efficace qu'on puisse leur infliger. C'est une grande preuve du mérite de mon jeune ami, qu'il ail non-seulement éclipse si complètement les méthodistes ambulants et les presbytériens à la mine aigre qui dominaient tous les environs, mais que Tom lui-même, le m i nistre noir, longtemps l'admiration de mes deux plantations, et je puis dire même de tout le pays, ait consenti à descendre à l'humble rang de clerc et de catéchiste.

C'était, à ce que j'appris plus tard, sous l'influence de sa mère que M. Telfair était entré dans les ordres. Poussée à la dévotion par la perte de sa fortune, elle avait habitué de trèsbonne heure son lils à se croire une vocation décidée, et il s'adonnait suis relâche à son ministère, consacrant la plus grande partie de son temps à la paroisse de Saint-Stephen, dont il était recteur.

Une îles plus anciennes églises paroissiales de l'époque où l'fi* glise d'Angleterre était la religion établie dans la Caroline du .Nord, et même dans tous les Etats du Sud, Saint-Stephen, depuis la révolution, était dans un état de grand délabrement. Mais, quoique le toit fût tombé, que les portes et les fenêtres eussent disparu, les solides murs étaient encore debout, et M. Telfair, qui avait choisi ce voisinage pour y remplir ses fonctions de missionnaire, avait fait réparer la vieille église. principalement à ses frais; et. avec une ardeur infatigable, il s'était formé une congrégation, et avait fait revivre le culte conforme aux édifiantes cérémonies de l'Église d'Angleterre.

Comme il convenait au disciple de celui qui s'était .particulièrement adressé au pauvre et au délaissé, la condition morale et religieuse des esclaves avait été dî'^ l'abord la grande préoccupation de M. Telfair. Il avait trouvé dans M. Mason un zélé coopérateur et un actif marguillier; et l'exemple de l'un i't les persuasives ex bor ta tiens de l'autre n'avaient pas été sans une influence marquée sur la conduite <\<'> maîtres et le sort des serviteurs.

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Mais, de quelque amélioration que fût susceptible le système de l'esclavage, il était impossible à M. Telfair, ou à tout autre homme, qui ne manquait ni d'observation, ni d'humanité,

de se résoudre à l'envisager comme un état de choses permanent. Les rapports intimes qu'il avait avec les maîtres et avec les esclaves lui faisaient comprendre la fausse position dans laquelle ils étaient placés; et, faute d'un meilleur remède, il était entré avec beaucoup de chaleur dans le projet de colonisation. Il était lui-même président delà Société de colonisation du comté; ses exhortations personnelles avaient obtenu l'émancipation de plusieurs esclaves favoris dans le but de les envoyer à Libéria; et sa brûlante imagination, ne tenant compte ni du temps ni de l'espace, semblait regarder comme un événement très-prochain le départ de la population noire et de couleur pour l'Afrique, et l'avènement de la civilisation et du cliristianisme dans cette partie du monde. 11 en était si profondément convaincu, et il en parlait avec tant d'enthousiasme, que, quelque illusoires que parussent ses espérances, rien n'était plus agréable que de l'entendre.

Mais, hélas! la conduite récente des abolitionistes du Nord venait de porter un coup funeste à ces espérances, et M. Telfair craignait fort que, grâce à eux, la cause de l'émancipation ne fut retardée de bien des années. Il en avait lui-même éprouve les effets. Il avait établi une école du dimanche où, indépendamment des instructions orales, on enseignait à lire aux esclaves. Un comité de planteurs venait de l'inviter à cesser cet enseignement jusqu'à nouvel ordre, à cause de l'effervescence des esprits.

— Ah! capitaine Moore, médit M. Telfair, c'est un moment peu favorable pour visiter les États du Sud. Vous voyez ce que c'est que d'avoir l'esclavage dans un pays. Cela fait de nous li tus des esclaves. Il n'y a pas en ce moment plus de liberté de la parole et de la presse dans les États du Sud, et même à Boston, à New-York, à Philadelphie et ailleurs, qu'il n'y en a à Rome, à Vienne ou à Varsovie. Je suppose que dans ces villes

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