‹ L'esclave blancChapitre 16 sur 207 · CHAPITRE VIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIÏ

Il serait pénible [tour moi et ennuyeux pour le lecteur de prolonger outre mesure le détail des misérables et monotones douleurs dont ma vie ne fut qu'un tissu à cette époque. Le récit qui précède est un échantillon suffisant des plaisirs dont je jouissais. Ils peuvent être résumés en peu de mots, et cette partie de mon histoire est un sommaire trop réel de l'existence de milliers d'êtres humains en Amérique. J'étais surcharge de travail, mal nourri, amplement fouetté. M. Stuhhs, ■ — il n'\ a ([ue le premier pas qui coûte, — ayant si bien débuté avec moi, ne souffrit plus que je fusse remis d'une correction avant de m'en administrer une nouvelle, et j'ai par devers moi de sa sollicitude des marques que j'emporterai au tombeau; le tout pour mon bien, avait-il la bonté de me dire, en jurant qu'il ne se hisserait point de frapper qu'il n'eût fouellc hors (c'est-à-dire maté) mon inconcevable insolence.

Le présent commença à m'être intolérable, et qu'espérer dé l'avenir? Je désirai la mort, et ne puis savoir à quelles extrémités je me serais porté si l'un de ces changements auxquels tout esclave est passivement exposé ne fût venu m'apporter, dans ma détresse, quelque temporaire allégement.

Par suite de la mort soudaine d'un parent, le colonel Moôre se trouva héritier d'un \;isie domaine dans la Caroline du

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