CHAPITRE \LI\. -2S
tais en mesure «-t en disposition de [n'acquitter de ce service. En la pressant de questions affectueuses sur ses affaires domestiques, j'appris enfin, moins de sa bouche que de celle de la vieille mère, que son mari, bien qu'une assez bonne pâte d'hommes, manquait d'intelligence et d'activité, et que le fardeau de la famille tombait tout entier sur les deux femmes. La grande ambition de la Bile était d'envoyer son fils aine Tom, à l'école.
Il \ avait alors dans le voisinage une pension dite de tra- \ail manuel, fondée par les méthodistes, secte religieuse donl la mère de Tom était une adepte des plus zélées. Cette pension avait pour objet spécial l'éducation des enfants peu riches, qui, moyennant un travail de quelques heures dans le jour, acquiéraient, indépendamment d'une certaine instruction. une profession mécanique, et, en même temps, diminuaient les frais de leur enseignement et de leur entrelien. Le fondateur et le directeur de cette école était un ancien cordonnier qui, s'étant senti une vocation religieuse, avait abandonné son état, et, après bien i\<'> pérégrinations, avait finalement gagné la Caroline du Sud. dont il était devenu l'un des principaux prédicateurs. Il me parut que mon jeune protégé serait bien placé en de telles mains. Le prix de la pension était de cent dollars par an. Je payai une année d'avance, <'t. pour le cas où il serait jugé utile de lui faire passer dans l'établissement une seconde année, je laissai au directeur une traite sur le négociant de Charlestown chez lequel j'avais un crédit ouvert. J'exprimai le désir d'être informé de -•■s progrès et de sa conduite, aiin de faire mieux encore pour lui. parla suite, s'il s'en rendait digne. Je pourvus au trousseau de l'enfant de façon à laisser intactes les petites économies que la pauvre mère avait faites en vue de lui, et je tournai la têt"' de* mon cheval du côté de Gharlestown, résolu à suivre autant que possible la ligue de mes précédents itiné raires dans cette même contrée.
i>88 L'ESCLAVE BLANC.