CHAPITRE XIAIli
— Je ne jurerais pas du contraire, «lit l'autre en riant, ear Gouge et Mac-Grab étaient deux rusés compères, et en matière de commerce ils étaient capables de tout.
Quelle ne fut pas mon émotion à ces dernières paroles! Gouge <'t Mac-Grabl Mac-Grab était le nom «lu marchand d'esclaves qui avait acheté ma femme et mon lils. et qui les avait transportés à Augusta, ainsi que j'en avais été informé par ragent dont j'ai parlé un peu plus haut.
Je m'empressai de demander où et quand mon compagnon de route avait été témoin de cette mise en vente de la petitefille de l'ex-président Jefferson.
— A Augusta enGéorgie, me dit-il, il j a vingt ans en- \ iron.
— Et, dites-moi, je vous prie, quel est ce Mac-Grab? J'ai intérêt à retrouver la trace d'un marchand d'esclaves de ce nom.
Le planteur présumé me dit que ce Mac-Grab, Ecossais de naissance, Carolinien du Sud par l'éducation, avait longtemps fait, avec son associé Gouge, le métier d'approvisionneur <]{}s marchés du Sud, pour la partie des esclaves. Le quartier général de leur tralic était à Augusta. L'un faisait les ach Us dans les Etats du Nord, suivant assidûment les ventes par autorité de justice, et il expédiait ses emplettes à l'autre qui les vendait à Augusta. L'association était rompue depuis nombre d'années; Mac-Grab était mort, mais Gouge vivait • iicore à Augusta, retiré des affaires, et [tassant pour l'un dc^ plus gros richards de l'endroit.
— Je «lois, me dit-il à demi-voix, savoir quelque chose de leurs affaires, car j'ai été, dînant trois ou quatre ans, quand j'étais jeune, leur teneur de livres et commis, et quelque temps leur associé. Je garde une dent au vieux Gouge, et. >i vous avez quelque réclamation à faire valoir contre lui et que je [misse vous être bon à quelque chose, comptez sur moi.