‹ L'esclave blancChapitre 195 sur 207 · CHAPITRE LIV. 5 il · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV. 5 il

l'affaire, — \ souscrire en toute sûreté il«' conscience, surtout ^'il était appelé à consacrer cettea nouvelle union, qui, alors, sérail parfaite aux yeux de Dieu, bien que les lois humaines pussent, peut-être, ne pas la trouver irréprochable.

Mais, en dépit des instances de M. Curtis etde l'avis de son ministre, Cassy continua ;'i me garder sa foi; chaque fois, dit-elle, qu'elle pressait contre elle notre mlant chéri, image •in mari qu'elle regrettait, une voix semblait lui dire au fond du cœur : q Il est vivant; il t'aime : ue l'abandonne pasl »

Cette situation dura un an ou deux; M. Curtis attendait tout du temps et de sa persévérance, lorsqu'une violente attaque de lièvre jaune le mit aux portes du tombeau. Ce fut alors au tour de Cassj de lui (trouver qu'elle n'était point insensible a la délicatesse et à la générosité de son affection pour elle; nuit et jour à son chevet, elle le soigna comme eùi pu faire une femme, unesœur, une mère, et, de l'aveu même des médecins, ce fut à elle que son maître dut de ne point succomber à la dangereuse affection qui l'avait mis près de la mort.

M. Curtis se releva, vieilli de vingt ans, tant au physique qu'au moral; les idées religieuses dont il avait été imbu th'< son jeune âge reprirent le dessus sur son ame loyale et bonne. mais momentanément égarée, et son premier soin, après son rétablissement, fut de signer, sans conditions, un acte en double expédition d'affranchissement tant pour Cassy que pour son lils; il alloua, en outre, (tour tenir sa maison, à Cassy, une rémunération mensuelle. Il affranchit en même temps sa petite fille Eliza, qui demeura confiée aux soins de Cass\ et fut la compagne de jeux de notre iils Montgomerj .

Lorsque les deux enfants furent en âge de recevoir de l'éducation, M. Curtis les envovaà cet effet à la Nouvelle-Angleterre d'abord MontgOmery, et ensuite Eliza, qui, par les soins (l'Agrippa Curtis. le frère de son père, fut placée à Boston dans une fashionable et aristocratique pension.

Montgomery, ayant passé, de son côté, deux on trois ans

dans un collège de la Nouvelle-Angleterre", était ensuite entré dans une maison de commerce de New-York, et dernièrement avait pu, grâce aux munificences de son bienfaiteur, s'établir à son compte et commencer à faire quelques affaires dans le négoce spécial de .New -York avec la Nouvelle-Orléans.

Les gages de GasS) . accumulés avec les intérêts dont M. Curtis lui avait Scrupuleusement tenu compte, avaient lini par s'élever à une somme considérable, du montant de laquelle elle avait acheté une petite maison entourée d'un jardin dans les faubourgs de la ville, et elle bénissait la Providence maternelle qui semblait prendre à tâche de lui prodiguer tous les biens, hors un seul, notre réunion depuis si longtemps désirée, lorsqu'un événement soudain et déplorable vint renverser tout cet échafaudage de bonheur.

On apprit tout à coup que M. Curtis, en se rendant à Boston et en remontant l'Ohio; avait été grièvement blessé par l'explosion (Lune chaudière à vapeur, et peu après on sut qu'il avait succombé. Quand cette triste mort survint, Montgomery venait de commencer ses opérations commerciales à New -York, et Éliza était encore dans sa pension de Boston. Elle y avait toujours passé pour la fille unique du riche M. Curtis, le négociant do hi Nouvelle-Orléans, et d'une créole espagnole, morte peu de temps après son légitime mariage avec M. Curtis. C'était une fable accréditée par M. Grip Curtis pour la produire dans l'aristocratie de Boston, où elle était déjà convoitée par toute la jeunesse distinguée de la ville; mais ces hommages Lavaient trouvée froide, car. dès l'enfance, elle avait engagé son cœur et sa foi à notre tils Montgomen .

Une révolution soudaine tout autour d'elle fut l'immédiate conséquence de la mort de son père, M. James Curtis. dont le frère de ce dernier, l'illustre Grip, venait de rapporter la nouvelle de Pittsburg, où il s'était transporté dès la première annonce de l'accident essuyé par son noble et malheureux frère. Élisa se vit tout à coup traitée en paria et en pestiférée pai1 ses compagnes, et une note de la maîtresse de [tension

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