‹ L'esclave blancChapitre 197 sur 207 · CHAPITRE LIV. :>.j · texte numérisé non relu

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moins, le leur avait très-souvent assuré; mais M. Gilmore ne lui avait l'ait que des réponses évasives, et avait insisté poui qu'Eliza en personne vînt le trouver le jour suivant, à une heure qu'il indiqua.

Éliza 3 alla; mais elle ne revint pas. Gass} passa une nuit d'angoisses, et, le lendemain, allait elle-même se rendre chez M. Gilmore, quand un petit nègre lui apporta un billet d'Éliia. écrit au crayon, (l'une main tremblante et hâtive, sur une page blanche arrachée à un livre, par lequel elle l'informait qu'elle était retenue prisonnière chez le légiste, comme étant sa propriété, disait-il. et comme ayant été achetée par lui < 1 « - If. Agrippa Curtis, récemment arrivé de Boston, et se prétendant l'unique héritier de son frère, par conséquent la réclamant comme partie de l'héritage.

Cassy, saisie d'horreur et d'épouvante à cette nouvelle, se demandait quel était le parti à prendre, quand la porte s'ouvrit et livra passage à M. Grip Curtis lui-même, accompagné de son homme d'affaires de Boston, de M. Gilmore et de deux ou trois esclaves noirs, qui venait prendre possession de la maison et de la propriétaire elle-même, comme dépendances de la succession fraternelle; en sorte que, ne pouvant justifier par aucun papier de sa qualité de femme libre, puisque ses titres avaient été confiés aux mains du traître et d<* l'escroc Gilmore, elle courait le plus grand danger de tomber en esclavage, si CoHer et moi n'étions arrivés fort à propos à son secours.

Telle fut, en gros, l'histoire que me conta Cassy à notre première entrevue et que, plus tard et à loisir, elle me redit m détail

Grâce à Bien! je serrai enfin sur mon cœur, et n'étais plus en danger de perdre, ma chère, ma fidèle femme!

Mais mon lils. mais Éliza. que Cassy aimait et pleurait à l'égal d'une lille. celle-ci tombée dans un horrible piège, celui-la en péril d'y être pris aussi; que faire pour eus.. juste Ciel ! i't à quel parti me résoudre*!

J'appelai en conseil Colter, et j'eus le plaisir de trouver en lui non pas seulement sympathie, mais entière résolution de nous aider en toutes choses. Il était enchanté, me dit-il, d'avoir cette occasion de contreminer les menées souterraines de deux coquins Yankees, lesquels, évidemment, se proposaient de supprimer les volontés dernières de M. James Gurtis. et de partager rhéritage. C'est pourquoi, et à n'en pouvoir douter, ils avaient entrepris de réduire de nouveau Cassy, Montgômery et Eliza en esclavage, moins encore peut-être pour la valeur de leurs victimes que pour les mettre hors d'état de les troubler jamais dans leur usurpation, si. demeurant en liberté, ils découvraient jamais, les uns ou les autres, quelque duplicata de l'acte que les deux dignes compères avaient intérêt à faire disparaître.

Montgomerv était personnellement menacé par la terrible rancune que lui avait vouée M. Grip Curtis, lequel s'était promis de venger sur son dos les injures de State-Street. et dont le premier soin, à son arrivée à la Nouvelle-Orléans, avait été de faire emplette d'un énorme fouet de peau de vache, à son intention expresse.

Quant à Eliza, le pieux M. Gilmore. dont le renom de dévotion était si bien établi dans le pays qu'on l'avait surnommé le Diacre, et qu'il appartenait à l'Église unitaire, Lavait trouvée si fort à son gré dès le premier coup d'oui, qu'il avait résolu de se la réserver comme part de butin, comptant Lien l'employer à ses plaisirs.

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