‹ L'esclave blancChapitre 46 sur 207 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Mon maître se leva à ces nuits, et quitta le cabinet de l'homme de loi. Je le suivis. A peine aviona-nous fait quelques pas il;m> la rue, que l'occasion «le mettre à exécution sa me- Dace se présenta : nous rencontrâmes le capitaine Robinson, <|ui. à ce qu'il paraît, avail aussi affaire à la cour du comté. Non maître ne perdit pas le temps en paroles, et, fondant sur lui, lui cingla les épaules avec sa cravache. Le capitaine Robinson saisit un pistolet; mon maître, lâchant sa cravache, en saisit un de son côté. Le capitaine fit feu sur lui, mais sans l'atteindre. Mon maître mit alors en joue le capitaine, mais celui-ci lui cria qu'il était désarmé, et de ne pas faire feu. Le major Thornton hésita un instant, et abaissa son arme. Pendant ce temps, la foule s'était rassemblée autour de nous, et un ami du capitaine lui tendit un pistolet chargé. Les combattants se visèrent de nouveau, et firent feu ensemble. Le capitaine Robinson tomba grièvement blessé. Sa balle manqua mon maître, alla traverser d'outre en outre un homme de couleur libre, la seule des personnes présentes qui eût tenté de séparer les champions. Le pauvre diable tomba mort, et le populaire, tout d'une voix, déclara que c'était bien fait, attendu qu'un « chien d'homme libre » comme lui n'avait pas besoin de se mêler aux querelles des gentlemen.

Les amis du capitaine Robinson le ramassèrent et l'emportèrent au logis. Le major Thornton et moi quittâmes, d'autre part, en triomphe, le champ de bataille, et l'affaire en demeura là. De telles collisions sont très-fréquentes, mais le grand jury en entend rarement parler. Quant au vainqueur, il est sûr de grandir dans la faveur et dans l'estime publiques.

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