‹ L'esclave blancChapitre 59 sur 207 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Il \ avait dix ou douze jours que j'étais là, lorsque MM. Savage, Brothers et Cle, prélevèrent sur leurs meubles vivants une cargaison pour le marché de Charlestown. Je fus du nombre, et, avec cinquante autres, embarqué sur un petit navire à destination de ce port. Le capitaine s'appelait Jonathan Osborne : il était citoyen de Boston, et le bâtiment, les Deux Sallies, de ce port, appartenait à un riche et honorable négociant.

Les hommes des États du Nord de l'Union américaine disent de très-belles choses sur l'esclavage et en condamnent les horreurs; mais, du temps où la traite proprement dite était permise, les négociants de ces pays s'y livraient, et ces mêmes négociants n'ont aucun scrupule de faire servir leurs bâtiments au trafic domestique des esclaves, ce qui n'est pas moins infâme ni moins détestable.

Les hommes des États du Nord ont permis l'esclavage partout où le pacte constitutionnel les a empêchés d'en prononcer l'abolition. Les cours et les juristes du Nord remplissent à la lettre l'obligation constitutionnelle de rendre aux maîtres

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