‹ L'esclave blancChapitre 72 sur 207 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

lestement la hauteur el rejoignit sa maîtres»; . Je pouvais soir, à ses gestes, avec quelle chaleur elle présentait sa requête. On la lui accorda, «'i en un roomenl elle fut à mon côté. !>•• nouveau je la pressai sur mon cœur, el de nouveau elle me rendit mes embrassements. Je sentis encore une fois ce que c'était que lf bonheur. Je la pris par la main et la conduisis à un petit lniis. de l'autre côté de la route. C'était un épais !;iillis. où dous pouvions être à l'abri tics regards. Nous dous assîmes sur un arbre tombé, et, ses mains serrées dans les miennes, nous nous fîmes mille questions.

Après les premières émotions de notre rencontre, Ca'ss) me • If manda un récit détaillé de nies aventures depuis noire se paration. Comme son œil s'alluma, comme son sein se gonfla en m 'écoutant ! A chaque incident douloureux, d'abondantes larmes ruisselaient sur ses joues, tantôt pâles, tantôt colorées; a chaque lueur de bien-être ou de consolation, un tendre sourire de sympathie répandait comme une vie nouvelle dans mon âme. Vous qui avez aimé comme nous aimions. — vous qui avez été séparés comme nous L'avions été, sans espérance de jamais nous revoir. — vous qui vous êtes revus, comme nous nous revoyions, par un effet du hasard ou de la Providence,— vous, vous seuls, pouvez vous imaginer L'émotion qui gonfla mon cœur quand je pressai la main de ma femme, — de ma femme qui. tout esclaves ([lie nous étions, m'était aussi chère que peut l'être la sienne au plus orgueilleux de vous autres, hommes libres!

Mon récit achevé, Cassy me serra de nouveau dans ses bras en m'appelant son mari; des larmes inondaient encore ses joues, mais c'étaient des larmes de joie. Puis, pour quelque temps, elle resta silencieuse et comme perdue dans une sorte de rêverie, ou même comme doutant presque si tout ce qu'elle venait d'entendre, — si l'époux qu'elle avait devant l»'s yeux, si notre rencontre inespérée, étaient rien de plus qu'un rêve trompeur. — Mais un ou deux baisers rappelèrent son attention et lui tirent comprendre que ]<• n'étais pas moins inipa-

tient d'entendre son histoire qu'elle l'avait été d'entendre la

mienne.

Page 1