‹ L'esclave blancChapitre 74 sur 207 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

rée d'arbres; car tes fenêtres étaienl garnies à l'extérieur de persiennes qui étaienl assujetties d'une manière qu'elle ne comprenait pas, en sorte qu'elle ne pouvait pas les ouvrir. L'état des portes et des fenêtres lui prouva qu'elle était prisonnière, e1 confirma ses plus sinistres soupçons.

Comme flic passait devant la toilette, elle jeta un coup d'œil sur la glace; son visage était d'une pâleur mortelle, ses cheveux tombaient en désordre sur ses épaules; et, en abaissant ses regards, elle vit sur sa robe des tacbesde sang : — était-ce son sang ou celui de son mari! Elle ne pouvait le dire. Elle s'assit sur le bord du lit : la tète lui tournait, et elle savait à peine si elle était éveillée ou si elle rêvait.

Bientôt une des portes s'ouvrit, et une femme entra. C'était miss Ritty (1 ), comme l'appelaient les domestiques dëSpring- Meadow . jolie brune qui occupait le rang de favorite du colonel Mm ire. Le cœur battit fort à Cassy lorsqu'elle entendit fouiller dans la serrure, et elle fut bien aise de voir que c'était une femme, et une femme qu'elle connaissait. Elle courut a elle, la saisit par la main et implora sa protection. La fille si' mit à rire et lui demanda de quoi elle avait peur. Cassy sut à peine quelle réponse faire. Après un moment d' hésita tion. elle pria miss Ritty de lui dire où elle était et ce qu'on comptait faire d'elle.

— Vous êtes dans un joli endroit, fut la réponse; et. quand maître viendra, vous pourrez lui demander ce qu'on doit faire de vous.

Ceci fut dit avec un ricanement significatif que Cassy ne sut que trop interpréter.

Quoique miss Ritty eût évité de répondre directement, Cassj crut comprendre où elle devait être. Cette femme, elle se le rappelait, occupait une petite maison, — la même qu'avaient jadis habitée la mère de Cassy et la mienne. Cette maison était entourée d'un petit bois qui la dérobait presque à la

(1) Henricllc.

IV, L'ESCLAVE BLAWC.

vue. et elle était rarement visitée par aucun des domestiques. Miss Ritty se considérait, et. dans le l'ait, était regardée par nous autres, comme une personne de conséquence ; et, quoiqu'elle daignât parfois faire des visites, elle n'était pas souvent désireuse qu'on les lui rendît, (amendant, Gassy avait été une ou deux fois chez elle. Il y avait sur le devant deux petites chambres où elle avait un libre actes, mais celles de derrière étaient fermées, et les domestiques se disaient à l'oreille que le colonel Moore en gardait si bien la clef, que miss Ritty elle-même n'y entrait pas sans lui. Ce n'étaient peut-être que des calomnies, mais Cass\ se souvenait d'avoir remarqué qui1 les fenêtres de cette chambre étaient protégées en dehors par des persiennes contre une impertinente curiosité, et elle n'eut plus de doutes sur l'endroit où elle était.

Elle le dit à miss Ritty, et elle s'informa si sa maîtresse sa-

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vait son retour.

Miss Ritty ne pouvait pas dire.

Elle s'informa si sa maîtresse avait une autre femme de chambre à sa place.

Miss Ritty ne savait pas.

Elle réclama la permission d'aller voir sa maîtresse; mais miss Ritty lui dit que c'était impossible.

Elle demanda que sa maîtresse pût savoir où elle était et qu'elle désirait beaucoup de la voir.

Miss Ritty dit qu'elle serait charmée de l'obliger, mai*» qu'elle n'était pas dans l'habitude d'aller à la maison, et que' la dernière fois qu'elle y était allée, mistress Moore lui axait parlé d'une façon si dure, qu'elle s'était bien promis de n'y plus retourner, à moins d'y être absolument obligée.

Axant ainsi épuisé chaque ressource, la pauvre Cassx se jeta sur son lit, cacha sa figure dans les draps, et chercha du soulagement dans ses larmes.

Ce fut alors le tour de miss Ritty. Elle frappa doucement la pauvre fille sur l'épaule, lui dit de ne passe laisser abattre, et, ouvrant une commode qui était dans la chambre, elle en

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