‹ L'esclave blancChapitre 9 sur 207 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

.Pavais environ dix-sept ans quand ma mère fut attaquée d'une fièvre qui remporta. Elle avait pressenti immédiatement sa mort prochaine, et, avant que le mal eût fait de grands progrès , m'avait envoyé chercher. Je la trouvai au lit; elle dit à la femme qui la soignait de nous lasser ensemble, et m'invita à m'asseoir à ses côtés. Puis, m'ayant dit qu'elle se sentait près de sa lin, elle ajouta qu'elle avait à me révéler un secret d'une assez grande importance. Je la pria de me le dire, et elle me fit un court récit de sa propre vie. Sa mère était esclave, me dit-elle, et son père un certain colonel Randolph, de l'une des plus grandes familles de Virginie. Elle avait été élevée avec un certain soin, et, lors du mariage 'du colonel Moore, on l'avait vendue à ce dernier, qui l'avait attachée au service de sa jeune épouse. Elle était alors presque enfant, mais, en grandissant, elle devint fort belle; son maître la remarqua. Il lui donna une jolie petite maison, où sa seule tache fut de s'appliquer de temps en temps à quelques travaux d'aiguille, et, comme personne ne se souciait d'avoir querelle avec l'esclave favorite du colonel, elle mena désormais une vie indolente, et cependant très-malheureuse.

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