‹ L'esclave du pacha;Chapitre 112 sur 124 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tinction, méritée, ainsi que vous voulez bien le reconnaître, ce n'a été, avant tout, que pour avoir le droit de vous demander raison de votre conduite lâche et déloyale à mon égard.

Les témoins de cette scène firent un mouvement pour intervenir ; le capitaine les retint d'un geste, et leur dit ensuite :

— Veuillez nous laisser seuls.

— Restez, messieurs, reprit Charles Doisy ; restez pour pouvoir attester devant tous, s'il en est besoin, que je suis venu ici pour demander raison à M. le capitaine de Pardaillan de l'insulte qu'il m'a faite, de l'injustice calculée dont il m'a rendu victime; restez! car, contre toute probabilité, s'il refuse de me rendre satisfaction, il faut que devant vous je lui arrache ses insignes d'officier, comme il a voulu me dégrader de ceux que je portais, plus noblement peut-être qu'il ne porte les siens !

Le capitaine se couvrit les yeux de ses deux mains avec un geste désespéré.

S'il se fût trouvé seul lors de l'arrivée de Charles Doisy, peut-être ne lui eût-il pas laissé le temps de s'engager dans cette route fatale; peut-être même, la terrible phrase achevée, il eût été assez généreux pour oublier l'outrage

et forcer par un seul mot son insulteur à lui demander pardon. Mais une explication n'était plus possible, ou ne Tétait du moins qu'après l'affaire vidée.

— Vos armes, monsieur > lui dit-il.

— L'épée.

— Le lieu ?

— L'Étoile de Satory.

— L'heure?

— Le temps de trouver un témoin.

— Allez donc le chercher, monsieur ! Vous serez le mien, Blangy, dit le capitaine en s'adressant à l'un des officiers.

Doisy ne connaissait personne dans Versailles. Pour son témoin, il dut donc se contenter du premier venu ou du plus tôt trouvé.

En longeant les boulevards, il aperçoit, à travers les vitres d'un café, un jeune beau fils qui s'ébat tout seul devant un bol de punch, et semble prendre un grand plaisir à le faire flamber. Il entre, et le touchant légèrement du doigt :

— Pardon, monsieur, lui dit-il, j'aurais un service à vous demander. Pourriez-vous sortir un instant?

— Du tout, mon cher, répond l'autre en le toisant du haut en bas. Si je sors, mon punch

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