‹ L'esclave du pacha;Chapitre 114 sur 124 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

— Il ne s'agit nullement de femmes dans cette affaire, monsieur.

— Tant mieux. Ça laisse le jeu plus franc. Une autre question. Nous battons-nous avec un ami ou avec un ennemi? Pardon! je ne voudrais pas être indiscret !... il ne s'agit toujours ici que du choix de l'arme. Quel que soit votre adversaire, je suis votre homme, s'agît-il de mon propre frère... Je suis cadet.

— C'est avec mon ancien capitaine que je me bats, monsieur.

— Tudieu ! la longue épée alors, la colichemarde pour ces distributeurs d'arrêts forcés ! Au diable tous les capitaines ! On n'en saurait trop mettre à la réforme ; je sollicite un emploi. Il faut des vacances. Vous êtes Berchiny, mon gentilhomme. J'aimerais assez ce régiment-là; le costume est galant. Voulez-vous vous essayer la main, très-cher? j'ai un joli coup d'arrêt en dessus à vous indiquer, il est vif et peu connu.

— Nous sommes pressés, monsieur.

— Oui? Voici votre épée. En route !

On fit avancer un fiacre ; ils y montèrent et se dirigèrent vers l'Étoile de Satory.

Chemin faisant :

— Eh! dites donc, camarade, à propos, j'ou-

bliais... J'ai un ami qui est Berchiny aussi... un grand ami, le vicomte d'Arsac... Un instant ; celui-là, je n'en dois pas hériter ; au contraire, je n'en jouis qu'en viager. Il me paye à dîner et je lui gagne son argent au lansquenet ! Ce n'est pas avec lui que vous vous battez, n'est-ce pas?

— Je suis confus, chevalier, de n'avoir pas débuté par vous dire le nom de mon adversaire , je le devais...

— Mais non I

— Il ne fait même plus partie du régiment de Berchiny...

— Tant pis ! Mais qu'importe !

— C'est le capitaine de Pardaillan.

— Pardaillan! s'écria d'Annezay, Pardaillan qui a refusé de m'admettre dans le régiment en œuf qu'il est en train de couver! Ah ! le rufien ! Je suis désolé de ne pas vous avoir appris mon coup d'arrêt en dessus. J'aurais été ravi d'en voir l'essai sur la peau de ce drôle qui m'a mis à l'écart ; oui, et malgré la recommandation du duc de Soubise, soi-disant parce que je suis joueur, ivrogne, bretteur, toutes choses, du reste, parfaitement vraies, mais qui ne le regardent en rien, il me semble. Il paraît que c'est de vestales qu'il va composer son régiment de cavalerie. Des vestales qu'il

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