CHAPITRE VI
recrute d'abord pour le Parc aux Cerfs ! Comme ça lui va, au Pardaillan, de parler de mœurs !
— Pourquoi non? Quelle que soit la gravité des reproches que j'aie à lui faire, c'est un homme d'honneur, répondit Charles Doisy, qui commençait à prendre son témoin en dégoût, et qui, déjà touchant à la vengeance, ne s'y sentait peut-être plus poussé par la même ardeur.
— Un homme d'honneur ! Turlututu ! A d'autres, mon gentilhomme î Vous arrivez de loin, à ce qu'il me paraît.
Puis, partant d'un éclat de rire :
— Il est vrai qu'en fait d'honneur, le capitaine doit en avoir, puisqu'il en vend.
— Plaît-il ?
— Oui, mon très-cher, il vend le sien et celui des autres... celui des jeunes filles surtout. Ah ! le vilain métier ! Il vaut mieux vendre que prendre, ditle proverbe. Ici, le proverbe a menti.
Et il se mit à chanter ce noël tout nouveau alors :
On vend de la tiretaine ,
De la soie et du velours ;
On vend les plac's par douzaine ;
On vend même de l'amour.
Eh î le beau mal, par ma foi !
C'est pour les plaisirs du roi !
Doisy regarda le chanteur.
— Que voulez-vous faire entendre parla?
lui dit-il.
— Vous ne comprenez pas encore ? Décidément, vous revenez de très-loin.
— Je reviens de l'armée.
— C'est donc cela !
— Mais quel rapport peut-il y avoir entre M. de Pardaillan et...
— Quel rapport? Écoutez le second couplet.
Et il reprit :
De vingt tendrons mis en vente Le roi seul est l'acheteur ; Pompadour est la marchande, Pardaillan le fournisseur.
Changez de nom, Pardaillan, Car vous voilà Paillardant.
— C'est là une étrange calomnie ! dit Charles. Le capitaine a pu être pour moi injuste et cruel ; mais une faute, une erreur peut-être, n'entache pas toute une vie. Comment admettre chez lui des vices pareils à ceux que vous lui supposez? il vient à peine de quitter son régiment où il était estimé... et...
— Mais vous n'avez donc pas entendu mon