‹ L'esclave du pacha;Chapitre 83 sur 124 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

core aujourd'hui, eût-il été coupable. Le coup d'œil révolté qu'il me jeta alors ne faisant que redoubler mon irritation , je m'oubliai tout à fait, je fis un mouvement pour lui arracher ses aiguillettes ; par bonheur, je me contentai de l'envoyer au cachot et de le suspendre de ses fonctions.

— Pauvre garçon ! A sa santé, dit le lieutenant des chasses, qui commençait à s'attendrir sensiblement.

— Dès le jour suivant, reprit le capitaine, le duc de Gesvres , qui m'honore de quelque bienveillance et qui, en qualité de gouverneur de l'Ile-de-France, avait dû se trouver au nombre des chasseurs , m'éclairait sur la vérité. Il avait vu, de ses yeux vu, le fait en question. Le jeune homme qui s'était élancé à la bride du cheval était un maréchal des logis et non un simple cavalier. Alors, seulement, je me rappelai l'absence de Doisy au moment de l'interpellation adressée à ses camarades, le silence qui s'était fait d'abord dans les rangs. Bref, tout me fut connu. Je ne pouvais faire amende honorable à un de mes hommes.

— Tu ne le pouvais pas, Pardaillan.

— A moins de donner ma démission sur-lechamp.

— Oui...

— Cependant, grâce à mon oubli, à mon emportement, à ma fatale méprise, un garçon estimable, non-seulement était privé d'une faveur royale, mais encore désigné à ses camarades, à ses chefs, comme un imposteur, un fanfaron. Il pouvait être arrêté court dans la carrière librement choisie par lui. Je n'hésitai pas alors, Dampierre.

— Tu as bien fait, mon ami; bois donc.

— Je me dévouai, corps et âme, à la réparation du mal dont j'étais cause. J'allai trouver notre lieutenant-colonel, M. Toit. Je lui confiai tout, à lui, mon chef, comme aujourd'hui je me confie à toi, mon ami. A nous deux, nous décidâmes de ce qu'il convenait de faire pour le jeune homme.

— Ah !... voyons.

— D'abord, le changer d'escadron, pour que mon incartade pesât moins sur lui.

— Bien !

— Cela fait, l'envoyer sur le Rhin, et le mettre à même de s'y distinguer, puisqu'il ne voulait parvenir que par la bonne voie.

— Très-bien !

— Mais ce n'est pas tout.

— Parfait !

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