‹ L'esclave du pacha;Chapitre 87 sur 124 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

minations, il la confia en toute sécurité à la protection du noble capitaine.

D'autres événements d'une nature plus étrange étaient réservés à ma grand'tante durant son court séjour à Versailles, et devaient décider de son sort comme de celui de M. de Pardaillan.

Adèle et son guide se promenaient dans le parc, admirant ou expliquant tout, les eaux, les rocailles, les tritons et les grands seigneurs, quand le capitaine, à la clarté de la lune et des lampions, crut entrevoir, au milieu de la foule, un gros homme qui semblait s'adresser à lui par des signes multipliés.

Il s'approcha. C'était un cocher de madame de Pompadour.

H. de Pardaillan apprit par lui que la marquise, en l'honneur de la fête du roi, rompant son deuil, devait se montrer le soir même dans la grande galerie.

Le renseignement était bon, mais il fallait Je rendre profitable.

Se diriger aussitôt de ce côté, quitter le parc pour le château, se faire jour, avec sa jeune compagne, à travers des essaims de courtisans qui déjà encombraient le grand escalier, fut pour le capitaine l'affaire d'un instant.

À peine entré, il voit un mouvement, un remous de la foule, s'opérer vers une extrémité de la galerie; elle est là sans doute.

M. de Pardaillan, en dépit de l'étiquette de cour, se sent homme à lui parler de son affaire, de Doisy, du brevet d'officier, et sur-le-champ. Il fait quelques pas pour la rejoindre ; mais il songe à la jeune fille qui lui tient le bras et qu'il lui va falloir traîner après lui à la remorque. Peut-il en sa compagnie aborder la royale courtisane? mettre ainsi face à face l'innocence et la candeur d'une part, la corruption et l'adultère de l'autre? Non. Cette fois, il s'agit de l'étiquette de l'honneur, et celle-là le capitaine la connaît et la respecte.

Par une manœuvre habile , évitant le fossé sans se détourner du but, il installe Adèle sur un bout de banquette, en priant poliment deux dames d'apparence respectable qui se trouvent là, de veiller sur elle ; puis, tranquille sur son arrière-garde, il marche en avant.

Les dames respectables, qui n'étaient pas assez vieilles encore pour être sans prétentions, ne tardent pas à s'apercevoir des inconvénients de ce qu'on leur a donné à garder. Elles n'accrochent plus un regard ni une salutation. Tous les hommes qui passent admirent

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