Probablement jusqu'aux Alpes
2. Dans Aspvemont (Histoire littéraire, XXII, 3 14), une femme parle ainsi :
Bien set chascune servir .j. chevalier
De chief laver, de drap coudre et taillier...
Il y avait des femmes dont le métier était de laver la tète aux hommes. Ce métier finit par être considéré comme peu honorable. Un statut de la commune de Pérouse met sur le même pied les femmes qui l'exercent et les filles publiques :
« Che le meretrice, overo lavatrice de capeta, non stiano en certe luoche. Presso a la nuova chiesia del biato Herculano de la Porta de Santo Pietro, overo altra chiesia de la cita overo deglie bor-
et des contes; son logis était élégamment orné; tous les matins elle y faisait étendre de l'herbe fraîche, et ceux qui la fréquentaient étaient ravis de sa société. Un jour, accompagnée d'Isabel, elle fit visite à la dame de Montpellier, et lui offrit une ceinture et une aumônière richement brodées aux armes de son époux. Isabelle de son côté lui offrit une guimpe de sa façon. La dame les accueillit avec grande faveur. En vérité, on n'eût pas fait plus grande fête à la comtesse de Champagne x (v. 56i6). Elle les garda à souper et fit reconduire les deux demoiselles à leur logis, après leur avoir fait de riches présents (v. 5825).
Huit jours après, le comte de Saint-Gilles, qui était l'amant de la dame de Montpellier, vint voir celle-ci. Il se scandalisa de voir sa dame porter une aumônière aux armes de son mari. « Gomment ! dit-il, c'est moi qui passe pour « être votre ami, et c'est votre mari qui le sera ! » La dame l'apaisa en lui donnant l'aumônière et en même temps elle lui fit l'éloge d'Aelis qui l'avait brodée. Lorsque le plaisir que les deux amants goûtaient ensemble eut assez duré, le comte de Saint-Gilles s'en revint chez lui. A son approche, la comtesse vint au-devant de lui. Elle remarqua l'aumônière et reconnut les armes du seigneur de Montpellier. Les larmes lui vinrent aux yeux : « On ne m'a pas « menti, dit elle, quand on m'a dit que vous aimez la dame « pour qui vous portez cette aumônière. — Dame, reprit le « comte, faites-en autant. — Certes, il n'y a pas de cein- « turière dans ma famille, et quand je souffre votre volonté « et ma honte, je vois pas pourquoi vous me diriez des « injures. » Le comte vit bien que sa dame supportait la
ghe de Peroscia, niuna meretrice, overo putana, overo lavatrice di capeta, degga stare overo demorare, a diece case de lungne a le dicle chiesie. »
(La prostitu^ione in Peragia, nei secoli XIV, XV e XVI, document editi da Ariodante Fabretti, Torino, 1890, p. 5.)