XL INTRODUCTION
ne paraissent pas avoir frappé au même degré les contemporains. Il ne faut pas se le dissimuler, le poème fut peu répandu. On n'en a conservé qu'un seul manuscrit. Entre les bibliothèques du moyen âge dont nous avons d'anciens catalogues, une seule possédait YEscouJle, c'est la bibliothèque des ducs de Bourgogne, et l'exemplaire décrit dans les inventaires de cette riche collection est précisément le nôtre. Enfin, entre tous les auteurs du nord et du midi de la France qui font allusion à nos romans d'aventure, il n'en est qu'un seul qui fasse mention de YEscouJle, c'est le trouvère Jean Renart, auteur du Lai de l'ombre. L'allusion est très précise, mais elle est bien gauchement amenée. L'auteur nous dit, au début de son conte, qu'il veut faire une œuvre plaisante, exempte de toute parole grossière. Peu importe si des vilains lui tirent la langue par derrière. Quand un homme est félon, on ne peut pas faire qu'il soit débonnaire. Puis, passant subitement à une autre idée, il ajoute : « Et « il vaut encore mieux être né sous une heureuse « étoile qu'être au nombre des bons (des gens de « bonne naissance ou des gens de bien). Il y a long- « temps qu'on l'a dit. Par Guillaume, qui dépeça et « brûla membre à membre l'escoufle, comme le « conte le rapporte, il est prouvé que je dis la « vérité, qu'il vaut mieux avoir chance qu'argent « ou amis... ' » Sûrement cette citation de Y Es-