I. 20 Et mieus vient de bone eure naistre
Qu'estre des bons, c'est dit pièce a.
Par Guillaume qui éespieça
coujlesi été amenée de loin. On serait presque tenté de croire que Jean Renart s'est cité lui-même, et que l'auteur de YOmbre est aussi celui de YEscoufle. Mais, pour donner quelque valeur à cette conjecture, il faudrait constater, non pas seulement une analogie générale, mais une ressemblance véritable entre les deux poèmes, pour les idées, le style, la langue, la versification. Cette ressemblance existe à certains égards; toutefois, si on pousse la comparaison jusqu'aux détails de la versification, on voit qu'elle n'est pas assez complète pour autoriser une conjecture qui, à première vue, ne semble pas contraire à la vraisemblance. L'examen comparatif de YEscoufle et du Lai de l'ombre montre du moins que les deux poètes composaient pour le même public, appartenaient, si j'ose le dire, à la même école, et écrivaient à peu près la même langue. On peut admettre du reste qu'il y a ici non pas seulement l'influence d'un milieu commun, mais encore une action plus particulière, exercée par l'auteur de YEscoufle sur Jean Renart, Pour les idées, je ne crois pas qu'on puisse trouver dans le premier des
L'escofle et arst un a un membre, Si com li contes nos remembre,^ 25 Puet on prover que jejdï voir :
Que mieus vient a unihome avoir Eûr que avoir ne amis.
(Fr. Michel, Lais inédit, p. 10. —^Lelai de l'ombre, ^publié par Joseph Bédier, p. 21.) Cf. YEscoufle, v. 6898-9 :
Il a lues droit Tescoufle pris,
Si îédepece membre a membre,