XLII INTRODUCTION
deux poèmes une conception, une appréciation qui eussent été désavouées par l'auteur du second. Des deux parts ce sont les mêmes sentiments aristocratiques et courtois, la même indifférence à l'égard d'une morale sévère, et aussi la même retenue dans l'expression. Si toutefois on a pu relever, à la fin du lai, un trait indécent (et encore est-il assez voilé) ', on en trouverait plusieurs du même genre dans YEscoufle 2.
Nous pouvons préciser sur certains points ces ressemblances générales.
UEscouJle est un poème écrit avec facilité et même avec élégance, mais non exempt de longueurs. Ces longueurs sont compensées par certains mérites, et nous les supportons avec plus d'indulgence que Littré ; toutefois, on ne saurait le nier, les personnages en scène parlent bien, mais avec prolixité. Même lorsqu'ils sont seuls, ils ne savent pas se taire. Ils épanchent leurs sentiments en monologues interminables. C'est aussi le défaut qu'on a relevé dans \eLaide l'ombre. Il est fréquent dans la poésie du moyen âge et mériterait à peine d'être relevé ici, n'était qu'il se manifeste de part et d'autre en des conditions très semblables. On a remarqué avec raison 3 que Jean Renart néglige les circonstances extérieures et insiste avec complaisance sur l'observation interne de ses person-
i. G. Paris, compte rendu de l'édition de M. Bédier, Romania, XIX, 620.