LANGUE ET VERSIFICATION XLVII
verses parties de la France, mais elles sont plus fréquentes dans le Nord qu'ailleurs.
L'auteur de YEsconJle, comme tout autre écrivain, a des formes de style, des expressions préférées, des associations de mots, qui peuvent se retrouver chet d'autres auteurs, mais dont il fait un usage particulièrement fréquent, et qui sont, si j'ose le dire, comme sa marque de fabrique. Déterminer ces expressions sera chose facile lorsqu'on aura, pour chaque auteur ou ouvrage, un vocabulaire contenant, avec les vocables eux-mêmes, le relevé des locutions et des constructions où ils figurent. Nous sommes loin d'avoir en nombre suffisant de tels glossaires, et l'on risque fréquemment, dans l'état de la lexicographie française, de considérer comme rares ou insolites des expressions dont les exemples sont nombreux. Sans me dissimuler ce danger, je me hasarderai à signaler, dans YEscoufle et dans le Lai de l'ombre, quelques locutions qui. me paraissent à tout le moins peu fréquentes ailleurs.
Aviver, joint à croistre. Escoujle :
Sa colors (sic) li croist et avive
.1. cercle d'or qu'il ot el chief. (2982-3)
Sa dolors croist tant et avive. (4716)
Molt li croist li cuers ' et avive
Ce qu'il le nomme par son nom. (7688-9)
Le Lai de l'ombre :
La colors li croist et avive
De ce qu'il dit qu'il est tos suens. (374-5)