‹ L'escoufle: roman d'aventureChapitre 22 sur 63 · ANALYSE DE L^ESCOUFLE XIX · texte numérisé non relu

ANALYSE DE L^ESCOUFLE XIX

homme bien élevé le comte et la comtesse, et, après quelque hésitation, commença le récit de ses aventures. Aelisle regardait attentivement, et toutefois ne le reconnut pas d'abord, ni lui elle. Cependant, à mesure qu'il avançait dans son récit, elle se sentait une furieuse envie de se jeter à son cou. « Mais, » se disait-elle, « il répète peut-être une histoire ff qu'il aura entendue. » Tous cependant le regardaient avec curiosité, comme un loup blanc (7609). Mais, lorsqu'il en vint à conter comment Aelis lui avait donné l'anneau près de Toul, et comment l'escoufle le lui avait enlevé, la jeune fille ne put se contenir plus longtemps et se jeta dans ses bras. « C'est un grand honneur que Dieu nous a fait ! » dit la comtesse. — « Et l'anneau? » demanda la jeune fille. — a Dame, » répondit Guillaume, « j'ai souffert bien des « misères, mais pour rien je n'aurais voulu m'en défaire. » Et il lui montra l'aumônière cousue dans la ceinture de ses braies. Tout le monde s'embrasse. On réveille les habitants, on illumine et on passe la nuit en danses. Quant aux deux amants, ils étaient plus heureux que ne furent jamais Tristan et Iseut (7822).

Guillaume prit congé de son maître, qui lui accorda en riant la permission de rester auprès de sa belle pour lui frotter les pieds. Le comte et la comtesse firent de leurs mains le lit d'Aelis. Celui de Guillaume n'était pas loin. Comment passèrent-ils le reste de la nuit? je n'en sais rien. Quand .on a froid et qu'on est près du feu, on se chauffe volontiers, et d'un lit à l'autre il n'y avait que la largeur d'une planche. Aelis n'avait qu'un tour de hanche à faire pour se glisser près de son ami (v. 7883).

Le lendemain le comte convoqua ses hommes à une cour

Fr. Michel a rassemblé quelques témoignages sur cet usage dans les notes de sa préface au poème de Floriant et Florete (Edimbourg, imprimé pour le Roxburghe Club), p. Ivij. On peut y ajouter le passage de Guillaume de Dole (w. 970 et suiv.)^ relevé par M. Servois dans une note de sa préface (p. xj). Cf. aussi Joufrois,w. 275-6. ,

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