‹ L'espadon satyrique. Première éd. critique, d'après l'éd. originale de 1619, avec une pref. une bibliographie, un glossaire, des variantes et des notesChapitre 2 sur 54 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

lieu de croire qu'il mêla deux conversations entendues le mcme jour et peut-être de la môme bouche, l'une concernant Fourquevaux, et l'autre Claude d'Eslernod. Mais l'orig-ine de la confusion est certainement un Claude de Fourquevaux, qui lui fut nommé, et dont parle Brantôme dans son Discours sur les Duels.

La note du scoliaste, amplifiée par l'Abbé Goujet, et par Dreux du Radier dans sa préface aux Satires de Perse^ convainquit, à la fin du xvni® siècle, un descendant des Fourquevaux, nommé J.-B. Pavie, qu'il comptait un poète parmi ses aïeux, outre des ambassadeurs, des courtisans et des hommes de guerre. Plein d'un zèle qui l'honore, ce rêveur en écrivit avec la plus grande certitude, le 24 frimaire an IV, au bon Mercier de Sainl-Lég^er. Il soutint sérieusement que le nom d'Esternod était un sobriquet de son ancêtre, duquel il se proposait de publier des mémoires manuscrits, relatifs à l'histoire de Charles IX et de Philippe II. Gustave lirunet, qui prétend avoir eu cette lettre sous les yeux, en usa contre Weiss, qui, dans un article de la Biographie Michaud concernant Fourquevaux, relirait à celui-ci la paternité de 1'j5'.s"padon pour la restituer à Claude d'Esternod. Paul Lacroix, réimprimant le recueil en i863, s'embrouilla dans ces opinions contradictoires ; finalement, il éclaira tant bien que mal le lecteur de sa critique vacillante, qui passe encore pour un flambeau d'érudition chez les aveugles.

Il était inutile, comme le fît Paul Lacroix, d'invoquer l'opinion plus ou moins sûre de ses confrères

X l'espadon satyrioue

Edouard Fournier et Charles Nodier : il suffisait de s'en tenir à V Armoriai ou tout autre ouvrage nobiliaire, et d'y puiser en outre la conviction que le nom de Franchère est bien l'anagramme de Refranche, puisque cette seigneurie figure dans les fiefs de la Maison d'Esternod. li serait tout aussi inutile de s'arrêter à Sainte-Beuve, aujourd'hui que la vérité est établie. Afin de s'éviter la moindre recherche et de satisfaire tout le monde en rapprochant les contraires, il inventa que François de Fourquevaux et Claude d'Esternod avaient écrit V Espadon Satyrique en collaboration ! Est-il possible que deux grands escamoteurs comme Sainte-Beuve et Paul Lacroix se soient jamais regardés sans rire?...

La famille d'Esternod (3) tire son nom d'une seigneurie de Franche-Comté (4), sise dans le canton

(3) Ou û'Eternod, ou encore d'Eterno, orthographes phonétiques qui se sont conservées dans les noms des représentants actuels de cette maison, que l'on croit issue des souverains de Bourg-og-ne. Voici les autres graphies que l'on rencontre au cours des siècles : EsternoZf Estarno, Exlarnos, Esternaux, Esternaiid, Esternol, Esternos, Esteimoals, Esternoiijc.

(4) Cf. Bibl. Nat. Pièces originales, Preuves, f» 2 et 3. Gui d'Eterno, petit-fils dudil Eudes, et qualifié aussi de chevalier, fait hommage, le lundi après la fête de la Toussaint, l'an 1329, à noble homme et puissant raessire Thiebaut de Sçei, chevalier, à cause d'une maison qu'il possédoit au lieu d'Esteruol, joignant celle de Richard d'Esternol.

Les archives de la branche comtoise ont été perdues, brûlées ou dispersées. C'est pourquoi les renseig-nements donnés par l'Abbé Guillaume, dans son Hist. des Sires de Salins, sont si précieux. Ils le

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