PREFACE XI
d'Amancey, près de Salins, et qui demeura sa propriété jusqu'au xix^ siècle sans interruption. Ses Preuves de noblesse, enregistrées à la Chambre des Comptes en 1 724, font état d'Etienne d'Esternoz, premier du nom, qui, vivant en 1182, fut l'un des fondateurs des Abbaj^es de Buillon et de Balerne. Le premier gentilhomme marquant qui ait illustré cette maison par les armes est Eudes d'Esternoz, gouverneur de Montmahoux, l'une des cinq grandes forteresses de la province. Qualifié de « haut et puissant homme », il fut le protecteur de Laure de Commercy, troisième femme de Jehan de Châlons ; c'est l'ancêtre commun des différentes branches, comtoises et vaudoises, de la famille d'Esternod, qui porte ordinairement : De gueules à la fasce cVargent accompagnée de trois arrêts de lance posés deux et un, soit deux en chef, et l'autre à la pointe de i'écu (5). Eterno, ab œterno, ad œternum, et : Le trop ne désirer faict Vhomme prospérer, constituaient leur cri de guerre et leur devise; enfin, ces genlilhommes de vieille souche se prévalaient de cet adage : Antique leolté d"* Estarnoz.
sont encore davantage quand on sait qu'il les puisa aux sources origfinales. Les docum^nts de la branche suisse, dont nous n'avons à nous occuper qu'incidemment, sont conservés et admirablement classés soit à Baulmes, leur lieu de bourg-eoisie, soit aux archives cantonales de Lausanne.
(D) Cimier : Un chevalier armé de toutes pièces tenant de sa dextre un bris de lance avec son arrêt on rondache. La branche suisse a parfois porté des armes différentes : D'argent à trois sapins arrachés au naturel. Il existe ég-alement plusieurs variantes des armes du rameau comtois, soit pour les émaux, soit pour les meubles de I'écu. A sig-naler que des graveurs héraldiques mal informés fig-urent parfois des mornettes renversées, au lieu d'arrêts de lance. Le tronçon de l'arrêt doit être en haut, comme l'indique un dessin marg-inal de V Armoriai général.
XII l'espadon satyrique
Au XIV* siècle, un rameau de la famille d'Eslernod se fixa à Baulmes, dans le canton de Vaud, où il persiste encore aujourd'hui. Le Docteur A. F. C. d'Eternod, réminent professeur à l'Université de Genève, en est un descendant direct (6); ce savant, qui s'est sig-nalé par un nombre considérable d'ouvrag-es médicaux, s'intéresse à l'histoire de sa Maison, dont il médite de publier une généalogie critique ; c'est à lui que nous devons, avec la plus vive reconnaissance, les documents que ne possèdent pas nos archives nationales.
Les d'Esternod comtois, qui se sont alliés avec les Sires de Salins, les Coligny, les Rohan, les Clermont, les Cossé-Brissac, les Béarn et Caulincourt, possédaient, outre Eternoz et Refranche, un grand nombre de fiefs, comme Coulans, Lizine, Alaise, Doulaise? Saraz, Nans-sous-Sainte-Anne, Salgret, Montmarlon, Gevresin, l'Abergement-de-Navois, Levier, Bolandoz, Deservillers, Malans, Fertans, Lavans, Montfort, etc., en entier ou en partie, dans toute l'étendue de la Bourgogfne, plus une cinquantaine de seig'neuries, mouvantes de la châtellenie de Berg-ues, dans les Flandres françaises (7).
(6) On lira du docteur d'Eternod un vigfoureux sonnet acrosticbe, à la g-loire de Claude, qui se trouve à la place que l'on réservait autrefois aux pièces onomastiques. Le fils du docteur d'Eternod, M. Charles d'Eternod, est lui-même un poète délicat. Il a déjà publié deux recueils : Teintes Mineures, Genève, 1916, et Ferveurs Illusoires, Genève, 1919.
(7) Les Esternoz vaudois ont été châtelains et lieutenants de Baulmes, Mathod, La Mothe, Treycovagncs, etc. Les uns et les autres ont fourni une série, pour ainsi dire ininterrompue, de magistrats, d'abbés et d'abbesses, de militaires, gouverneurs, syndics, grands juges de consistoire, justiciers, conseillers, baillis, chambellans.