PREFACE XVII
Sombarnon, Lieutenant du Gouverneur au Bailiage d'Aval^ pour aller assiéger Chastel-Chalon surpris par nos ennemis, lequel s'y comporta en homme d'honneur, comme aussi en toutes ses autres charges ci-dessus rapportées. Et pour ce avons ordonné à notre Secrétaire ordinaire de signer les présentes et y apposer le scel de ladite Ville. Fait au Conseil le dix-huitiesme Jour du mois de Juin mil six cent et onze. Signé par Ordonnance, Vernier ».
Le calme ayant été rétabli dans la province, dit J.-B. Guillaume, Pierre d'Eslernod « y jouit d'une réputation qu'il s'éioit acquise par ses belles actions, et eut une part principale dans l'administration de la Ville de Salins ». Il assista en i6i4et 1616 à l'Assemblée des Etats Généraux du pays, et fut inhumé sous une tombe charg-ée des blasons de ses alliances, parmi lesquels on remarque les armes de la maison de BauiTremont. (9)
Pierre d'Esternod avait épousé, par contrat du 28 juillet iBqi, Elisabeth Ouantcau, fille et héritière de feu noble homme François Ouanteau (10), de Salins. Il en eut Claude, le poète; Guy, dit Gniony qui
(9) « Le père de ce d'Esternod, comme lui prénommé Pierre, avait ractieté la terre d'Eterno de Simonne d'Esterno, sa cousine. Il était allié par traité passé à Salins, le -io oct. i552, avec Antoinette Grand, fille de feu Etienne Grand, de Salins, écuycr, et de Claudine de Varenncs. Celte dame avait pour aïeule maternelle Marguerite de BauiTremont, femme d'Antoine de Varennes. Il mourut des blessures qu'il reçut dans les guerres de Flandres.
Quant à son fils, Pierre d'Esternod, seigneur dudit lieu et de Salegret, il tenait cette dernière terre de la succession de Glanda d'Esterno, sa tante, qui le mit en état d'acquérir celle d'Alaize et de Refranche, et une partie de celles de Malaus et de Lisine m. J.-B. Guillaume, Sires de Salins.
(10) Ou Quanical, Cantaud, ou Quinteuu.
XVIII l'espadon satyrtoue
a fait branche, et Marguerite, femme de Laurent Marrelet.
La généalog-ie, même succincte, de la Maison d'Esternod, jointe à la vie du défenseur de Salins, n'aurait guère d'intérêt ou d'utilité pour l'histoire littéraire, s'il ne fallait, une fois pour toutes, détruire jusqu'au moindre vestige le mythe du S'^ de Franchère identifiable à François de Fourquevaux, ou collaborateur de celui-ci. Il se trouve des critiques, ou soi-disant tels, qui, sans plus rien tabler sur Fourquevaux, trouvent plaisant et facile de nier l'existence de Claude d'Esternod. Ils sont prêts à soutenir, avec l'aplomb de l'ig-norance, que V Espadon est un recueil collectif, dans le genre du Cabinet^ Safi/rique; mais ils ne poussent pas encore l'ingéniosité jusqu'à prétendre que le nom de son auteur est formé sur la première personne du présent de sternere... C'est du moins à cette étymologie que songea le poète, autant pour Jouer sur les mots que pour se faire reconnaître, quand il choisit le titre et le frontispice de son ouvrage, ce satyre abattant les vices de l'épée à deux mains.
On s'accorde à penser que Claude d'Esternod naquit à Salins, en 1592. Faute de documents plus étendus, on ne peut que rt'péler avec l'Abbé Guillaume qu'il suivit le métier des armes à l'exemple de ses prédécesseurs, et que le courage qu'il fît paraître lui pro-