‹ L'espadon satyrique. Première éd. critique, d'après l'éd. originale de 1619, avec une pref. une bibliographie, un glossaire, des variantes et des notesChapitre 7 sur 54 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

cura le gouvernement du château d'Ornans, dans le Comté de Bourg-og-ne. C'était un poste dont la garde n'était confiée qu'à des personnes d'une valeur reconnue. L'Abbé Guillaume ajoute qu'il mourut à Salins, après avoir dissipé la plus grande partie de ses biens et aliéné la terre d'Alaise, dont il ne se réserva que le nom, le cours d'eau, et le droit d'instituer des officiers de justice.

La date de sa mort est portée à 1628 par La Chesnaye-Desbois. Ce généalogiste le fait succomber en même temps que sa femme à l'épidémie de peste qui ravagea la contrée. Claude d'Esternod est en effet mort de la peste à Salins, mais vers i64o, et d'ailleurs, il est nommé dans le testament d'Elisabeth Ouanteau, sa mère, en date du 17 septembre 1689. (11)

Il s'était allié à Françoise de Vesoul, fille de Georires de Vesoul, écuyer, seigneur de Ilaincourt, — issu, par les Faucogney, des comtes de Bourgogne — et de Philippole de Saint-Belin, de laquelle il eut six fils et deux filles : Georeres d'Eslernb, mort aux guerres d'Espagne, Louis-Humbert, qui acheva de dissiper ses biens (12), Claude et Antoine, morts au service de leur prince, et, enfin, Touss;sint, Jean, Marguerite et Philippa d'Esterno.

C'est tout ce que Ton sait de précis sur la vie du

(11) Cf. Carrt'-s d'Hozier, 241, f" i55: Klisabeth Ouanteau, y institue ses deux fils ses héritiers universels par moitiés, sauf pour les meubles, qui apparlieuneot à Guyon. Il ressort qu'elle avait déjà fait une donation à ses enfants en 1023. Au f» i53, 4 nov. 1035, Claude d'Esternod vend une rente de 7 livres à Pierre Vig'oareux, de Refranche, contre la somme de 20<3 livres.

(t2) Il fit un mariaire d'inclination, d'où naquit François d'Esterno, Sgr. de Hefranche. C'est celui qui mourut au service de l'Electeur.

poète, qui, comme Sigog^ne, son maître littéraire, fut g-ouTcrneur de place forle et grand dissipateur. Il est souvent dit qu'il vint à Paris, el qu'il s'y lia avec Reg-nier, Sigogne, Berthelot et Molin, dans les loisirs que lui laissait son office (i3). En effet, il nomme un peu familièrement ces poètes en compagnie des farceurs de l'Hôtel de Bourgogne, et l'on voit par les pièces onomastiques de Pierre de Boissat, Nicolas Faret et Henri Fagot qu'il comptait des amis parmi les auteurs. Cependant, si l'on prend souci des dates, passé l'âg-e de vingt et un ans, il ne put connaître Régnier et Motin, morts en i6i3, ni, passé l'âge de dix-neuf, Sigogne, mort en 1611 : il n'était donc pas encore g-ouverneur d'Ornans.

Les séjours de Claude d'Esternod à Paris ne devaient être ni très fréquents ni de longue durée. Malg-ré la Paix de Yervins, il est douteux qu'un officier des armées d'Espagne ait pu résider en France sans froissements avant le double mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche, et de Dom Philippe avec Elisabeth. Mais il est vrai qu'à l'époque les accommodements de cette nature n'étaient pas rares entre gentilshommes; pourtant, il règne dans VEspadon, et surtout dans les œuvres qui le précèdent, un air, un style, une rudesse qui se ressenlent assez fortement, non de l'étranger, mais de la province, bien que la Franche-Comté fût de langue et de tradition française et qu'elle comptât, comme la Bourg-ogne,

(i3) Voir la Salyre XV, ou l'auteur parle en débauché, et tn poète crotté. Mais on ne peut savoir à quel point il est sincère. Peut-être doit-on voir là une attitude littéraire.

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