PREFACE XXIII
Floride, Cornibas, Alpache, Virginie, Labrador, Nourombej, Ganade, Quivira.
Les deux nations qui remplissaient l'Europe du choc de leurs armes ne doivent plus avoir qu'un ennemi commun; comme le rêve de Charles-Quint paraît enfin réalisé aux yeux du poète-soldat, cet ennemi sera le Turc. Ne faut-il pas employer contre quelqu'un la valeur des Aventuriers, donner aux poètes courtisans l'occasion de manifester leur reconnaissance et leur génie ?
Sus donc! advançons-nous ! j'cntens jà les trompettes Eschaulîer nos harnois encoiilre leurs sag"ettes; Dieu charme les efFects de leurs vains Gonfanons; Je les vois, dru menu, tomber comme des mouches; Ils ont moins de valeur que des troncs ou des souches : J'en vois dix mille morts au seul bruit de nos noms!
Mais où est-il, ce Turc? Au sérail il se cache : Madame, je le tiens au poil de sa moustache. Qu'il se man^-^e soy mesme, ainsi qu'Ëresicton ! Qu'il soit bruslé tout vif, tout ainsi qu'un Phalare ! Qu'il abisme aux enfers, comme un autre xVmphiarc ! Et qu'il meure de faim, ainsi qu'un Ariston !
Que le ciel le foudroyé, ainsi que Salmonée!
Ainsi comme Tymon, qu(' je voye orrenée
Sa teste de cailloux ! Que, comme Marsias,
On l'escorche tout vif! Qu'en la flamme on le g"rille.
Comme Phalare fisl au malheureux Perille !
Et qu'aux esmerillons il serve de repas 1
XXIV l'espadon satyrique
La bacchante fureur la raison me surmonte...
Je vous prie, excusez ma muse Rodhomonte :
Je suis trop bon Ghrestien, je suis trop bon Gontois,
Pour ne point détester ceste race maudite,
Qui se rit, qui se dupe, et mesprise, et despite,
D'une bouche de chien, nos Catholiques Rois.
Mais espérant par vous sa fatalle ruine. Je prie incessamment la Majesté divine Que, voyant advenir mes augures divers, Je n'aye point le nom d'un fabuleux Poëte, Ains d'un esprit divin qui présage en Prophète Ce que doit advenir du Turc, dedans ces vers.
Ce poème de CV strophes de six vers est fort audessous du mérite de Claude d'Esternod ; il l'aurait même rendu ridicule s'il se fût trouvé des satiriques du temps de la Ligue, ou des critiques narquois de l'entourag-e de Malherbe pour amuser le public de sa mytholog-ie d'écolier, de ses rodomontades espag^noles et de son lyrisme trébuchant. Mais peut-être se rencontrera-t-il un critique pour y voir autre chose qu'une curiosité, et grossir démesurément quelques trouvailles bizarres, qui annoncent de la verve et du brillant. A la vérité, les Désirs Aniouf^en.jc sont l'œuvre d'un écrivain comique qui s'ignorait encore luimême.
Le Franc-Bourguignon, pour ^entretien des Alliances de France et d'Espagne, seconde publication de Claude d'Esternod, parut en iGi5. C'est encore un ouvrage de propagande, écrit à la veille des noces princières :
LE FRANO
BO VRG VIGNON.
Pour l'cntrcricn des Alliances de France dz d'Efpagnc.
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Chez G I L L F. B E Pv T ÎC \^ F. A V