‹ L'Espagne chrétienneChapitre 15 sur 81 · En 38?>, la dccrétale de Sirice à Himcrius · texte numérisé non relu

En 38?>, la dccrétale de Sirice à Himcrius

Avant Finvasion arabe nous ne connaissons qu'un seul diplôme, mentionnant une donation faite par le roi Chindaswinthe au monastère de Complutum\ et c'est une falsification du xi^ ou du xii® siècle. Un manuscrit de l'Eglise d'Oviédo possède une collection de Formules antérieure d'un siècle environ au recueil des Formules de Marculfe, mais ayant trait presque exclusivement aux transactions privées.

L'Espagne possède une littérature synodale importante. La série s'ouvre avec les actes du synode d'Elvire, vers 300, le premier concile de l'époque chrétienne dont les actes nous soient parvenus sous leur forme juridique. Ce document présente une importance considérable pour l'histoire ecclésiastique et nous aurons à l'étudier longuement. Pendant la domination romaine nous trouvons encore le concile de 380, tenu à Saragosse, au sujet du priscillianisme et celui de Bordeaux en 385 dont les actes n'ont été reconnus faux que dans ces dernières années. En 400, le concile de Tolède entame gravement la position des priscillianistes dont nous suivons dans les actes des conciles de Braga en 563 et 572 les derniers mouvements. A partir de la conversion de Reccarède les relations excellentes qui existent entre l'Église et l'État créent une situation nouvelle. Nombre de lois civiles ont un caractère ecclésiastique et réciproquement les canons conciliaires ont une tendance marquée à s'immiscer dans les affaires publiques. Les conciles natioraux deviennent une source de première valeur pour l'étude des lois fondamentales de la monarchie visigothique, de la charge et de la dignité royale, de l'élection du

1. Yepes, Crdnica de la Orden de S. Benito, Irache, 1609. Append.^ p. 9-10.

souverain et des conditions requises pour s'y présenter, des relations entre le roi et les nobles, des privilèges, des classes sociales, du patrimoine de la couronne, de la répartition de l'impôt public et des autres institutions d'ordre économique. C'est encore dans les Actes des Conciles que sont mentionnés des faits d'une importance capitale, par exemple : l'abdication et la proscription de Suintila ^ , le détrônement du roi Wamba et l'accession d'Erwige ^ , ou celle d'Egica ^ et d'autres événements moins considérables.

L'organisation ecclésiastique dans le temps de la domination suève est exposée dans les deux conciles nationaux tenus à Braga en 563 et 572. Ces mêmes canons sont encore une des sources les plus importantes à consulter pour l'étude de la constitution politique des Suèves. Il faut y joindre les documents postérieurs à l'invasion arabe concernant l'énumération et les frontières des évêchés suèves, tels qu'on croit qu'ils furent organisés d'après un concile célébré à Lugo en 569 ^.

Pour l'histoire de l'état intérieur de la population de la Galice on trouve une mine de renseignements dans le traité de saint Martin de Braga, De correctione rusticorum , écrit entre 572 et 574 ^.

La Galice avait conservé beaucoup de vestiges du paganisme qui purent aider à l'expansion du priscillianisme. Celui-ci soutenait pour sa part cette

\. Conc. Toletanum, iv, can. 75.

Page 1