Eusèbe, Hist. eccL, 1. Vin
donius mis à mort à Calahorra (= Calagiirris]^ très vieille ville romaine située au bord de FEbre, au nord de la Tarraconaise. Ces martyrs ne nous sont connus que par la première hymne du Peri Stephanôii de Prudence; toutes les autres relations de la mort de ces deux saints, les quelques lignes consacrées à leur mémoire par Grégoire de Tours et les deux narrations des Acta sanctorum ne sont que le résumé ou la paraphrase des vers de Prudence ^. Celui-ci nous apprend que les actes périrent au moment où l'édit de Dioclétien amena la destruction méthodique des documents chrétiens, « Regrettable silence des documents antiques, écrit-il. On nous envie les détails, on éteint jusqu'à la renommée : un satellite blasphémateur a ravi les témoignages écrits, de peur que les siècles futurs, instruits par des livres durables, n'apprissent à la postérité l'ordre, le temps et le mode de la passion des martyrs^. )) Les deux relations légendaires ne comprenant rien à ces indications vagues ont imaginé que les Actes avaient été brûlés immédiatement après la mort des martyrs, par ordre du juge. La vérité est très différente et beaucoup plus intéressante parce qu'elle nous apprend que les archives des communautés espagnoles ne furent pas épargnées. L'allusion faite par Prudence à la destruction des Actes originaux permet de fixer une limite chronologique minimum au martyre d'Emétérius et de Chélidonius, antérieur à l'édit de 303 qui prescrivit la destruction des livres religieux des chrétiens. Cette circonstance enlève à peu près toute valeur aux indications historiques recueillies par
1. GuÉGoiuE DE Toims, De gloria martyrum^ I, 93; Acta sanct., mars, t. I, p. 231, 232.