Peri Slephanôn, I
Prudence qui a dû les emprunter soit à des actes composés de mémoire après la paix de FEglise, soit à des traditions orales. Quoi qu'il en soit, et sous cette réserve, notons que l'on raconte que les saints étaient en garnison à Léon d'où ils furent transférés à Calahorra pour y subir le supplice; c'est dans cette ville qu'ils furent enterrés et que dans la suite, le lieu de leur exécution fut consacré par l'érection d'un baptistère. Emétérius et Chélidonius paraissent avoir été vétérans puisque, au dire de Prudence, « leur vie inscrite sur les rôles de la milice, avait payé à César toute sa dette ' ». Un détail pourrait faire penser qu'ils appartenaient aux cohortes auxiliaires : c'est l'épithète aiireos ajoutée à torques. Les colliers d'or étaient réservés aux auxiliaires, dit Pline, et les colliers d'argent aux seuls citoyens^; mais cette distinction n'était plus rigougeusement observée à l'époque impériale^. Ajoutons que les deux martyrs avaient jadis porté les étendards de la cohorte, dragons d'étoffe portés au bout d'une pique, dans lesquels s'engouffrait le vent quand les troupes étaient en marche : Ventosis draconum, quos gerebant, palliis'*. Avec ces lambeaux d'histoire, Prudence a recueilli un trait purement légendaire qui nous montre les fidèles espagnols du IV® siècle non moins crédules que les contemporains de saint Fructueux. « Une tradition certaine et respectée par le temps, dit-il, montre les objets qui appartenaient aux martyrs s'envolant tout à coup dans les airs, comme pour indiquer d'avance la route