Espana sagrada, t. xn, p
5. G. MoRiN, Les nouveaux tractatus Origenis et l'héritage litlcraire de l'évêque espagnol Grégoire d' lUiberis, ds^ns la Revue d'hisL et de littér., 1900, t. V, p. 152, 156. Cf. Fn. Flouio, De sancto Gregorio Illiberitano libelli De fide aiœtore, necnon de sanctis Hilario et Iliaronymo Origenis interpretibus, Bonomao, 1789.
Nazianze ainsi que nous le voyons dans la lettre cent quarante-huitième de saint Augustin. Le sujet du traité est d'un intérêt bien amoindri de nos jours, mais c'est par un aspect différent que le De fide offre quelque importance pour l'histoire de l'Eglise d'Espagne. Florio, qui a consacré au traité de Grégoire d'Elvire une étude approfondie, signale comme un des traits caractéristiques de Tauteur sa préoccupation presque constante d'imiter saint Hilaire de Poitiers, non seulement dans son style, mais jusque dans ses expressions. Cette préoccupation se retrouvera chez Priscillien et ce dernier paraît avoir eu entre les mains plusieurs livres de l'Ecriture d'un texte identique à celui dont Grégoire faisait usage. Mais ces minutieux détails n'appartiendront à l'histoire qu'après avoir été contrôlés par l'érudition qui, jusqu'à ce jour, n'a fait que les effleurer.
La période d'histoire dans laquelle nous nous trouvons engagé est d'une insignifiance presque complète. Aupriès de Grégoire d'Elvire prennent place quelques personnages secondaires tels que ce Faustin et ce Marcellin dont nous avons déjà rappelé les noms et l'un des ouvrages. C'étaient deux prêtres qui présentèrent aux empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius une supplique intitulée Lihellus precam ad imperatores en faveur de leurs coreligionnaires, les lucifériens persécutés. Cet écrit est précédé d'une relation paraissant provenir d'une autre main et racontant les souffrances de l'anti-pape Ursin, le rival de saint Damase. Faustin, plus disert que son collaborateur, est en outre l'auteur d'une Fides Theodosio imperatori oblata dans laquelle il se justifie de l'accusation de sabellianisme. On lui a attribué, sans raison décisive, le traité De Trinilate dont nous ve-
lions de parler; enfin, on a voulu voir en lui, sans succès, croyons-nous, l'énigmatique Ambrosiaster. Au nord de la péninsule nous n'avons relevé aucune trace du parti luciférien, tandis que nous rencontrons d'autres hérétiques, les novatiens. C'est du moins ce qu'on peut conclure de la polémique soutenue contre eux par saint Pacien, évêque de Barcelone (vers 360-390). Saint Jérôme fait un grand éloge du personnage en ces termes pompeux et vagues qui sont de style dans le langage ecclésiastique. C'était, dit-il, un homme « d'une parole très cultivée et aussi illustre par sa vie que par ses discours » \ Trois lettres au novatien Sympronianus nous ont été conservées ^ ; les deux premières revendiquent pour l'Église le droit de se dire « catholique ». L'une d'elles renferme l'aphorisme célèbre : Christiaiius mihi nomen est, catholicus vero cognomen. La dernière et la plus étendue développe principalement la doctrine catholique de la pénitence. Toute cette discussion est assez froide et ressemble fort à un dialogue, car on n'aperçoit nulle part que les adversaires fassent état de convaincre d'autres qu'eux-mêmes. On pourrait en conclure que Sympronianus était un novatien isolé et que la secte à laquelle il appartenait n'avait guère de partisans. Quelques autres écrits de saint Pacien nous sont conservés. Ce sont : un sermon aux catéchumènes que son médiocre mérite littéraire peut faire passer pour une improvisation et une courte « Exhortation à la pénitence « ; mais un opuscule intitulé : « Le petit cerf » , Cervulus, dans lequel Pacien s'élevait contre certaines licences du nouvel an, ne nous est pas parvenu. Tout ce que nous en savons
\. De viris illustribus, c. 10G.