S. JÉRÔME, De viris illustr. c
Balchonius, un Audentius. On a imaginé de faire du pape Damase un espagnol bien qu'il fût né à Rome et que son père y demeurât depuis longtemps puisque, encore enfant, il avait été lecteur dans une des églises de la ville, l'église Saint-Laurent. Ce ne doit pas être assurément au titre de son mérite littéraire qu'on aura essayé de l'accaparer. Nous parlerons bientôt de Priscillien et du groupe d'hommes instruits qui l'entourent. Parmi eux se trouvaient un nommé Tiberianus, auteur d'une apologie d'un style boursouflé et sans naturel ^ ; Latronianus, décapité à Trêves avec son maître, « grand savant et poète comparable aux anciens ^ » ; Ithace, évêque des Espagnes(?=d'Ossobona), etOlympius, dont le siège n'est pas connu, auteur d'un livre « contre ceux qui accusent la nature, non le libre arbitre, montrant que le mal dans le moade est dû à la désobéissance ». C'est pendant cette ingrate période, du sein de ce croupissement général de la pensée et de la forme, que deux hommes, à leur corps défendant, vont se mettre l'un à écrire, l'autre à penser. Prudence et Priscillien vont rendre, pour quelques années, à leurs compatriotes, qui la laisseront s'obscurcir et s'effacer après eux, l'auréole de la gloire littéraire et intellectuelle. Prudence avait été précédé de Juvencus; comme si après une trop longue interruption la nature devait s'y reprendre à deux coups pour faire un poète. Juvencus est le premier en date des poètes latins chrétiens, car, avant lui, Commodien ressemble plus à un sauvage qu'à un poète. Javeacus était prêtre, sortait d'une bonne famille, vivait sous Constantin et composa, vers l'an 330, un poème en quatre